‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 93 sur 147 · BEL VER, 17 OCTOBRE · texte numérisé non relu

BEL VER, 17 OCTOBRE

LE GÉNÉRAL DA60BERT AU COMITÉ DE SALliT PUBLIC

Aa quartier général de Beiver, le 17 octobre 1793 , Tau 11 de la République françaiae.

LE GiNiMAL DAGOBKnT AVI CITOYENS BEPRBSENTANTS DD PEUPLE COMPOSANT LE COÊHTE DE SALUT PUBLIC DE LÀ CONVENTION NATIONALE,

Les Espagnols semblaient menacer cette frontière de la Cerdagne; ib avaient appostë huit cents hommes au village de Monteilla et cinq cents à celui de Martinet , dont les patrouilles et les postes avances se fusillaient chaque jour avec les nôtres. U m'était également rapporté qn^il était arrivé deux régiments de plus à Urgel , outre ceux qui composaient Tannée que j'avais chassée de la Perche. Je ne me suis pas néanmoins départi pour cela du projet que j'avais formé d'aller attaquer cette place; je me suis en conséquence porté sur Monteilla et Martinet, qae j'ai attaqués ce matin.

Le premier de ces villages est situé sur une hauteur et presque entièrement environné d'un ravin profond, qui le rend inaccessible; j'ai fait avancer pendant la nuit des têtes de colonnes pour le tourner et s'emparer des hauteurs; elles étaient gardées par l'ennemi, mais, après une fusillade très vive, nous l'en avons délogé. Nous l'avons pareillement délogé des deux villages. Nous nous sommes emparés de quelques caisses remplies de cartouches et fait dix-neuf prisonniers. Le soldat, à qui le représentant du peuple Cassanyès avait fait mettre le feu à Riber, a cru pouvoir faire encore de même, et, quelque soin que je me sois donné, je n'ai pu empêcher le pillage et l'incendie. Toute l'armée et le représentant Cassanyès lui-même, qui était présent, rendraient témoignage, s'il en était besoin, des démarches que j'ai faites pour prévenir ces malheurs. Néanmoins j'entends dire que la malveillance, qui me poursuit depuis quelque temps, se permet d'en rejeter la faute sur moi, conune si un général pouvait être partout et empêcher les d^rdres dont un repi-ésentant du peuple avait précédemment donné lui-même le signal. Cette circonstance , plus encore que les propos et l'improbation du représentant du peuple, m'a fait ramener l'armée en cantonnement, dans les environs de cette place, et renoncer pour le moment à l'attaque d'Urgel^*^ Nous n'avons eu que deux hommes de tués et peu de blessés.

Salut et fraternité.

Dagobbrt.

(Orig., Areh. de la guerre, année des Pyrénées orientales.)

(*^ Le général Dagobert 8*enteodait assez neparticipait pas. (Cf. dans /a Révolution

mal avec le représentant Cassanyès, qui, françaw, t. XIV, p. 806, un article 'de

de son eôté, accusait celui-ci de ne pas s'in- M. P. Vidal, biblioûiécaire de Perpignan ,

téreaeer au succès des combats auxquels il sur la bataille de Trouillas.)

336 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [17 oct. 179.3.]

LE GJlf^RAL STBTTBRBOFFER AU COMITE OB SALUT PUBLIC.

Analyse. — Il demande qu'on fasse un rapport sur ses services, afin de néUre pas compris dans l'application de la loi sur les étrangers.

(Analyse, Areb. de la guerre, corr. gén.)

103. AVB8NES, 18 OCTOBRE 1793. ARR^Tlf DB CABTVOT ET DE DIQUBSROT.

Analyse. — Ils mettent à la disposition du district d'Avesnes une sonune de a 00,000 livres pour secourir provisoirement les citoyens qui ont souffert du séjour de l'ennemi auprès de Maubeuge.

(Areh. dép. da Mord, L, cahier d'eoregUtrement des arrêtée des repréemUoto, li«ise 7.

PBOGLAM ATION DE GABNOT ET DE DUQUESNOT ï L'ARMEE DU NORD.

Au nom de la République française , une et indivisible. Les représentants du peuple à Tarmée du Nord. Braves soldats ,

Vous venez de rehausser la gloire des armes françaises; vous avez comblé le vœu des représentants du peuple et de la nation entière qui avait les regards fixés sur vous. Les despotes sont terrassés, la tyrannie est vaincue , la patrie est sauvée et vous avez bien mérité d'elle.

Dans les journées mémorables que vous venez d'illustrer, vos chefs ont fait, comme vous, leur devoir; ils Tout fait, comme vous, avec gaieté et en hommes libres. Quelques-uns se sont montrés indignes de vous commander : ils ont été destitués sur le champ de bataille et il vous en sera fait justice.

Les représentants du peuple s'honorent d'avoir partagé vos travaux et vos dangers; vous les verrez toujours à votre tête dans le chemin de l'honneur.

[i8 ocT. 1793.] CORRESPOiNDANGE MILITAIRE DU COMITÉ. 337

La Convention nationale va être instruite de ce que vous avez fait pour le salut de la République; comptez sur sa reconnaissance.

Au quartier général, le 7* jour de la 3* décade du i* mois de l'an 11 de la République une et indivisible.

Carnot, Doqdesnoy.

(Ârch. de lu guerre, reg. d'ordres de rarmée du Nord, xni 6m, p. io3.)

ORDRE DU JOUR DU GÉNÉRAL iOURDAN A L'ARMEE DU NORD.

Soldais de ia République, la victoii'e que vous venez de remporter sur les esclaves des tyrans coalisés vous couvre de gloire. Les représentants de la nation, votre général en chef, sous les yeux desquels vous avez affronté tant de fois la mort et qui ont partagé les dangers que vous avez courus , instruisent ia Convention et la nation entière de votre généreux dévouement. La patrie reconnaissante a ses yeux fixés sur vous; elle n'attendait pas moins de votre zèle, de votre courage et de votre attachement pour elle. Achevez votre ouvrage; que la terre de la liberté soit entièrement purgée de ces monstres qui Tinfectent, et que Tarbre d^ la liberté étende ses rameaux sur tout Tunivers 1 C'est à vous, braves frères d'armes, à adiever ce grand ouvrage. Votre valeur, votre intrépidité , votre amour pour ia patrie assurent que vous le terminerez bientôt.

( Areh. de la guerre, reg. d'ordres de rarmée du Nord, xiii 6m, p. 10s v*.)

AVESNKS, 18 OCTOBRE I793.

LE REPRÉSENTANT DUQUESNOY À SES COLLÈGUES DU BUREAU GBi'VTRAL À ARRAS.

Âvesoes, le 18 octobre 1793, Tan n de la République française, une el indivisible.

Citoyens collègues ,

Je vous envoie quatre jean- foutrez à raccourcir. Le premier est le général de brigade Gratien; il a formellement désobéi à l'ordre de son génénd de division qui lui avait ordonné d attaquer et de cliarger l'ennemi dans le village de Wattignies. S*il eût exécuté cet ordre , la bataille aurait été gagnée trois heures plus tât et noos aurions eu le temps de profiter complètement de notre victoire; et des douze k quinze mille hommes qui étaient sur les hauteurs de Wattignies , ils auraient été tous enveloppés et il ne s'en serait pas sauvé un. Mais ce traître, ce

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