‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 25 sur 181 · LE COMITE DE SALUT PUBLIC AUX REPRESENTANTS PRÈS L'ARMEE DU NORD ^^K · texte numérisé non relu

LE COMITE DE SALUT PUBLIC AUX REPRESENTANTS PRÈS L'ARMEE DU NORD ^^K

Paris, le 3o août 1793, Tan 11 de la République française.

LB8 BBPRÉSBNTiyTS DU PEUPLE MEMBBES DV COMITÉ DE SàLVT PUBLIC AUX BEPBÉ8EBTÂBTS DU PEUPLE ENVOYÉS PBÉS UÈBMÉE DU NOBD.

Nous avons reçu, citoyens nos collègues, vos deux lettres écrites d'Arras en date du 90 août. Par la première, vous nous donnez des avis utiles sur Gustine, neveu du général; par la seconde, vous nous envoyez votre arrêté du 1 9 courant relatif aux mesures que vous avez cru devoir prendre pour ne pas laisser les armées manquer de subsistances. Il serait difficile de ne pas approuver vos soins à surveiller les honmies qui peuvent devenir suspects et à pourvoir aux besoins des citoyens qui se dévouent au salut de la patrie.

Les membres du Comité de salut public, Laz. Carnot, C.-A. Prieur.

(Orig., Arch. dép. du Nord, L, liasse i&ii. — PoU. par MM. Foocartet Finot, II, 37.)

Légion d'honneur le 9 3 août 1 8 1 â, vicomte de Maureillan le 1 7 août 1893, grand-officier de la Légion d'honneur le 93 mai 1895, mort k Metz le 19 mai 1899.

^') Le nom de Carnot ne 6gure pas parmi les présents au Comitë. (Cf. Aulard, VI, i8â.) Cependant on trouve à cette date

deux arrêtés écrits par lui : 1* payement de 160 livres au citoyen Berkem; 9* autorisation donnée & la Trésorerie d'échanger les assignats démonétisés qui se trouveraient dans les caisses des corps militaires.

(') Hentz et Duquesuoy. — Cette lettre ne figure pas dans le recueil de M. Aulard.

66 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3o août 1798.]

LE comri db salut public au ministre de la guerre boughotte.

Paris, ie 3o août 1798, Tan u de la République firançaise.

Nous vous renvoyons ci -jointe, citoyen ministre, une lettre des membres du comité de sûreté générale de la commune de Maubeuge, qui nous dénoncent comme gens suspects le général de division Gudin ^^) et plusieurs officiers du 38* régiment d'infanterie campés près de cette ville ^^l

Les membres du Comité de saltU public chargés de la correspondance ,

Laz. Carnot, C.-A. Prieur, Thuriot.

(Oiig., coU. de M. Etienne Gharavay.)

SARRBBRUGK, 3o A06t 1793.

LE G^N^RAL BALTHAZAR SGHAUENBURG AU GOMITlf DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — Il va ordonner Tarrestation du chef du loa* r^iment, dont la

<*> Etienne Gudin, né à Ouroux (Nièvre) le i5 octobre 173&, fils d'un conseiller du roi enMection de Ghâteau-Ghinon , soldat au régiment d'Artois le i*' octobre 1769, sergent le 1*' avril 1756, lieutenant le 6 mars 1767, sous-aide-major le i*' février 1763, aide-major le 7 juin 1766, ayant rang de capitaine le 30 avril 1768, capitaine conmiandanl le dépôt des recrues en 1776, capitaine de la compagnie colonelle le 99 mai 1778, chevalier de Saint-Louis le 1" mai 1780, capitaine de chasseurs le le 90 aoât 1780, capitaine de grenadiers dans le régiment d'Artob le 1 A juin 1786, major du régiment des grenadiers royaux de la Normandie le 3 février 1788, réformé la même année, commandant la garde nationale de Montargb en août 1 789, lieutenant-colonel commandant le i*' ba-

taillon des volontaires du Loiret le 9 octobre 1791 f général de brigade le 97 mai 1793 et de division le 99 juillet suivant, arrêté en septembre 1793 et détenu <juatorze mois, autorisé à prendre sa retraite le 8 vendémiaire an iv (3o septembre 1796), mort à Saint-Maurice-sur-Aveyron (Loiret) le 93 septembre 1890. Le général Gudin avait fait les campagnes de Portugal en 1769 et 1763 et celle d'Amérique en 1 783. (Cf. Arch. adm. de hi guerre et Arch. nat., AF 11 309.)

(') En tète on lit ces mots de la main de Bouchotte :

(T Répondu au Comité que j'écris à Houchard pour relever Gudin et que j'ai déjà mandé ici les officiers du 38* qui sont un objet de discorde.

(T Écrire à Houchard que Gudin demande

[3o AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 67

conduite a amené l'échec du qo août au Ketterich^*\ Le 37 août , l'avant-garde du corps des Vosges a canonné à deux heures du matin le camp ennemi sur les hauteurs de Deux-Ponts , et l'affaire s'est terminée à notre avantage.

(Orig., Areh. de la guerre, armée de la Moeefle.)

ARRAS, 3o A06t 1793.

LE GifiiKkL BRDNE ^^^ AU GOMITlî DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — D jatnnonce son arrivée k Arras. Cette place est sans défense, et le commandant Tricotel ^'^ est peu propre à remplir ses fonctions. Le général Duval ^^^ paraît désireux d'obtenir un emploi à l'intérieur, à cause de ses anciens rapports avec Dumouriez. Les employés aux vivres sont suspects d'espionnage au profit des Autrichiens.

(Analyse, Areh. de la goerre, reg. do Comité de salut publie, C, p. kho.)

DUNKERQUE, 3o A06t 1793.

L'ADJUDANT G^Ni^RAL HOCHE AU GOIIITi DE SALUT PUBLIC.

Dnnkerque, 3o août 1793, Tan i de la République une et indivisible.

lUNUDÂNT GiailULL BOCBK AUX MEMBRES CsOMPOSABT LE COMITÉ DE SALOT PUBUC.

Le Comité a dû recevoir dernièrement la lettre que lui envoya le général Souham, commandant à Dunkenjue. Depuis cette lettre, la garnison est augmentée d'environ a,6oo hommes, ce qui la porte à 8,000.

à n'être plus chargé du commandement do la division de Maubeuge; que Ihler ne peut pas davantage en être chargé, parce qu'il ne réunit pas une assez grande confiance, qu'il envoie quelqu'un pour relever Gudin qui soit bien prononcé en courage et en patriotisme. Faites partir cette lettre avec le courrier d'Houcbard.n

En effet, Bouchotte invita, le 3 septembre, Houchard à remplacer Gudin par un général courageux et actif, mais non par Ihler, qui ne réunit pas une assex grande confiance. (Areh. de la guerre, armée du Nord.)

(*) Cf. A. Chuquet, Wiêumbourg , p. 1 00.

(*> GuiUaume-Marie-Anne Brune, né à Brîve (Corrèze) le i3 mars 1768, imprimeur et publiciste, adjudant-nuijor du 3* bataillon de Seine-et-Oise en décembre 1791 , adjoint aux adjudants généraux le 5 septembre 179a, adjudant général colonel surnuméraire le 16 octobre 1799, général de brigade le 18 août 1798 et de division le 17 août 1797, confirmé dans ce dernier grade le 7 novembre 1 797, maréchal de TEmpire le 19 mai 180^, assassiné par les royalistes à Avignon le 3 août i8i5.

W Cf. t. II, p. A A.

W Cf. 1. 1, p. ia3.

68 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3i ao^t 1798.]

Si l'on examine que la garnison a deux forts à garder qui sont très éloignes de la place, qu'en outre elle doit garder un poste extérieur âoigué d'une lieue, qu'elle doit pourvoir à la sûreté du port et qu'enfin le développement des fortifications est plus considérable que ne l'est celui de Lille , que cette place n'a que de fort mauvais ouvrages et qu'en plusieurs endroits le fossé n'est même pas revêtu, l'on se convaincra que, sans un nombreux secours, elle ne pourra résister longtemps aux efforts des nombreux ennemis qu'elle a devant elle. Cette place est de la plus grande importance, son artillerie est considérable, sa perte pourrait entraîner cdle de Bergues, qui serait suivie de celle de Gravelines, place forte, mais qui n'est point armée ^^K

Le Comité peut attendre de la part de la garnison la plus vigoureuse résistance. La place sera brûlée avant d'être rendue , mais nous avons à craindre d'être forcés par un assaut qui s'effectuerait à marée basse. Citoyens, qui voulez sauver la République, veillez sur ce point. Je n'aurai point à me reprocher de n'avoir point fait mon devoir, mais je ne puis offiir à mon pays que mon travail et ma vie qui, dans tous les cas, sera vendue bien chèrement

L'adjudant général,

(Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)

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