‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 49 sur 181 · LE COMITE DE SALUT PUBLIC A LA COMMUNE DE PARIS · texte numérisé non relu

LE COMITE DE SALUT PUBLIC A LA COMMUNE DE PARIS

Paris, le ii septembre 1793, l'an n de la République une et indivisible.

LE COMITÉ DB SàUJT PUBLIC DB LA CONVENTION NATIONALE À LA COMMUNE DE PAEIS.

Il est juste que les fers, aciers, charbons de terre, que Ton vient d'arrêter chez les marchands de Paris et qui peuvent être utiles à la fabrication d'armes, soient payés leur valeur, sans léser la République. Le Comité vient, en conséquence, d'arrêter qu'il sera nonmié deux arbitres pour fixer les prix de ces objets et que ces arbitres seront payés à raison de i o livres par jour pendant toute la durée de l'arbitrage.

L administration centrale devant nommer aussi des arbitres, nous vous invitons à faire promptement cette nomination; après quoi, vous

Rochelle le 17 août 17981 commandant la de Tarmée de TOuest, mort à Nantes le

la* division militaire le ao septembre 91 brumaire an 11 (11 novembre 1793).

1793, générai en chef provisoire de Par- (L^acte de décès a été publié par M. Chas-

mée des Côtes de TOuest le 39 septembre sin dans la Vendée patriote, 111, 9^90 1793, confirmé par la Convention le (*) Cf. la lettre du général Rossignol, en

i*' octobre sous le titre de général en chef date du 9 septembre, à la page 1 16.

[il 8BPT, 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 127

voudrez bien la communiquer au ministre de la guerre et à l'administration centrale de la fabrication extraordinaire, quai Voltaire, n"" U.

Les membres du Comité de salut public, Garnot, G.-A. Prieur, Prieur, député de la Marne.

(Orig., Areh. nat, DXLH, cartoa i.)

48. PARIS, 11 SEPTEMRRB lygS^'^ LE COMITE DE SALUT PURLIG AU MINISTRE DE LA GUERRE ROUCHOTTE.

Le Comité de salut public invite le ministre de la guerre à lui faire savoir si le général^ Chancel^'^^ est parti pour sa nouvelle destination et à quelle heure, ou si il y a eu quelques obstacles ^^K

Le 11 août^*^ 11 h. 1/2.

Garnot, G.-A. Prieur, Thuriot.

(Orig. aat de Prieur, coll. de M. Etienne Gharavay.)

(0 Gainot aasble à la séance da Comité (cf. Aulard, VI, Âi5) Il rédige et écrit deux arrêtés : i** Sommes allouées à des villes des départements de TAisne et du Nord; a** Mise en liberté du citoyen Potter, chargé d'une mission pour la fabrication

W Cf. t. U, p. 106.

^) On lit sur cette pièce une réponse autographe de Bouchotte dont les termes sont reproduits dans la réponse au Comité publiée à la page t a8. — Le général Chancel , revenu à Paris après la reddition de Condé , avait écrit au ministre , le a septembre 1 793, pour lui recommander ceux qui s*étaient distingués pendant le siège de cette ville. — «Je verrai avec plaisir, ajoutait-il, citoyen ministre, qu'il soit rendu compte à la Convention nationide de ma conduite et de celle de la garnison de Condé pendant le blocus. Bfalgré le malheur que nous avons prouvé, j*affirme que cette brave

garnison a bien mérité de la patrie, d ( Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord.) Bouchotte fit nommer Chancel général de division et renvoya à Maubeuge pour seconder le général Gudin, accablé d'infirmités. Il le prévint par une lettre, le it septenibre. (Arch. de la guerre, armée du Nord.) Chancel partit en efiet avec les représentants Drouet, Isoré et Bar qui, en vertu d'un décret de la Convention du 9 septembre 1793, allaient remplacer à l'armée du Nord leurs collées Delbrel, CoUombel et Le Tourneur (cf. Aulard, VI, 379), et il arriva avec eux à Maubeuge le matin du 1 3 septembre. (Cf. lettre du général Gudin k Bouchotte et des représentants au Comité de salut public, en date du i3 septembre 1793, Arch. de la guerre, armée du Nord.)

(*) Prieur a écrit par erreur août au lieu de ieptimbre, — Cf. ci-après la réponse de Bouchotte au Comité.

128 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ii sept. 1798.]

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGEOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Paris s le 11 septembre, Tan i de la République une et indivisible.

LB MINISTRE DE LA GUERRE AVI REPRisSNTANTS DU PEUPLE MEMBRES DU COMITE DE SALUT PUBLIC,

J'ai VU cette nuit vers deux heures, citoyens dëpulés, le général Chancel. 11 m'a quitte pour faire ses dispositions de départ. D est revenu à quatre heures me prévenir qu'il n'avait pas rencontré le citoyen Drouet. Je lui ai dit de partir en Privant un mot au citoyen Drouet. J'ai lieu de le croire en route et je vais envoyer vérifier le fiait à son domicile.

J. BOUGHOTTE.

(Orig., Areb. de la guerre , armée du Nord.)

HONDSGHOOTE, 11 SEPTEMBRE 1798.

RÉCIT DE LA BATAILLE DE HONDSGHOOTE PAR LE ciN^RAL HODGHARD.

An quartier générai de Hondscboote, le 11 septembre 1798, Tan 1*' de la République une et indivisible.

EXPEDITION DU GJ^nErAL HOUCHARD GOxNTRB LES TROUPES DBS ARMI^ES ENNEMIES GOMBINJES DEVANT BBRGUES ET DUNXERQUB, AU NOMBRE DE 5o,000 HOMMES AU MOINS.

L'armée française se trouva rassemblée au camp de Cassel le 5 au matin : dès ce jour même les dispositions furent faites pour attaquer les ennemis. Le général divisa son armée en trois corps principaux : celui de la droite, commandé par le général Dumesny ^'^ et fort d'environ 9,000 hommes, destiné à se porter devant

f*) Pierre-Michel- Joseph Salomon, dit Dumesny, né à Angouléme (Charente) le 17 janvier 1739, lieutenant dans le régiment de Mailly le xo octobre 1765, capitaine le 5 avril 176a, réformé en 1768, capitaine commandant la compagnie du lieutenant-colonel du régiment de Guyenne le à août 1770, capitaine titulaire le 16 octobre 1771, capitaine en second de la compagnie lieutenant-colonel le 8 juin 1776, capitaine-commandant le 3o janvier 1778, chevalier de Saint Louis le 37 septembre 1781, lieutenant-colonel du

90* régiment le 6 novembre 179I1 lieutenant-colonel du 5/^* le fi 3 mars 1799, colonel le 97 mai 1799, général de brigade provisoire le 7 avril 1798, confirmé le i5 mai suivant, suspendu le 97 septembre 1793, réintégré et employé comme général de division du 95 prairial an ni au 5 frimaire an vi (1 3 juin 1796 au 95 novembre 1797), retraité en février 1801.

Le général Dumesny avait fait les campagnes de 1756 à 1769. (Cf. Etienne Charavay, Le général Dwnetny, dans La Révolution françain, t. XXIV, p. 407.)

[il SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 139

Ypres, pour couvrir le flanc droit des autres colonnes qui devaient agir sur Tennemi et empêcher le camp de Menin de porter du secours.

L'avant-garde, forte de 13,000 hommes environ, était commandée par le général d^Hédouvifle^*^ Le corps d'armée était commandé par le général Houchaid; les flanqueurs de gauche d'environ 5, 000 hommes étaient commandés par le général Landrin.

Le 6, dès les trois heures du matin, toutes les colonnes se mirent en mouvement : le général d'Hédouville avec son avant-garde se porta sur Poperinghe, qu'il enleva : il fit beaucoup de prisonniers et prit beaucoup d'équipages à l'ennemi. Pendant le même temps , un détachement de l'avant-garde commandé par Vandamme attaquait le chAteau de Reninghelst, ou l'ennemi fut écrasé et obligé de l'évacuer. De là l'avant-garde se porta sur Rousbrugge , qu'elle prit. Là elle passa le pont d'Yser et, à neuf heures du soir, se trouva à Oost-Gappel; jamais marche de colonne n'a été plus rapide et plus triomphante.

Le corps d'armée du général en chef, dès les sept heures du matin , se trouva en présence des ennemis à Houtkerque. Le général Colaud, avec un petit corps détaché, y attaqua si vigoureusement les ennemis qu'il les força de frire leur retraite dans les bois de Saint-Six, d'où Us se sont sauvés. Le gâiéral Colaud, avec son corps, se porta alors jusqu'à Proven , où il fit sa réunion avec le général d'Hédouville.

Le corps d*armée, mattre d*Houtkerque avec environ 7,000 hommes, se porta sur Herzêde, que l'ennemi occupait en force et où il s'était retranché.

Le général Jourdan enleva les premiers retranchements l'épée à la main et chassa les ennemis du village après un combat de feux assez vÛs; néanmoins les ennemis revinrent à la charge et repoussèrent les troupes de la République hors du village.

Le général Bouchard ordonna dans ce moment qu'une charge à la baïonnette fftt fiiite sur toutes les rues du village , et cette chai*ge s'exécuta avec la plus grande impétnomté et en criant «Vive la République!» Le général en chef, profitant de la bdle disposition où se trouvaient les troupes, se porta sur le village de Bambecque où l'ennemi s'était retiré et avait pris une excellente position derrière TYser. L'attaque commença par du canon, et pendant une heure elle fut excessivement chaude. Une pluie abondante vint à tomber dans ce moment, qui nuisait infiniment aux pn^frès de l'attaque; le général Berthdmy proposa alors au général en chef de marcher aux ennemis la baïonnette en avant; les colonnes se formèrent et on marcha : les troupes passèrent l'Yser, partie sur le pont, partie par des gués, et forcà^nt l'ennemi étonné à se retirer.

Les chemins étaient devenus affreux , les troupes étaient excessivement fatiguées et le général en chef aurait désiré borner les succès de cette journée à la possession du village de Bambecque; mais U se laissa aller à l'ardeur que montraient les troupes , ainsi que les officiers de son état-major, et au désir des représentants du peuple Levasseur et Delbrel, qui avaient vaillamment combattu (leudant toute la journée au milieu des troupes de la République.

Joseph d'Hédouvillc. Cf. t. Il, p. 110.

MVMaSMB BATIOIALC.

130 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ii sept, 1798,]

Les troupes se mirent donc en marche et h colonne fîit dirigée sur Rexpoëde; ce village est au milieu des bois et les ennemis n'y firent aucune résistance. La nuit étant survenue et le temps afireux, il fallut rester dans le village, dont la défense était frcile; toutes les dispositions furent faites pour espérer d'y passer la nuit avec tranquillité ; il n'en fut pas cependant ainsi. Dès les dix heures , l'ennemi, venant par la gauche et sur le devant du village du côté de Kiliem, il attaqua brusquement tous les postes; une batterie d'artillerie l^ère eut deux pièces de démontées, beaucoup de canonniers et beaucoup de chevaux tués; la terreur s'empara de beaucoup de troupes; malgré cela, il fut remédié à tout ce premier désordre ; mais , vers les trois heures du matin , l'ennemi attaqua avec plus de vivacité; ils percèrent dans le village et mirent les troupes en déroute; elles furent ralliées derrière le viflage et en disposition de retraite. Qudques instants avant que d'être chassés du village, j'envoyai deux compagnies de grenadiers pour essayer de relever et d'emporter les deux pièces d'artillerie légère de 8 qui allaient tomber au pouvoir de l'ennemi; ces braves grenadiers remplirent leur mission avec le plus grand courage et me ramenèrent les deux pièces malgré le feu de Tennemi.

La retraite se fit sur le village de Bambecque, où l'ennemi ne nous poursuivit point, à mon grand étonnement J'attendis le jour et j'examinai s'il était possible de fiedre remarcher les troupes au combat Jamais chose n'a été plus impossible; le soldat était sans pain , sans eau-de-vie , par la n^ligence et des conunissaires des guerres et des commandants particuliers qui n'avaient pas exécuté les ordres. Une multitude de soldats était débandée et portée vers Cassd, et les chemins étaient si affi*eux qu'on pouvait à peine s'y tenir : dans cet état de choses, j'ordonnai la retraite sur Herzede, et je fis arrêter et bivouaquer les troupes en attendant qu'on leur fit conduire des subsistances; ce fut alors que j'entendis un combat très vif du cAté de Rexpoëde et les força à la retraite après un vif combat (sic). Dès le soir, il me donna avis de ses succès et il envoya le brave Vandamme affronter l'ennemi jusque sous Hondschoote, qui était le lieu dans lequel l'ennemi devait se retirer. Je me décidai moi-même à marcher sur Hondschoote le 8 au matin , pour attaquer l'ennemi dans le point le plus intéressant pour lui; nous nous y présentAmes sur plusieurs colonnes : le général Colaud tenait la droite, le général Jourdan le centre, le commandant Vandamme avec les flanqueurs de gauche attaquait la droite. Dès les premiers coups de canon, le général Leclaire sortit de Bergues et se dirigea sur Hondschoote le long du canal avec la plus grande intdligence. Jamais combat ne fut plus vif et plus chaud. Les ennemis étaient environ 18,000 hommes, et nous, nous idlions environ à 16,000. Après quatre heures d'un feu terrible de mousqueterie et d'artillerie, je fis charger les troupes à la baïonnette; et le village fut emporté, c'est-à-dire la bataille gagnée. H n'y eut pas moyen de poursuivre les ennemis dans un pays coupé et où on ne voit pas à deux pas de soi; d'ailleurs ils avaient eu le soin de couper le pont du canal k Houthem.

n s'est passé pendant cette action de grands traits de valeur; un soldat du bataillon ci-devant d'Anjou, ayant perdu un bras, cria qu'il lui en restait un autre pour sa patrie; la division de gendarmerie aux ordres du général Ledaire, mal-

gré le feu à mitraiUe de Tenneini, monta dans un retranchement et lui enleva un drapeau; un soldat de la Corrèze, nouvellement arrive, prit aussi un drapeau sur Tennemi ; mais , au milieu de ces actes héroïques de valeur, il est une chose qui bit ombre au tableau: une quantité assez considérable de mauvais soldats quittent le combat, se cachent dans les fossés et s'en vont au travers les haies; on est obli^ de mettre sur tous les chemins de la cavalerie pour les arrêter, qui même ne peut les ramener au combat Ce désordre épouvantable a lieu dans toutes les actions. Le représentant du peuple Levasseur a eu un cheval de tué sous lui pendant Taction , d*un boulet Le général Jourdan a été blessé à la poitrine d*un coup de biscaîen, au moment oii il allait monter dans un retranchement : sa blessure n'est pas dangereuse. Le général Colaud a eu un biscaîen à travers la cuisse au moment où il forçait les [volontaires] du Doubs à chai*ger à la baïonnette; sa blessure est dangereuse et il ne sera pas en état de servk* de longtemps. Le citoyen Mengaud ^'\ commandant la 36* brigade , a été blessé aussi ^*\ Le nombre de nos blessés ne peut être que considérable; il va peu^être à 700; je n'ai pas encore l'état des morts. Quant à l'ennemi, sa perte est énorme; presque tous ses généraux ont été tués ou blessés; parmi les blessés sont le prince Adolphe ^^, fils du roi d'Angleterre, et le fdd-maréchid Freytag ^^K Ce danier l'est mortdkment Un général anglais a été tué; un général-major hessois, fiiit prisonnier ^*^

(>) Antoine-Xavier Mengaud, né à Belfort (Haut-Rbin) le 9 avril 1751 , fils d'un avocat au conseil d'iJsace, garde du corps du comte d'Artois, compagnie d'Alsace, le i5 janvier 1776, retiré le i*' octobre 1781, commandant une compagnie de volontaires à cheval k Belfort en jiMUet 1 789 , commandant de la garde nationale de fielfort en janvier 1790, procureur syndic en octobre 1 790 , juge au tribunal du district en janvier 1791, élu capitaine de grenadiers au 1* bataillon des volontaires du Haut-Rhin le 3o août 1791 et lieutenantcolonel en premier le a septembre suivant, général de brigade le 3o juillet 1793, nommé provisoirement par les représentants chef de la 36* demi -brigade le i*' septembre 1 793 , général de division le a5 septembre 1 793 , employé à Tannée de Rhin-et-MoseUe le i3 juin 1796, réformé le i3 février 1797, remis en activité et nommé commandant de la 6* division militaire (Besançon) le 17 juiUet 1799, employé à l'armée dÛtaiie le 8 décembre 1 799, commandant à Tortone le à juiUet 1 800 , réformé le sa août suivant, sous-préfet de Belfort le aS janvier 1 8o5 , baron de l'Empire k 11 mars 1811, remplacé le 11 août

181Â, retraité le a6 janvier 1810, mort à Belfort le 3o décembre 1 83o.

(*) U avait reçu le 7 septembre un coup de feu à la cuisse gauche.

(') Adolphe -Frederick, duc de Cambridge, né le 9& février 177&, septième fils du roi d'Angleterre Geoige III, était tombé le 6 septembre, à huit heures du soir, en compagnie du feld-maréchai Freytag, au milieu d'un piquet de cavalerie française, et tous deux avaient été blessés et faits prisonniers; mais le colonel Mylius était parvenu presque aussitôt à les dâivrer. Ce prince mourut le 8 juiUet i85o.

(*> Le feld-marécbai autrichien Henri- Guillaume de Freytag commandait l'armée d'observation. Le 6 septembre, il fut attaqué par Houchard et Jourdan et dut repasser TYser et se retirer sur Hondschoote. C'est en se portant le soir sur Rexpoëde pour rétablir ses communications avec l'armée anglaise qu'il fut blessé en même temps que le duc de Cambridge, fait prisonnier, puis délivré. U céda alors le commandement au générai de Wallmoden.

(*) Le général -major Cochenbausen, blessé mortellement et fait prisonnier le 8 septembre devant Hondschoote.

132 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ji sept. 1798.]

J'oubliais de dire qu'à raffiûre de la nuit de Rexpoêde j'ai eu le malheur que Tadjudant général Coquebert ait tombé entre les mains des ennemis, en voulant aller, par un excès de zèle, rejoindre la colonne du général Hédouville; l'adjoint

aux adjudants généraux a été tué à cAté du général d'Hédouville , en

disant : nie suis heureux de mourir pour la République. »

La perte des ennemis pendant les trois jours de combat doit avoir été énorme; on assure qu'elle va k 6,000 hommes tant tués que blessés : les gens du pays disent qu'ils en ont emporté 160 chariots.

Le combat d'Hondschoote , qui fut terminé à deux heures après-midi, décida l'ennemi à lever le siège de Dunkerque dès les cinq heures du soir. Ils firent filer pendant la nuit tous leurs bagages , de sorte qu'à la pointe du jour le général Landrin , à la tète de sa division , réunie à la garnison , voulant faire une sortie pour livrer combat à l'ennemi, n'en trouva plus. Us ont abandonné dans la levée du siège, qui s'est &ite avec une précipitation inconcevable, cinquante-deux bouches à feu en fer coulé , trois cents milliers de poudre et beaucoup d'autres objets.

J'ai beaucoup examiné leurs différents camps. Il paraît qu'ils étaient devant Dunkerque près de io,ooo hommes; ils se sont retirés derrière Fumes.

L'artillerie pendant toutes les affiiires a donné des preuves de la plus grande intrépidité, et, toutes les fois que l'infanterie a chargé à la baïonnette, elle a remporté la victoire. Les troupes ont été cette fois-ci assez bien disciplinées; la cavalerie surtout se distingue pour son amour pour le bon ordre. Je mettrai au jour les faits remarquables particuliers, à mesure qu'ils me seront connus. Je ne saurais trop exprimer combien la présence des représentants du peuple influe sur le bon ordre et la décision des combats.

Les carmagnoles ont bien mérité de la patrie, et il n'y a rien de tel que les vrais ans-culottes.

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