‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 85 sur 207 · OCTOBRE -DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE -DÉCEMBRE

[ [^ a3 septembre 179s une lettre du ministre de la guerre Servan , lue en séance de la Convention nationale, appela l'attention de T Assemblée sur la défense des départements voisins des Pyrénées. On lit à ce sujet dans le Procès-verbal (p, 35) :

tt On fait lecture d'une lettre du ministre de la guerre, qui présente des réflexions sur la partie de la République française vers les Pyrénées. Il obsei*ve qu'il sera nécessaire , pour se précautionner contre TEspagne , si elle renonçait à la neutralité, de diviser le commandement confié au général Montesquiou ^*^ et de placer dans ces départements un autre général et un état-major. 11 annonce qu'il a fisiit des dispositions pour la défense des départements voisins des Pyrénées et représente qu'il serait très uUle d'y envoyer des commissaires de la Convention ^*K

frUn membre convertit en motion la proposition du ministre de la guerre; il annonce que les nobles, les prêtres et les parlementaires causent beaucoup de troubles dans ces pays et demande qu'il soit renvoyé au Comité militaire pour la formation de Tétat-major.

trUn membre ^'^ fait la motion que le général Montesquiou soit destitué. Un autre membre l'accuse d'avoir envoyé à Turin un état des défilés et des gorges de Savoie. Un autre membre ^*^ observe que tant de précipitation à destituer un général peut affecter les autres généraux.

t'^ Anne- Pierre, marquis de Montesquiou-Fezensac, né à Paris le 17 octobre 1789, maréchal de camp le 1" mars 1780, membre de F Académie française en 178A, député de la noblesse de Paris aux ÉtaU généraux, lieutenant général le ao mai 1791, général en chef de Tarmée du Midi le i3 avril 1799, mort à Paris le 3o décembre 1 798.

{») Le Journal det DéhaU (n" /i, p. 53) donne une analyse phis détaillée de la lettre de Servan : trll témoigne ses regrets de n^avoir pu se joindre aux autres ministres pour présenter ses hommages à la Convention; il expose que, tant que TEspagne a conserve la neutralité avec la France, un seul commandement a paru suffisant de Bordeaux jusqu'à Versois; il domandoquc,

dans la circonstance actuelle, ce commandement soit divisé en deux, et qu'on Taurtorise à former un état-major a Toulouse. Le ministre annonce qu*il a chargé un ingénieur de visiter cette frontière et de la mettre dans un bon état de défense. Si les Espagnols, écrit-il, rampent les traités, nous serons en état de les repousser cl de leur prouver quHl vaut mieux nous avoir pour amis que pour ennemis. Il prie la Convention d'envoyer des commissaires dans les armées des Pyrénées.»

(^) Tallien. (Cf. Journaldcê DébaUyïC h , p. 53). Carra parla dans le même sens.

^^) Henry Larivière. Ses paroles soulevèrent im débat tumultueux auquel prirent part Billaud-Varenne et Danton. (Cf. Jo-^r^ liai des Débats, n" /i, p. 5'i.)

Page 1