‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 128 sur 207 · L. Carnot, Gârrau, F. Lauarque · texte numérisé non relu

L. Carnot, Gârrau, F. Lauarque

(Orig., Arch. nal., F hUoi.)

('^ Lacuée écrivit !e même jour au Conseil général de Lot-et-Garonne et donna l'itinéraire des commissaires (Arch. dép. de Lot -cl -Garonne, L, coté provisoirement

Le 1" norembre 179*.

ff J'ai rhonneur de vous adresser l'itinéraire des commissaires de la Convention nationale, afin que vous puissiez leur faire parvenir les dépêches que vous auriez à leur communiquer. Comme je les suis, c'est dans les mêmes lieux que je recevrai vos paquets.

(rJe vous prie de donner connaiwance de cet itinéraire au directeur de h poeto de la ville où vous résidex.

tr Jusqu'au 6, à Saini-Jean-Pied-de-Pori; — jusqu'au 8, à Mauléon; — jusqu'au 1 1 , à Navarrenx ; — jusqu'au 1 3 , à Oloron; — jusqu'au 16, à Pau; — jusqu'au 1 8 , à Tarbes ; — jusqu'au 90 , à Auch , le tout exclusivement; — ensuite à Toulouse, jusqu'à nouvel avis.»

^') On lit en marge de la première page de cette lettre : tr Renvoyé au comité de correspondance pour faire faire des extraits

246 CORRESPONDANCE GÉNÉR.\LE DE CARNOT. [i*' nov. 179^.]

MADRID, 1 NOVEMBHE IJtja. BOURGOING AUX COMU ISS AIRES.

Madrid, lo i*' novembre 17991 Tan i** de la République. Citoyens ,

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait Tlionneur de m'ëcrire le a8 du mois dernier. Si le citoyen Lacui^c a éi6 h portée de vous communiquer la mienne du 1*' novembre, vous serez h prirent au fait des n^solutions an moins apparentes de TEspagne et de rinefllcacité de mes ropn^entations sur la suspension de ses prépara tifb militaires. On m'a fourni très rëcemment des moyens nouveaux pour fiëchir son obstination; je me propose de les employer après-demain; si c''ëtait sans succès, il ne resterait plus de doute sur la continuation de la malveillance de cette cour, j'en conclurais que ses dispositions , momentancfment paciOques , ne tiennent qu'à des circonstances impérieuses qu'elle ne croit que passagères, qu^elle ne renonce pas h l'espoir d'un nouvel ordre de choses qui pourrait lui permettre encore de donner une forme offensive a des mesures qu'elle veut ne représenter que comme purement défensives , et , (piolqne attaché (pie je sois au maintien de la paix et de Talliance avec cette puissance , je serais le premier h opiner pour des mesures rigoureuses ({ui la guériraient , sans retour, de ce ridicule espoir.

Je transmets au citoyen Laruée ([uolques nouveaux détails sur ces préparatifs militaires, qui se ralentissent a quchjups éganls et semblent a d'autres acquérir encore plus d'activité. Je p^^'ieus aussi cet adjudant général des ordres envoya depuis peu de jours dans les trois départements maritimes , pour y tenir les vaisseaux prêts h être armés au premier signal. Ceci ne me paraît pas encore une mesure menaçante, puisque jusqu'ici il n'est question de rassemblement de matelots ni d'approvisionnement des escadres; mais ceci est assez pour alimenter notre méfiance et rendre notre vigilance encore plus active. Tous vos concitoyens se reposent sur la vôtre; je vous réponds de la mienne.

Avant môme d'avoir reçu votre lettre relative aux nouvelles plaintes qu'on vous a portées contre les vexations exercées par l'administration espagnole et celle du citoyen Lacuée, qui étaye ces plaintes de pièces justificatives, je les avais déférées à M. d'Aranda , avec toute l'énergie que m'inspire mon zèle et que me commandent mes instructions. Ce ministre m'a promis d'y avoir ('ganl. Je verrai après-demain s'il m'a tenu parole. En réclamant hautement la réparation de ces vexations, je me suis appuyé des témoignages n^cents de justice (pie nous venons de donner h l'Espagne. Je dois attester ([ue j'en ai déjà obtenu plusieurs de Téquité de M. d'Aranda et de son désir de maintenir la bonne harmonie, ce qui me parait de bon augure pour ceux que j'en attends encore ^'\

partiels et les renvoyer aux comités roni- A Paris , le 1 a novembre Tan i*' de la Ré-

pétcnts. Larjuinais, secrétaire. — Lo co- publique française. Gossuik, président. 1»

mité des pétitions et correspondanre arrcUe — Cette ietlre a été publiée dans lo procès

qu'il sera fait un doublo de relie iellre \r'rbal de la Convenli(»ii du 8 novem-

pour être envoyé au comité de la |juerr«^ v\ bre 179a.

que la présente et les trois copies jointes ^'^ Bourijoin^j écrivit au ministre Le

seront renvoyées au comité diplomatique. Brun do Madrid, le 8 novcmlirc iToa

[i"Nov. 179J.J MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 247

Quant h l'invasion de la Catalogne, il parait que cet incident, dont on avait exagt^rt^ les circonstances, sera traite directement h Paris. Je crois même que M. d'Aranda ne m'en aurait pas parle, si je ne lavais mis sur la voie, et j'ai remarquai avec plaisir qu'il se reposait, quant h la satisfaction que l'Espagne se croit en droit d'attendre, sur la sagesse de la Convention nationale.

( Arcli. des affaires étrangères, 634 , n° 71), pour lui mander qu*il avait eu la veille une entrevue avec M. d'Aranda : tr J^ai insiste Irt^ particulièrement sur les vexations très récentes que plusieurs de nos concitoyens ont éprouvées à Saint-Sébastien et qui m'ont élé dénoncées par les commissaires de la Convention nationale. Ils avaient déjù été l'objet d'une note spéciale. J'ai pressé M. d'Aranda d'opérer au plus lot leur redressement et de recommander au général espa[]T]oI commandant dans le Guipuzcoa de ne plus appuyer de son autorité les subalternes dont l'inquiétude malveillante était la cause immédiate de cette tyrannie. M. d'Aranda m'a assuré que ce (rénéral ne pouvait être mieux intentionné et que les instructions qu'il venait de lui envoyer ne pouvaient que fortifier en lui ces dispositions. (tAu reste, a-t-il ajouté, je «vous le répète, si l'Espagne voulait faire ff l'énuHiéralion des griefs que vous lui donmiez, elle pourrait vous présenter une liste ffplus longue que la vôtre; nous les dissimu- (rlons par amour pour la paix et parce qu'il fff'iut pardomier quelque chose à l'agitation ffde vos télés. Du moins est-il bien siîr que ff vous n'avez pas à nous reprocher une seule ff invasion dons votre territoire et que vous ff n'avez pas les mêmes égards pour le nôtre. ffEn voulez- vous un échantillon tout nourrveau. Lisez, n Et il m'a présenté une lettre du vice-roi de Navarre qui rend compte de l'entrée dans le bourg d'Alduido de huit gardes nationaux armés qui, après y avoir commis quelques excès, se sont retirés, en menay^inl les habitants de leur prochain retour. J'ai répliqué que je ne doutais pas (|ue cette conduite ne fût hautement improuvce par le Conseil exécutif, mais que quand même de s<;mblables griefs seraient plus multipliés que les nôtres, il y avait celte différence entre la France et l'Espagne que chez nous ces sujets de plainte venaient

de quelques individus égarés par leur zèle et désavoués par les corps administratifs voisins, par les commandants, par la Convention nationale, comme le prouvait et ce qui venait de se passer à Bayonne , à Celte, et l'arrestation de deux bâtiments espagnols dans le golfe de Lion, comme le prouvaient encore les sages mesures prises par les commissaires de la Convention nationale et par l'adjudant général de l'armée des Pyrénées, au lieu que les voies de fait dont nous avions h nous plaindre venaient des gouverneurs, des alcades, des corrégidors et autres employés de l'administration espagnole, sans que le gouvernement prit la peine de les réprimer; que s'il voulait réellement prévenir la mésintelligence entre les deux nations, il devait, comme la nôtre , donner un désaveu authentique aux faits qui pouvaient la troubler.

<r M. d'Aranda a prétendu que nous avions déjà eu des preuves de ses bonnes intentions à cet égard et qu*il allait nous en doimerde nouvelles. Une d'elles, m'a -l- il dit, est son acquiescement à ma demande de rétablir la libre extraction des piastres pour la France , demande du prompt succès de laquelle il venait d'informer M. Ocariz. Une autre est la disposition 011 est le gouvernement espagnol d'accorder à vos départements méridionaux les secours en grains dont ils ont besoin. M. d'Aranda a ajouté qu'il résultait des informations qu'il avait déjà recueillies sur cet objet qu'il y avait un superflu de blé dans la partie de la Vieille-Castille, qui est au nord de Valla* dolid , et qu'on allait prendre des mesures pour nous en faire jouir.

ff Je vais en informer les citoyens commissaires de la Convention nationale , puis- ({u'il parait que leur pouvoir s'étend à faire de semblables transactions et qu'ils n'attendent que celte preuve de bon voisinage de la part de l'Espagne pour lever la

248 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [i*' kot. 179a.]

J'aurais, citoyens, plusieurs autres choses a vous confier sur les dëconvertes que je fais ici , mais , faute de chiffre , je suis réduit an silence. Je me bornerai à vous dire qu'en continuant k contenir une impéluositë qui pourrait précipiter h marche du gouvernement , nous ferons très bien de ne pas ndentir nos préparstifs jusqu'à ce que nous ayons ia certitude d'un dénouement, que je rais chercher à provoquer.

Le tninàtre pténipotetitiaire de la Républifue/rançaiêe,

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