‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 127 sur 207 · L'ADJUDANT GENERAL LACUNE AU MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

L'ADJUDANT GENERAL LACUNE AU MINISTRE DE LA GUERRE

Rayonne, 3i octobre 179a.

Citoyen ministre,

J'ai rhonneur de vous prévenir qu'en conséquence de réquisitions qui m'ont été faites par les commissaires de la Convention nationale et dont je vous ai adressé copie, j'ai fait, au compte de TEtat, Taccpiisition d'une partie de cuivre du Pérou d'environ /Î9 milliers, au prix de 33 sous la livre en assignats, ce qui fait emiron 80,000. Je vous prie, citoyen, de vouloir bien, ainsi que j'en suis convenu avec les vendeurs , mettre dans le cours de novembre cette somme à sa disposition dans la caisse du payeur de la guerre des Basses-Pyrénées.

Comme il se trouve dans cet instant une gabarre de l'Etat dans le port de Bayonnc, et que cette gabarre retourne à Rochefort, les commissaires en ont requis le commandant de se charger de transporter le cuivre. Je vous prie, citoyen , de donner des ordres afin que ce cuivre soit dès son arrivée transformé en canons de k, et afin que ces canons soient pourvus de leurs affûts, caissons, avant-trains, etc.

Les commissaires ont aussi requis le directeur de l'artillerie de faire conduire à Rochefort toutes les pièces de bronze hors de service, afin de pouvoir compléter l'armement des Pyrénées.

J'ai l'honneur de vous adresser les pièces qui constatent la vente du cuivre et sa qualité.

( Arcb. de la guerre, armée des Pyrénées, reg. de corr. de Lacuée.)

jG.

ihh CORRESPONDANCE fiÉNÉRAIil DE CARNOT. (i- w. 179^.;

28. BAYO?IME, I*' IVOVEIIBRE 179^. LES COMMISSAIRES à LA CO!I%I!ITIO%.

Bayonn^. \p t" nov^mbr*» i7ç|f • Tao i** de la

Citoyens nos coUJ^puos,

Nous vous envoyons copie de la lelire que nous venons de recevoir de Bourgoin^; *^ ministre de la République en Espagne. Ce citoyen ne pense pas (|ue la roiir di* Madrid soit assez imprudente pour nou« attaquer. OuoifjuVIle ne puisse voir de bon œil notre révolution, d**^ raisons puissantes, tirées d<* la nature des choses et des circonstances, l'obligent de rechercher notre amitié plutôt que d'en venir avec immi« â une rupture dont les suites ne pourraient que lui lUre funestes. Aus*i d'Aranda ne parle-t-il qui* du désir (|u'il a d'entretenir la bonne harmonie entre les deux nations, (i'est de quoi vous pourrez vous convatnrrp par la lecture des deux lt*ttres ci-jointes, traduites de l'espagnol *. Quoi qu'il en soit, nous ne négligeons rien pour mettre h*% frontièr«»i( des Pvrénées sur un pied n»spectable et hâter la levée de Tannée qui doit les protég(T. Déjà nous avons donné les ordres les plus pressants, soit aux corps administratifs, soit au commissaire du pouvoir exécutif, de préparer tous les matériaux nécessaires pour cette importante opération: mais il est à craindre que le succès n'en soit ni aussi prompt ni aussi certain que nous le désirons. Nos collègues, qui devaient su* rendre avec nous à Toulouse, siège de l'élat-major général de l'armée, pour y concerter un plan commun d'exécution, afin de mettre de la réjfularité et de l'ensi^mble dans nos procédés, nous écrivant de Perpignan, le 1 '1 octobnN qu'ils se n*plient du côté du Var, d'où ils repartiront pour Paris en pissant par Lyon '^': d<* sort«* qu'arriv«'*s à Toulouse vers lt* tio do c<> mois, après avoir fait uni* moitié du travail, nou« nous trouverons dans rim|)ossibilité d'achevtT ou même d'entreprendre l'aiilrp. à moins que la (ionvfntion nationab* n*étf*nde nos pouvoirs jusqu'au départi»m«*nt d«*s Pyn*nées-Ori<»ntab»s: car il faut vous observer que, voulant partag(*r la besogne avec nos collèfpies. nous n'avons compris

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lobrp, p. tio. dam rHU «Hl«* lr tc^ iio««*mhrr. (Cf. Ay-

•*' Aubn. d'(!apinaa»^ «*l linard rtaiftit lard. I. 63. tut. tjo.)

[i" Nov. 179Q.] MISSION À BAYONiNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 245

dans notre mission que les neuf départements les plus voisins de l'Océan , qui sont la Gironde, la Dordogne, les Landes, le Lot, le Lot-et-Garonne, le Gers, la Haute-Garonne, les Basses et les Hautes-Pyrénées.

Veuillez donc, citoyens, mettre sous les yeux de la Convention nationale l'embarras où nous sommes et nous faire parvenir, à Toulouse même, les ordres que vous recevrez d'elle. Il est d'autant plus nécessaire qu'elle s'explique promptement que toute la partie de la frontière depuis Tarbes jusqu'à Perpignan reste à visiter, nos collègues ayant cru plus important de suivre les côtes de la Méditerranée jusqu'à Toulon,

Vous trouverez ci-incluses plusieurs pétitions que vous aurex l'attention de renvoyer aux divers comités qu'elles regardent. Il en est quelques-unes qui méritent une prompte décision. Nous avons eu soin de les noter à la marge de l'inventaire qui leur sert de dossier*

L'esprit public fait chaque jour de nouveaux progrès dans ces contrées ; le fanatisme est terrassé et l'agiotage sur le point de l'ôtre.

Les plus vives réclamations s'élèvent sans cesse contre les tribunaux qui, en général, sont infectés d'aristocratie : on en désire ardenmieQt la suppression.

On voudrait aussi que les municipalités fussent réduites à une par canton et qu'il n'y eût plus de district, le nombre des. départements étant augmenté.

Nous partons demain pour Saint-Jean-Pied-de-Port ^^\

Les commissaires de la Convention nationale aux frontières des Pyrénées ^'^\

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