‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 118 sur 207 · AUX COMMISSAIRES · texte numérisé non relu

AUX COMMISSAIRES

Citoyens, Le citoyen maire de Bayonne^'^ m'ayant mandé que vous aviez accueilli ma

(^^ Jean Mauco , né à Bayoïme le 8 octobre 17^91 soldat au régiment de Vivarais le 1" décembre 1766, sergonl-major en août 1776, obtient son congé le 1 1 septembre 1776, commis de la marine le 1" octobre 1776, sous-chef d'administration de la marine le i*' octobre 1799, lieutenant -colonel du k* bataillon des volontaires des Basses-Pyrénées le a octobre 1799* général de brigade le 97 pluviôse an H («5 février 179^1) et de division le 91 prairial an n (9 juin 179A), mis on non activité le 99 fructidor an ix (i5 septembre 1801), retraité le i5 fructidor an XI (1*' septembre i8o3).

^') Le dub des amis de la Constitution avait déjà délibéré à ce sujet dans sa séance du 1 5 octobre. Voici le texte de la délibération:

«Un autre membre, par un discours, demande que la Société veuille bien nommer une commission de quatre membres aux fins de rédiger une pétition aux commissaires de la Convention actuellement en cette ville, afin de réclamer en faveur du citoyen Mauco, commandant dans la garde nationale , la place , le poste de commandant de notre division, dans le cas cependant que le commandant actuel de celte division fût suspendu de ses fonctions , et, dans celui où ce dernier serait maintenu, demander pour le citoyen Mauco

une place immédiate qui Tattiche è U yfûh de Bayonne.»

('*) Le maire de Bayonne s^appelaît Faurie. Le 93 octobre 1799 il écrivit ta lettre suivante au ministre des aflaires étrangères Le Brun (Arch. des affaires étrangères, Espagne, 63/i, n*" 95) :

(T Citoyen ministre , j*ai Thonneur de vous remettre une lettre qui m^est parvenue ce matin par un extraordinaire d*cnvoi du citoyen Bourgoing, ministre plénipotentiaire de la République française à Madrid; il a profité de cette occasion pour m^informer de son entretien avec le ministre espagnol comte d'Aranda et je me suis empressé de communiquer cette lettre aux citoyens Lamarque, Gamot et Garrau, commissaires de la Convention nationale, et au citoyen Lacuée, adjudant général de Tannée des Pyrénées , qui se trouvent dans ce moment à Bayonne. Ils partent demain pour visiter et reconnaître le cordon de nos frontières. Nos habitants ne sont nullement alarmés des préparatifs de TEspagne; le plus pur patriotisme , joint à Tamour de la liberté et de Fégalité , que nous avons fait serment de maintenir jusqu^à la mort, les anime tons.

rt [je citoyen mmrt de la commune de Batfonnë, (tFaumi.

(T Bayonne, le 93 octobre 1799 et Tan 1 de la République française. »

[ jj ocT. 179*.] MISSION À BAYO.N.NE ET DANS LES PYRÉNÉES. 233

proposition de correspondi*e avec vous , pendant voire séjour près de la frontière d'Espagne , je crois devoir me hàler de vous transmettre mes idces sur les dispositions du cabinet de Madrid. Je ne puis m'empécher de les croire malveillantes; mais un sentiment unique ne domine pas dans ce cabinet; il y est combattu par la prudence, par Téquitë de plusieurs conseillers d'Etal, et surtout, je dois l'avouer (dût-on ouvrir ma lettre h la poste) parla conviction de son impuissance, conviction que je n'ai certainement pas affaiblie et qui vient d'être portée à son comble par le déployement de notre courage et par nos succès contre les armées les plus formidables et les plus aguerries. J'ai toujours espéré, depuis l'avènement de M. d'Aranda ^'^ au ministère, que dans aucun cas l'Espagne ne méconnaîtrait ses inténHs au point de rompre avec une nation dont l'alliance va lui être plus précieuse (pie jamais. Je n'ai vu dans ses préparatifs militaires, malgré le redoublement d'activité (]u'ils ont ac({uis depuis deux mois , malgré l'importance que des nouvellistes, ou malveillants, ou trop accessibles aux exagérations, ont affecté d'y attacber. je n'y ai vu, dis-je, que des mesures défensives, motivées par un excès de prévoyance et par la crainte des invasions partielles que l'ardeur de nos soldats citoyens pouvait leur faire tenter sur le territoire espagnol. Je n'assurerai pas que, si les ospéranres perfides de nos ennemis se fussent r^-alisécs, l'Espagne fut restée spectatrice impassible de nos revers, mais depuis quelles ont été trompées d'une manière si éclatante, je me livre a la plus profonde sécurité et je désire infiniment la faire partager au Conseil exécutif et h tous nos concitoyens.

Peut-être n apercevra-t-on pas tout de suite la cessation subite des mouvements militaires de l'Espagne; mais certainement on songe dès ce moment à leur ôler tout ce qu'ils pourraient avoir d'alarmant dans plusieurs ports comme Carthagène, Malaga, la Corogne et surtout Cadix. On continue à préparer l'embarquement prochain des corps, soit de troupes de ligne, soit de régiments provinciaux, qui doivent [être] transportés en Catalogne, en Aragon et k Saint-Sébastien; mais, outre qu'une bonne partie de ces corps n'est pas même aux divers rendez-vous qui leur ont été fixés, ces préparatifs sont le résultat d'ordres antérieurs qui ne tarderont pas à être modifiés. Déjh deux régiments de cavalerie, qui marchaient vers la frontière, ont eu celui de s'arrêter; le corps de carabiniers, qui avait la même destination, va se distribuer en quartier dans les environs de Saragosse. Attendons-nous, citoyens, h apprendre successivement des dispositions du même genre; en évitera de les cumuler à la même époque, de peur de donner trop d'évidence aux motifs très pressants auxquels on sent la nécessité de céder. Je les ai fait valoir avec énergie dans ma dernière conférence avec M. le comte d'Aranda. J'ai pu d'autant moins obtenir de ce ministre des assurances positives qu'il ne m'écoutait que comme un simple particulier, dont la mission est suspendue, mais le peu d'espoir qui restait encore aux représentants des puissances malveillantes d'amener le cabinet de Madrid à leurs fins, s'élant évanoui depuis quelques jours, je ne doute pas que mes représentations et les nouvelles arrivées il y aura demain

<*^ Don Pedro-Pahto Abaraca y Bolea, d'Espa[pnc Charles Ifl, de 1765 a 1778, comte d'Aranda, né à Saragosse le 18 dé- ambassadeur en France, ministre de ceinbre 1718, premier ministre du roi Charles IV en 179a , mort en 1799.

23^ CORRËSPONDANCK GhlNÉKALË DE C\n>UT. (sS uct. t79«.]

huit jourt n aient produit leffet que nous |M)uvons drsirer. Enlîn Tiiuidiiil^ f|iu continue a n^ner dani» Um» les |)ort5 de rK«|)if[iie, niai^ let insinuatioiM perfide» de f|uel(|ue8 cahiiietn. maljfn^ IVveil qu'ils ont voulu donner à retoî-ei MU* les escadres que nous avfins dans la Minliterraufe , achève de me que celte |iuissancr est fort «''loi^pii^* de vouloir nous attaquer sur aontn ment. Quand nii^nie je nie Inmqierais dans mes conjectures, nous devri éUv |)arfaitement tranquilles, sinon sur les intentions de rEsfMgiie, au moins Muses moyens. Dans toutes les liy|Mithèses . nous sommes en mesure de soneiiief ses annements maritimes . de les |ir(*venir et tout au moins de les balancer. Soa lerriinire. ouvert en plusieurs |ioints h nos invasions, nous n^pomlrait d*aifleiirs des menaces de sa marine. Quant h ses attaques éventuelles du cMé de la frootière commune . quoique |MMténeurement aux premières notions que j*ai recueilM et transmises à notn* ministère, elle ait frarté de soixante à quatre- vingts le nombre dc»s conqiaipjies de i^renadiers et cliasseurs provinciaux, qui sont destinées pour sa frontière septentrionale . quoique ces conqMfrnies aient «*t^ mises sur le pied de cent %inf^ honmies chacune . je |iersiste à douter ffuelle puisse en réaliser quarante mille sur cette vaste frrtntière qui s*i4end de Saint-Sèliastien k Bairelnoe. Or elle n'ifpiore |)as que nous (louvons lui op|ioser de ce cAté des forces au maint doubles des siennes, et elle n*o«era si\rement pas braver des troupes animées par rivresse de la lil>erté ot |>ar celle des succès, des troiqies dont on a tant de peine ii contenir Tanleur. ainsi ipiVlle vient d>n avoir la preuve en Catalogne. Je vous avouerai k cette occasion que je suis douloureusement affecté du commencement d'invasion que nous vpnonit d'y faire; la nouvelle de cette violation du territoire esfMgnol indispose ici tous l«*s esprits, ceux miWues des |Mirtisans nombreux de notre Dévolution. Je df^ire infiniment qu'elle M»it pronqitement et complètement répan'e et que nous pn>uvions ainsi k l'Kunqie que notre écpiiti' et notre modération sont au moins au niveau de notre valeur. Si les |K»iivoirs dont vous êtes rrvétos vcms |ieniieltaient d'antici|ier à cet «^;anl sur la dt-teniiinatioii de la t^vention nationali*. ne cniiriez-^mis |mis ilevoir en user |M)iir faire disfiaraltre ce grief qui pourrait tn>m|ier l«*s vues |»acifi(pif*s t\t*n ileux f^ouvemeiiients ? Tant qu'il subsistera, je n attends |ias un nilentisM'ment iiianpi«* dans les mesures défSNisives de rKspa|;ne. a U continuation des4pielli*s il |MHirra offrir un [in^exte |ilaiisible ' . Sa n<|iarati«»n pnmipte et éclatante me fournirait de nmneaux iiHitifii d'insister sur leur censatifin , et je vous promets . citoyens . que je les ferai valoir a%ef l'énergie digne du repn^ntant d'une grande nation ipii veut être libre, mab qui tait être juste.

Le mmiêtre pirnipottutUirt de Frmnee, ((>|N€. Arrh. oaL.K IWi.i llotacoiv;.

" 1^ iT» tiriohn' i7«|9 B<»iir)niiii'» «vri- n-«|MtfHLaii''«' H qui HH* maflififtfit de»

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