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LES COMMISSAIRES A LA COMMISSION EXTRAORDINAIRE

Nous mandons h l'Assemblée nationale que nous avons requis M. La Morlière de suspendre provisoirement le départ du régiment suisse de Vigier, ordonné d'après une lettre de M. Clavière, Des considérations majeures nous ont déterminés, et peut-être déjouons-nous un grand projet de trahison.

Faites bien attention aux faits suivants et mettez- vous en même temps une carte sous les yeux.

Les ennemis, après avoir tracé un camp pour 3o,ooo hommes à Hombourg, se portent maintenant du côté de Sârrelouis avec un appareil formidable.

Luckner est entre Metz et Thionville avec très peu de forces. Il ne paraît pas qu'il songe à tirer des secours de l'armée du Bas-Rhin qui lui ont été offerts, et où maintenant il n'y a pas de danger pressant.

On nous dit La Fayette retiré à Sedan et en rébellion ouverte ^^^,

Le régiment de Castella suisse est à Metz : on connaît les dispositions de cette ville. Sonnenberg est à Sarrelouis.

Ghateauvieux, qui était à Bitche, doit aller à Toul.

Steiner doit partir de Landau pour se rendre à Marsal.

Vigier devait aussi se rendre à Blamont, sans doute celui qui est près de Lunéville, car pour le Blamont de Franche-Comté ^*^ cela n'aurait pas d'objet.

(^) On lit en tdte de la lettre : (r Renvoyé (*) On voit que, le 99 août, les commi»-

à la commission extraordinaire le a6 août. saires ne connaissaient pas encore la fbito

Marbot. — Rëp. le a5, n** 3i. — Rép. de La Fayette, le a6, n" 33. ^t (') Arrondissement de Montbéiiard.

Quel rassemblement de Suisses autour du même point, autour de Nancy, qui est une ville ouverte, où les habitants sont mal disposés.

Des bruits, revenus de divers côtés, doivent donner des soupçons ^^^.

Ci-joint sont des pièces dignes de foi sur le même objet.

Le commandant de Vigier se nomme Paravicini , est un homme très dangereux qui, à Strasbourg, a, de concert avec Dietrich, dirigii La Morlière.

Si Vigier reste à Strasbourg, en attendant le licenciement, il n'y a point d'inconvénient. Nous sommes sûrs même , par un vœu avidement manifesté, qu'on pourra conserver à la France 700 à 800 hommes de ce régiment.

La Morlière n'étant plus ici, Paravicini n'est plus à craindre. Il le reviendrait, au contraire, dans un lieu ouvert, tel que Blamont, où il serait le maître de tout.

Le général Biron, restant à Strasbourg, fera en sorte que tout aille bien. Il a été d'avis, comme nous, de ne pas laisser partir Vigier. Nous étions tentés même d'empêcher également le départ de Steiner de Landau, ce qui ne pouvait produire qu'un bien. Mais nous avons craint de prendre sur nous [trop] de choses. Il est instant de conférer de tout ceci avec le ministre de la guerre. Si nos craintes sont chimériques, rien n'est gâté; mais, dans le cas contraire, qu'on prenne bien vite des précautions pour le surplus. Nous le répétons, quant au régiment de Vigier seul, il y a beaucoup d'avantages à le laisser à Strasbourg. Nous pourrions en donner d'autres motifs, si le temps le permettait ^-^^

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