ARRIVÉE DES COMMISSAIRES À BESANCON
ET RÉCEPTION PAR LE DIRECTOIRE DU DEPARTEMENT ET LES AUTORITÉS DE LA VILLE.
Dudit jour (vingt-neuf aoàt) à dix heures du soir.
Le courrier qui avait été envoyé au-devant de MM. les commissaires de TAssemblëe nationale ëtant revenu, il a annonce qu'ils arriveraient dans deux heures OU environ. Le procureur générai syndic a sur-le-champ fait avertir les membres du Conseil général de se rendre à la grande salle de la maison commune, où la municipalité et le district devaient se réunir pour aller ensuite h la rencontre de ces commissaires. Les trois corps rassemblés dans cette salle avec MM. les officiers des tribunaux civil et criminel, du commerce, et de M. Ramboz, fun des juges de paix, ayant été avertis que MM. les commissaires étaient entrés dans la ville, se sont mis en marche, précédés de flambeaux et torches, et parvenus an puits du marché ils ont rencontré les voilures accompagnées d'un détachement à cheval de la garde nationale, d'un autre à pied, d'une compagm'e de vétérans, de la gendarmerie nationale, de la musique, et suivies d'tm peuple nombreux , dont les cris de Vive la Nation, Vivent les commissaires de l'Assemblée italtbna/tf^ faisaient retentir les airs. MM. les commissaires , descendus de voiture , ont été mis à la tète du groupe que formaient le département, le district, la municipalilé et tous les corps civils et judiciaires. Tous les citoyens s'étaient empressa d'illuminer leurs maisons et chacun à l'envi annonçait par ses acclamations la joie la plus vive et la plus pure, enfin celle que l'on éprouve lorsqu'on voit ses libérateurs. Arrivés dans la salle destinée à leur réception, M. Hérard, vice-président, n'a consulté que son cœur pour exprimer h MM. les commissaires les sentiments que leur présence causait k tous les corps administratifs et aux citoyens , l'assurance que ces corps fidèles h leur serment resteraient inviolablement attachés à leur poste et roaintiendi*aient de tout leur pouvoir l'exécution des lois émanées de l'Assemblée nationale, enfin le vœu des citoyens qui avaient juré de conserver leur liberté ou de périr avec elle.
MM. les officiers des tribunaux se sont empressés aussi de manifester à ces représentants de la souveraineté nationale combien ils éprouvaient de satisfaction de pouvoir renouveler le serment qu'ils avaient prêté de maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir à leur poste. Enfin les chefs de la garde nationale, au nom de ce corps, ont exprimé de la manière la plus énergique es dévouement sans bornes dont il n'a cessé de donner des preuves et prononcé ce serment sacré de faire respecter les lois de nos augustes législateurs , de combattre les ennemis de la patrie et de vaincre ou mourir. Toutes ces protestations de fidélité et d'amour de ses devoirs ont produit sur l'âme de MM. les commissaires la plus vive sensation, qu'ils ont témoignée en assurant que l'Assemblée nationale connaissait tout le patrioti!%mc et le courage qui animaient les corps et les citoyens de cetle ville et du département, mais qu'il n'en était pas moins bien doux pour eux d'en recevoir une nouvelle expression.
MM. les commissaires firent ensuite faire la lecture de la loi du 1 1 de ce mois ronlenanl leur nomination et de l'instruction relative h l'exécution de leur com-
[3o AOÛT 179Q.] MISSION À L'ARMÉE DU RHIN. 127
mission. Cette lecture Onie, MM. les commissaires furent conduits à Tllôtel national, oii Ton avait été oblige de leur procurer un logement, le temps n'ayant pas permis de préparer celui qui leur avait é\é destine à la maison de la ci-devant Intendance. Le peuple, qui sVtait porte en foule k la séance et dont les applaudissements avaient interrompu souvent les orateurs, servit également de cortège h MM. les conunissaires en repétant sans cesse les cris de leur Mégresse.
(Arcb. da Doobs, rcg. du département, fol. 173.)
BESANÇON 3o AOÊT I799. RECEPTION DES GOMMISSATRES