L£ GENERAL BIRON AO MINISTRE DE LA GUERRE
A Strasbourg, le 99 août 1799* Tan it de la liberté. Monsieur,
Vous m'avez permis de vous proposer les officiei's généraux que je croirais utiles d'employer dans l'armée du Rhin; l'état actuel de Strasbourg me ferait regarder comme indispensable dans cette place M. de la Bourdonnaye ^*\ liea-
(0 Pierre Gimel Dutheil, né A Tudeil (Corrèze) le 98 janvier 1798 , surnuméraire d'artillerie le 90 avril 17^6 , cadet le 1 3 niai 17/15, 80U8-lieuteuant le 10 mai t']^'], lieutenant en second le 9 décembre 1751, lieutenant en premier en 1757, chevalier de Saint-Louis le 91 novembre 1760, capitaine en second le 1 5 janvier 1769, capitaine en premier le 10 octobre 1766, chef de brigade le 1" janvier 1777, lieutenantcolonel le 3 juin 1779, colonel titulaire le h juillet 178^1, commandant dWtilleric le !•' avril 179I1 maréchal de camp le i*' no-
vembre 1799 * lieutenant général le 8 mars 1793, suspendu le là avril 179/^, retraité le 19 janvier 1796.
(') Anne-François-Auguslin , comte de la Bourdonnaye, né à Nantes le 18 juillet 17/16, (et non à Guérande le 97 septembre 17/J7, date doimée par les biographes), volontaire le i^mars 17C1, sous-lieutenant le 18 janvier 1769, lieutenant en 1763, sous-aide major le 10 février 1764 , capitaine de cavalerie le 99 février 1770, colonel en second du ferment de la Sarre le 18 avril 1776 , chevalier de Saint-Louis le
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tenant gënëral , qui rëunit à beauconp de zèle et d'activilë les princî[)e8 du plus pur patriotisme. Je crois d'une importance incalculable d avoir à Strasbourg un officier gênerai qui jouisse de la confiance des bons citoyens et qui la mërite. Rien ne pourra plus alors troubler la tranquillité publique, et tous s'unjront pour défendre la cause de la liberté et de IVgalitë. Par les mêmes raisons, je désirerais avoir dans cette armée M. de Chartres ^'\ maréchal de camp, que j'ai vu donner les meilleurs exemples en tout genre , pendant que j'ai servi avec lui dans Farmée du Nord^^^ Je pense qu'il serait également avantageux au bien du service d'élever aux grades de maréchaux de camp, M. Duval('\ colonel du 6* régiment de
8 avril 1779, brigadier le 1" janvier 178/j , iDaréchal de camp le 9 mars 1788, lieutenant général le 33 mai 1793, commandant en chef Tannée du Nord le 6 octobre 1 793 et Tarmée des Côtes-de-Brest le 3i janvier 1793, employé à l'armée des Pyrénées-Orientales le i5 mai 1793, mort à Dax le 6 octobre 1 793.
^'^ Louis -Philippe d'Orléans, duc de Chartres, né à Paris le 6 octobre 1773, avait été nommé maréchal de camp le 7 mai 1793. Il fut promu lieutenant général le 1 1 septembre suivant.
(>) Le duc de Chartres avait servi comme volontaire avec son frère le duc de Monlpensier sous les ordres de Biron et il s'était distingué aux combats de Boussu et de Quarégnon.
(^) Biaise Duval, dit Duval de Hautmaret, né à Abbeville (Somme) le h septembre 1739, garde du corps du Roi le 3o février 1768, lieutenant le sG mars 1763, capitaine le 1" juillet 1766, lieutenanUcolonel le 3 mars 177A, chevalier de Saint-Louis en 1 778 , lieutenant du Roi de la ritadelle de Montreuil le 3 3 septembre 1 786, réformé le 1" août 1 791, lieulenanl-c^lonel du i*' bataillon de la Somme en 1791, colonel du 6' dragons le 33 mars 1793, maréchal de camp le 7 septembre 1793, lieutenant général le 3 février 1793, commandant à Lille en mars 1793, réformé le 5 décembre 1797, chef de la 8* demibrigade de vétérans le 18 octobre 1800, mort â Montreuil -sur -Mer le 17 janvier 1 8o3. — Le colonel Duval avait, le 39 juillet 1793, demandé le grade de maréchal de camp et envoyé le mémoire suivant, dont je possède Toriginal :
Du 19 juillet 1791, Tan if de la liberté, au camp de Maulde.
Mémoire pour donner le grade de maréchal de camp en activité.
(r Biaise Duval, actuellement colonel du 6' régiment de dragons, croit d'autant plus mériter le grade de maréchal de camp en activité qu'il l'a refusé en retraite, le 10 juillet 1790, pour servir utilement sa patrie dans la troisième guerre où il est employé comme officier. Il a eu en Allemagne, en 1761 et 1763, comme lieutenant de dragons dans les volontaires de Soubise, des actions de guerre fréquentes, vives et heureuses. 11 en a eu aassi plusieurs dans les deux campagnes de Corse , où il a fait l'avant-garde de l'armée comme capitaine d'infanterie de la légion de Soubise, et après avoir été cinq ans premier factionnaire, il a été fait lieutenant-colonel au travail d'inspection de 1773 et son brevet a été expédié daté du 3 mars 177^.
ffU a été compris dans la réforme de la légion de Soubise à Hesdin en 1776, a été altaclic d'abord à l'infanterie et, le 8 avril 1779, a reçu ordre de rejoindre le 5* régiment de chasseurs-dragons, où il a servi jusqu'à ce qu'il soit nommé lieutenant du Roi de la citadelle de Montreuil , où il a été réformé le jo juillet 1790, et a refusé le grade de maréchal de camp en retraite pour servir comme on voudrait l'employer.
(rll a pris le commandement du 1" bataillon des volontaires de la Somme qu'une dépulation venait lui oiïrir dans sa campagne, qu'il a accepté par le conseil de M. Duportail et de M. de Rochambeau, ([ui lui promit de l'employer maréchal de camp le plus tôt possible, mais en février
au CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [39 août 179J.]
dragons, et M. de Fiers ^^\ colonel du 3" régiment de cavalerie , ofliciers dislinguës, qui ont dans toutes les occasions montré avec énergie leur attachement à la révolution. Je crois que ce serait une justice d'élever M. de Ferrier au grade de lieutenant général ^^^ et de remployer h Besançon, d'où il pourrait surveiller le Porrenti-uy et défendre avec succès une partie importante, qu'il connaît parfaitement bien.
Il est d'une nécessité pressante que vous m'accordiez quelques adjudants généraux, que j'r.urais l'honneur de vous demander, car malgré les nombreux adjoints que j'ai trouvés établis h l' état-major de l'armée du Rhin, je n'en ai jamais vu de plus insullisant pour les fonctions dont il est chargé; car, en excepta it trois ou quatre personnes, aux talents et au zèle de qui je me ferai toujours un grand plaisir de rendre justice, je crois pouvoir assurer sans humeur que le reste n'est pas bon h grand chose.
MM. les commissaires de l'Assemblée nationale m'ont paru désirer vivement que M. Coustard, heu tenant-colonel du régiment de chasseurs, en garnison h Landau, faisant le service de colonel, par la suspension de M. Joseph Broglie, fut élevé au grade de maréchal de camp, et en mc^me temps chargé du commandement amovible de la ville de Strasbourg ^^^ M. Coustard est, h la fois, un excellent patriote, dont je verrais avec satisfaction et confiance Tavancement mihtaire dans les postes les plus importants.
Quelques personnes mal intentionnées ont répandu dans Strasbourg le bruit que Thionville était pris, ainsi que Longwy, Metz investi et Verdun au moment d'être attaqué et de capituler. J'iii dissipé ces faux bruits; j'ai rassuré tout le monde; la tranquillité est parfaitement rétablie; mais je vois avec douleur que l'on ne peut, un instant, perdre Strasbourg de vue sans danger, et que la j)lus courte absence peut y causer des désordres.
M. de Rodiambeau lui écrivit à Dunkerqiie, où il avait été appelé avec son bataillon pour y apaiser Tinsurrection , que maljjré les désirs de M. de Narbonnc et les siens de l'employer maréchal de camp, les décrets s'y étaient opposés, et il lui offrit un régiment à son choLx ou de lui envoyer le grade de maréchal de camp. Le s' Duval accepta par zèle le 6* régiment de dragons, et, trois jours après, parut le décret qui autorisait à employer des maréchaux de camp retirés. Le s' Duval croit devoir espérer d'être employé comme maréchal de camp à la première nomination et espère qu'il obtiendra le brevet daté de l'époque où il aurait pu accepter, sans quoi ce serait le rendre victime de son zèle et du travail qu'il a fait depuis, ce qui ne peut être les intentions du roi , ni du ministre.
ff Le colonel du 6' ré^fiment de dragons , ff Duval.""
^'^ Louis-Charles La Motte-Ango de Fiers, né à Paris le 19 juin 17 54, souslieutenant de cavalerie le 1" novembre 1771, capitaine-lieutenant le 3i janûer 177/j, capitaine commandant le 1*' août 178/i, chef d'escadron le 1" mai 1788, lieutenant-colonel du 3* de cavalerie le 6 novembre 1791 , colonel du même régiment le a 3 mars 1793, maréchal de camp le 7 septembre 1799, général de division en 1793, commandant en chef de l'armée des Pyrénées-OrienUles en mai 1793, destitué le 9/4 août 1793, décapité à Paris le U thermidor an n (99 juillet 179a)*
^*^ M. de Ferrier fut promu lieutenant général le 7 septembre 1792» en même temps que Duval était nommé maréchal de camp.
t^) Guy Coustard Sainl-Lô fut en effet promu maréchal de camp le 1 5 septembre 179*^.
[^:| Aotr 1792.] MISSION À L'ARMÉE DU RHIN. 125
J'auroi riionneui* de vous envoyer dans quaranle-huii lieurcs Fëlal exact de rëqnipenieot des troupes à mes ordres; il me sera nécessaire, ainsi qu'à M. de Custine, pour prouver, sans rien calculer que la possibilité^, que nous avons fait tous les efforts qui étaient en notre pouvoir pour nous conformer aux dispositions renfermckîs dans votre dernière lettre.
Le général de Varniée du Hhtn ,
BwoN.
P. S» — J*ai riionneur de vous envoyer copie de l'extrait d'une lettre qui m'a été adress(^e hier au soir.
(Orig., Arch. de la guerre, arroco du Rhin.)
[Le 39 août 1792 lo consen général de la commune de Besançon délibéra sur ta réception a faire aux commissaires de l'Assemblée nationale et il invita le chef de la légrion de la garde nationale, M. Projean, de faire tenir prêts quatre cents gardes nationaux avec leurs officiers et un drapeau pour aller au-devant des commissaires et les accompagner. Quatre membres allèrent prier les administrateurs du département de fixer une maison pour recevoir et loger les députés, et il fut n^pondu qu on pensait choisir la maison de la ci-devant intendance ou celle Montmartin. MM. Dufresne, Marreiier et Projean allèrent ensuite prévenir de ces mesui^es le général Wimpffen ^'', qui répondit qu'il recevrait les députés avec toute la pompe et la dignité qu'ils méritent et qu'il avait donné des ordres en conséquence. (Arch. mun. de Besancon, reg. du Conseil général de la commune ^^^)
Le m^me jour le directoire du département du Doubs s'occupa de l'arrivée des commissaires de l'Assemblée nationale. 11 fut, dans la séance de quatre heures du soir, convenu avec le conseil général de la commune de Besançon que les députés seraient logés dans la maison de la ci-devant intendance et qu'il serait pourvu , aux frais du département, à rameub'ement des pièces qu'ils devraient habiter. (Arch. du Doubs, reg. du directoire du département, fol.. 172,)]
i*' François-Louis, baron de WiraplTen- retraité le i5 août 1797, mort à Mayencc
Bornebourg, né à Minfeld (Deux-l^onts) le 9/j mai 1800.
le 9 août 178;!, lieutenant au régiment (*^ Je dois la copie de ces documents et
d'Alsace le i"o.lo!)re 17^'!, colonel d'in- de ceux de même origine à mon confrère
fanterie au service (!«' France le a 3 novend)re et ami M. Alexandre Tuetey, qui a bien
1780, maréchal de camp le 3o juin 1791? voulu compulser, sur mes indications, les
lieutenant général le l 'j sepUMuhre 1799, archives du département du Doubs et celles
susp<»ndu de w^s fonctions le i 5 mai 1798, de Bf^sançon.
126 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [SoAoÔTiyQa.]