III. do
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double; ainsi, pour éprouver 1,000 canons par jour, il en faudra charger et décharger a,ooo; et en supposant que le banc d'épreuves puisse porter âoo canons, ce sera dix décharges par jour qu'il faudra exécuter. Le bruit et la commotion qu'occasionneront ces décharges exigent que le banc soit placé loin des habitations. Les fossés de l'Ar* senal présentent, par leur enfoncement et leur éloignement de toute habitation, un emplacement très favorable; personne ne sera exposé à des dangers, personne ne sera même incommodé d'une manière fâcheuse, et tous les citoyens de Paris seront journellement avertis, par le bruit des décharges, de l'activité des travaux de la fabrication, [«es ordres pour l'exécution de ce banc d'épreuves sont donnés, les travaux sont conmiencési et en attendant qu'il soit en état, on fait usage d'un autre banc plus petit, et qui est déjà tout construit dans la maison Bretonvilliers.
Ateliers d'ajusteurs et retapeurs de platines.
La fabrication des platines peut être regardée comme composée de deux parties distinctes : la première consiste à forger les pièces sépa* rées; la seconde à les limer, ajuster et monter, de manière que la platine soit prête à être mise en place.
La première de ces opérations sera faite dans la boutique même des particuliers, qui se chargeront de forger chacun une certaine pièce, d'après les modèles qui leur seront fournis. Les ouvriers de Paris, accoutumés à forger des pièces difficiles, n'auront pas besoin d'un long apprentissage pour forger très bien les pièces de platine dont ils se seront chargés; en forgeant toujours la même pièce ils contracteront une habitude et ils inventeront des procédés qui rendront leur travail moins pénible et leurs salaires plus considérables; en opérant chez eux, ils profiteront des secours deieurs fenmies, de leurs enfants, au travail desquels ils donneront de la valeur; ils ne perdront pas un temps précieux à aller à leur atelier et à en revenir; ils ne seront pas privés des douceurs de leur ménage; c'est par ces considérations que le Comité de salut public n'a point ordonné l'établissement d'ateliers pour cet objet.
Quant à la seconde partie qui consiste à limer, ajuster, tremper les pièces et à monter les platines, elle doit être exécutée par un nombre
immense d'excellents ouvriers de Paris accoutumés à manier la lime pour des objets qui exigent une grande précision, tels que les horlogers en montres, en pendules, en horloges d'églises, les ouvriers en instruments de mathématiques, etc., mais qui, n'ayant encore jamais exécuté de platines, auront besoin de quelques jours d'apprentissage, et surtout de voir travailler les ouvriers exercés à ce genre d'ouvragé, d'étudier leurs procédés et d'apprendre les formes que les pièces doivent avoir. Ce but ne pouvait donc être bien rempli que dans de grands ateliers, où les procédés se communiquent avec une grande rapidité, et oii l'émulation excite à faire mieux et beaucoup plus vite qu'on ne ferait en particulier. Ces ateliers sont distribués dans les différents quartiers de Paris.
Une grande partie des platineurs de la manufacture de Maubeuge est déjà placée dans le couvent des ci-devant Chartreux; les boutiques garnissent tous les cloîtres; les cellules sont habitées par les ouvriers, et ce local, jadis consacré au silence, à l'inaction, à l'ennui et aux regrets, en retentissant du bruit des outils, offrira le spectacle de l'arsenal le plus actif et présentera le tableau touchant d'une population heureuse.
II y aura dans ce loèal a&o ouvriers.
Dans la maison de rémigré Bachy 3oo
Dans celle de Montmorency^ rue Feydeau i ao
Dans le marché aox poissons aoo
Total.... 860
Chacun de ces ouvriers, lorsqu'il sera exercé, montera une platine par jour.
Des ouvriers sont déjà répartis dans tous les ateliers, indépendamment desquels il y a déjà des marchés passés avec les ouvriers de Paris, pour quatre ou cinq mille platines par mois.
Fabrication des pièces de garnitures.
La confection des pièces de garnitures n'a pas la même importance que celle des platines; ces pièces n'exigent pas la même précision, et elles sont fabriquées, comme les culasses, dans les ateliers particuliers de Paris, qui passebt avec l'administration des marchés pour les
pièces qu'ils veulent entreprendre ; les ouvriers s'empressent de faire des soumissions, et l'administration a déjà passé 1 83 marchés pour cet objet» Cependant, comme parmi les ouvriers de Maubeuge il s'est trouvé un as:ez grand nombre deforgeurs et limeurs de pièces de garnitures, on s'est trouvé obligé de leur destiner un atelier; c'est l'église des cidevant Carmes de la place Maubert. Cet atelier offrira des forges et un local aux ouvriers qui n'ont point de boutiques à Paris, et qui voudront entreprendre ce genre de travail.
Des baguettes et baïonnettes.
Les baguettes et baïonnettes se donnent k l'entreprise; elles se fabriquent en grande partie hors de Paris et dans les lieux qui offrent en matières premières et en usines les ressources avantageuses. L'administration a déjà passé des marchés pour 38,&70 baïonnettes et ^8,to8 baguettes par mois*
Ateliers ^équipeurs-numieurs.
Toutes les pièces qui doivent composer un fusil étant fabriquées et éprouvées, on les livre avec un bois brut à dos ouvriers particuliers qui se chargent de les monter et de mettre le fusil en état de servir. Tous les ouvriers de Paris accoutumés à travailler le bois avec précision, tels que les ébénistes, les sculpteurs, les menuisiers, etc., seront bientôt en état d'entreprendre ce genre de travail; d'abord ils feront lentement et bien; mais, réunis dans de grands ateliers où ils profiteront de l'expérience des ouvriers exercés, dont ils copieront les procédés, ils atteindront bientôt la rapidité nécessaire*
lia de ces ateliers sera placé dans le clottre et dans quelques salles des Jacobins de )a rue du Bac et
pourra contenir aoo ouvriers.
Les écuries de ci-devant Monsieur, aoo
La maison de Tëmigré d'Ain 80
Celle de Tessé 1 00
Le» Ursulines, rue Saiote-Avoie. 100
La maison d'Egmont aoo
Total 880
Ces 880 ouvriers pourront monter chacun un fusil par jour^^^ Indépendamment des ateliers d'ajustage et montage, les ouvriers de Paris passent tous les jours des marchés avec l'administration pour monter des fusils chez eux, en sorte que l'espèce d'ouvriers la plus rare dans les autres manufactures sera vraisemblablement la plus abondante à Paris, où l'on montera non seulement les fusils dont toutes les pièces auront été fabriquées dans cette ville, mais encore ceux qui n'auront pas pu l'être dans les autres manufactures.
L'administration a passé en outre des marchés avec des ouvriers de Paris pour monter chez eux 3,qoo fusils par mois : elle attend, pour en passer davantage, qu'il y ait dans les magasins des approvisionnements plus considérables.
Ateliers de rhabillage.
Dans les magasins de l'administration il y a un assez grand nombre de fusils qui ont besoin de diverses réparations. Le Xomité de salut public, persuadé que les ouvriqrs. seraient employés d'une manière plus utile et produiraient plus tAt des fusils capables d'un bon service si on les occupait à ces réparations, y a destiné deux ateliers particuliers, l'un dans l'tle de la Fraternité, l'autre aux Capucins Saint- Honoré. Le premier contient a 00 ouvriers, le second i5o. L'ouvrage y est payé à la journée. Ces ateliers peuvent être regardés comme des lieux d'apprentissage pour la fabrication des différentes parties du fusil.
Magasins.
Pour fournir à la grande consommation de fers, d'aciers, de charbon et d'outib, k laquelle la fabrication d'armes doit donner lieu, on ne pouvait pas s'en reposer sur les voies ordinaires du commerce ; il fallait empêcher que l'imprévoyance, la cupidité et même la malveillance ne donnassent une direction contraire à la circulation de ces objets et n'exposassent la fabrication à des interruptions désastreuses
<*) Trois des ateliers d-desstis sont déjà maison d*Egnu>nt, et trois cent soixanleen activité: celai des Jacobins, celai des qaÎDiefasils sont déjà sortis de ces ateliers, écuries du ci-devant Monsieur et celui de la ( N^iê du rapport. )
par le manque de matières premières. Pour prévenir ces inconvénients, on a établi dans Paris des magasins où lies ouvriers trouveront à prix fixe les objets qui leur seront nécessaires ; et pour prévenir les abus auxquels cette gestion pourrait donner lieu, ces objets ne seront délivrés que sur les bons que donnera f administration, d'après les engagements que les ouvriers auront contractés avec elle.
Le magasin des fers et aciers est placé dans la maison de Témigré Maupeou;
Celui des outils, dans la maison d'Esclignac;
Celui du charbon de terre, dans les cours de ^abbaye Saint-Germain. ~ Ces magasins reçoivent tous les jours les objets auxquels ils sont destinés, et qui proviennent soit des marchés passés avec Tadminis^ tration, soit des réquisitions que le Comité de salut public a faites.
EmplacemetU des administration».
La fabrication, des canons de fusil sera conduite par une administration particulière, qui dans son local doit avoir : . Un magasin pour les lames de canons. . Un magasin pour les canons forgés.
Un magasin pour les canons forés et blanchis.
Un magasin pour les canons équipés.
Un magasin pour les canons éprouvés.
Une salle d'armes pour les fusils montés et prêts à servir.
Enfin un emplacement pour les bureaux,
La maison des Feuillants a présenté des ressources pour tous ces objets; l'administration y est déjà établie; les magasins sont disposés, et ils se garnissent tous les jours des objets auxquels ils sont affectés; et la salle qu'occupait jadis l'Assemblée nationale est destinée à être l'entrepôt général des fusils achevés, en attendant qu'ils soient envoyés aux armées.
La fabrication des platines, pièces de garnitures, baguettes et baïonnettes, sera dirigée par une autre administration particulière, qui a besoin dans son local d'un beaucoup plus grand nombre d'appartements séparés; mais, si l'on excepte les bois de fusils qui exigent un grand emplacement, tous les autres objets sont d'un petit volume et peuvent être rassemblés dans ^e petits espaces.
PIÈGES JtfSTIFICATIVES. 471
La maison de l'iancien ëvéque de Metz, rue de Tôurnon, a offert des ressources suffisantes; l'administration y est établie, et les objets s y emmagasinent tous les jours.
Enfin les deux administrations précédentes, occupées des détails de la fabrication, des recettes et dépenses en matières et en argent^ ne pourraient être chargées du soin des approvisionnements de tous les genres, de recevoir les soumissions et passer les marchés avec les fournisseurs et les ouvriers. Une administration centrale, distincte des deux autres, est chargée de ces soins généraux; elle n'a aucun magasin, il ne lui faut qu'un local pour ses bureaux; elle est placée quai Voltaire, n* 4 ; elle est en grande activité, et c'est à elle que s'adressent journellement tous ceux qui ont quelques engagements à contracter avec la République pour la fabrication des armes de Paris.