‹ Correspondance générale de CarnotChapitre 86 sur 207 · MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES

«Plusiears membres parlent ensuite : le premier dit qu'il y a chez le ministre «le la guerre une pdlition contre le général Montesquieu avec dix-buit cents signatures; le second ^^\ que ce g(^néral a dit à la commission extraordinaire que prononcer la suspension du Roi serait une borreur en politique: un troisième ^*\ qu'une preuve contre lui, c'est son discours a TAssemblëe où il annonçait quil avait soixante mille hommes en Savoie, tandis que le fait était faux; qu'il parlait comme ceux qui voulaient nous effrayer et empêcher de prononcer la suspension du Roi ; un quatrième ^*\ qu'il suilit, pour le salut public, qu'un général soit suspect pour qu'il faille le rappeler; que le citoyen Goi*sas a des pièces qu'il montrera, s'il est nécessaire; un cinquième, que ce général a adhéré à la pétition de La Fayette. Un membre^*' ajoute que tous les ministres étaient d'avis de la destitution du général et qu'elle serait déjà exécutée, si l'on avait eu te temps de faire parvenir des avis au gâséral Anselme, digne de remplacer le général Montesquieu et dont le civisme est certain.

«La destitution du général Montesquieu est mise aux voix et décrétée.

ffLe citoyen Danton demande qu'il lui soit donné incessamment un successeur.

«Le président présente de nouveau la proposition de nommer un état-major vers les Pyrénées. La Convention renvoie au pouvoir exécutif et décrète qu'il ast autorisé à faire les dépenses nécessaires à ce sujet, sous les conditions d'en rendre compte ^*K

ffLa Convention nationale décrète qu'il sera envoyé des commissaires tirés de son sein pour les départements voisins des Pyrénées ^*K Le président nomme les commissaires qui sont, pour Rayonne, les citoyens Gari^au, de Sainte-Foy ^^\

(*) Baâre. {Journal deê Débatt, ibi<L^ p. 56).

M Chabot {Ibîd.)

(') Marie-Joseph Chénier. (Ibid,, p. 55.)

(*) Danton, dont voici les paroles, d\iprès le Journal de$ Débati, p. 55 : <rll est bon que la Convention saclic ((ue le Conseil partage son opinion sur Montesquiou. Sa destitution est écrite dans les registres du Conseil et elle lui serait déjà envoyée si [*on avait pu envoyer à sa place le citoyen Anselme, connu par ses talents et son civisme. (Applaudi.) Mais it est temps de prononcer la destitution de Montesquiou.

Il Caut nous montrer terribles : c'est du caractère quMl faut pour soutenir la liberl». ( Applaudissements. ) n

(^) Le procès-verbal de la séance de la Convention du s3 septembre 1793 est de la main de Rabaut Saint-Etienne. (Arcli. nat.. Cil t85.) Le décret suivant est en minute auto/rraplic du même députe aux

Archives nationales (Cil i85)^ où on trouve également une copie collationnce, signée par Petion, Lasource et Rabaut, et visée par les ministres Danton et Le Brun ( A 1 93).

(*) Le Moniteur dit que le décret fut rendu sur la proposition de Barère et il mentionne, par erreur, le nom de ce député parmi les commissaires désignés \)Our Rayonne , à la place de celui de Gamol.

t'î Pierre- Anselme Garrau, né à Sainte- Foy (Gironde) le 19 février 176a, avoc.nl à Libourne, président du district de cette ville, député suppléant de la Gironde a la Législative, admis à siéger le 7 avril 179a « député du môme département à la Convention et au Conseil des Cinq-Cents (a5 germinal an vi), commissaire à Tarmée dMtalio en 1796, inspecteur aux revues en 1806 , député de Libourne le 1 5 mai 1 8 1 5 , proscrit en 1816, rentré en France en 1819, mort à Saint-Andi-é-et-AppoUes (Gironde*) lo i5 octobre 1819.

liamarque et Carnot, et, pour Perpignan, les citoyens Aubry ^'^ d'Espinassy <*' et Isnard ^^K »

Le même jour le ministre de la guerre prit une première mesure en donnant à 1 adjudant gênerai Lacuëe ^^^ la mission de mettre Rayonne en ëtat de défense :

(0 François Aubry, né à Paris le i a décembre 17^7, élève à Técole d'artillerie de la Fère le 18 mai 1766, lieutenant le 99 janvier 1 767, capitaine le 1 1 juin 1 786, maire de Nîmes en 1790, chevalier de Saint- Louis le 93 mars 1791, lieutenantcolonel du 38' d'infanterie le i3 mai 1799, député du Gard a la Convention le 6 sep> tembre 179s, adjudant-général le 9 septembre 1793* générai de brigade le i5 mai 1793, arrêté après le 3i mai 1793, membre du Comité de salut public en remplacement de Carnot du i5 germinal au 1 5 thermidor an m ( h avril au 9 août 1 796), général de division le 1 3 juin 1 796 , député au Conseil des Cinq-Cents le 93 vendémiaire an IV, proscrit après le 18 fructidor, déporté à Caycnne, d'où il s'évada le 6 juin 1798, mort à Démérary (Guyane hollandaise) le 17 juillet 1798. Des biographes prétendent qu'Aubry se réfugia avec Pichegru à Londres et mourut dans cette ville en 1809. Le Moniteur (XXIX, hSo) annonça même l'arrivée d'Aubry à Londres le 6 vendémiaire an vu (97 septembre

(') Antoine -Joseph -Marie d'Espinassy,

né à Marseille le i3 août 1757, sous- lieutenant le 7 février 1779» capitaine d'artillerie le 90 février 1788, député du Var à la Législative le 19 septembre 1791 et à la Convention le 5 septembre 1799 , décrété d'arrestation après le 3 1 mai 1 793 , membre du (jonseil de^ Cinq-Cents, général de brigade le 98 avril 1797, proscrit en 1816, mort à Lausanne (Suisse) le 97 mai 1 899. t'î Maximin Isnard, né à Grasse (Var) le j6 février 1761, négociant parfumeur à Draguignan, député du Var à la Législative le 9 septembre 1791 et à la Convention le 5 septembre 1799 , proscrit après le 3i mai, député du Var au Conseil des Cinq-cents le 99 vendémiaire an iv, mort À Grasse le 19 mars 1895.

(*) Jean-Gérard Lacuée, né à la Massas (Lot-et-Garonne) le h novembre 1759, aspirant d'artillerie du 1" octobre 1768 à avril 1770, soldat au 99' d'infanterie le 98 avril 1770, sous -lieutenant le 5 mai 1779, lieutenant en second le 3 juillet

1777, lieutenant en premier le 99 mai

1778, capitaine en second le 99 mai 1783, procureur général syndic de Lot-et-Garonne en 1 790 , député de ce département à l'Assemblée législative le 1*' septembre 1791, membre du Comité militaire, démissionnaire de son grade le 9] avril 1799, adjudant- général colonel le 18 septembre 1 799 , maréchal de camp le 3 février 1 793. retraité le 95 pluviôse an ni (i3 février 1795), réintégré et employé à l'armée des Pyrénées-Orientales le 95 prairial an m (i3 juin 1795), député au Conseil des Anciens en octobre 1796, membre de la 9' classe de l'Institut (Académie française) le 10 décembre 1796, député au Conseil des Cinq-Cents en 1 799 , chargé par intérim du portefeuille de la guerre du 16 floréal au 9 prairial an viii (6-99 mai 1800) et du 16 vendémiaire au 99 brumaire an ix (8 octobre- 1 3 novembre 1800), conseiller d'Etat le 8 germinal an ix (99 mars 1801), membre de la Légion d'honneur le 9 vendémiaire an XII (9 octobre i8o3), gouverneur de l'École polytechnique en i8o4, grand ofThier de la Légion d'honneur le 95 prairial an xii (lA juin 1806), général de dirision le 1*' février i8o5, directeur général dos revues et de la conscription militaire le 3i juillet 1806, ministre d'État en 1 807, comte de Cessac le 96 avril 1 808, grand aigle de la Légion d'honneur le 2 février 1809, ministre directeur de l'administration de la guerre le 3 janvier 1810, pair de France le 19 novembre i83], membre de l'Académie des sciences morales et politiques le 96 octobre ]839, mort à Paris le 1 h juin 1 86 1 .

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