AOÛT 1792.J MISSION AU CAMP DE SOISSONS
paraÎMenl sufljsantes. Je ne perdrai cepen<lant pas de vue cet objet D'ailleurs, si Ion se détermine à faire passer les compagnies et les bataillons dans les armées, aussitôt après leur organisation, leur séjour dans les cantonnements ne sera que momentané et même successif; et alors il ne sera pas question de les (aire camper.
Il existait à Soissons, pendant notre séjour, et il n'y avait eu jusqu'alors pour diriger la multitude incroyable de détails qu'entraîne la formation d'un camp , que deux officiers de l'étal-major, infatigables à la vérité, et qui, par leur zèle et leur activité, ont su se concilier la confiance des citoyens. Ces deux officiers sont MM. Chadelas et d'Orly, commissaires ordinaires des guerres.
Enfin, ime remarque qui vient à l'appui des faits, c'est que dans aucune des lettres ministérielles écrites à ce sujet aux diverses autorités, nous n'avons pas vu que le mot de camp y fut prononcé; il n'est jamais question que de cantonnement et non d'un camp , et il nous a paru en effet que toutes les dispositions faites ne tendaient qu'à un simple cantonnement successif, tant h Soissons que dans les villes voisines, et nullement d'un camp régulier qui répondît au vœu du décret et au vœu exprimé par 4e pouvoir exécutif lui-même dans sa proposition faite à cet égard à l'Assemblée nationale, de la part du roi, par M. Lajard. En parcourant les différentes pièces officielles qui ont été mises sous vos yeux par les corps administratifs, nous en avons remarqué une dont il nous a paru important de requérir copie; c'est une lettre de M. La Fayette, adressée à l'administration du département de l'Aisne. Cette lettre a pour objet de requérir l'exécution de la loi qui autorise les généraux à réclamer l'envoi à leurs armées d'une partie des gardes nationales. Cette lettre finit par une espèce de hors-d'œuvre politique, dont nous avons cru devoir donner connaissance à l'Assemblée, sans nous permettre aucune réflexion à ce sujet. Voici le passage en question ^*^ :
Villers-Ie-Rond , le 3i juillet 1799, Van iv* de la liberté.
J'ai reçu par le ministre de la guerre les dispositions non encore sanctionnées, mais qui doivent Tétre aujourd'hui, d'après lesquelles les départements doivent tenir toutes les gardes nationales en étal d'activité permanente, de manière h ce qu'elles puissent être requises par les généraux d'armée et renforcer les troupes destinées à la défense de la frontière. 1^ loi doit vous être parvenue, mais je
(^) A ce moment plusieurs voix sY'crièrcnt : «r Lisez les lettres, point de passage isolé :?, et Caraotlut en entier la lettre de La Fayette. (Cf. Journal hgographùjue , t. XXVI, p. 9 38).
ib..
20 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [G aoôt 1793.]
i]\ilton(ls pas de lavoir reçue pour invoquer votre patriotisme dans cette impor* fante occasion. Nous ne pouvons nous dissimuler que les forces de Temiemi ont sur les nôtres une grande supériorité de nombre , et que si tous les autres citoyens de Tcnipire ne nous aident à combattre pour notre liberté commune, il ne nous resterait qu'h mourir sans fruit pour elle. Ce moment est venu, où les Français régénérés vont savoir s'ils sont libres ou esclaves, et la décision de cette question dépend d'eux; car, s'ib se défendent avec énergie, il n'est aucune coalition qui puisse prévaloir contre eux.
Ayez la bonté , Messieurs , de me faire connaître le plus tôt possible le nombre des gardes nationales de votre département, sur lequel je puis compter. Nons avions adoplé en Amérique la métliode de les faire servir pendant un certain espace de temps, deux mois, par exemple, en Virginie, pour être relayées par un pareil nombre de gardes nationales de divers districts, de manière qne chaqœ canton avait toujours h l'armée le même nombre sans que leurs affaires en souF* frissent trop. Aussitôt que j'aurai reçu ces renseignements, ainsi que les lieux de rendez-vous les plus près de la frontière que je vous indiquerai, je pourrai y adresser à temps un réquisitoire pour que les défenseurs de la patrie ne perdent point un moment pour se joindre h leurs frères d'armes.
Faisons, Messieurs, un grand et généreux effort L'état de faiblesse et d^anarchie où nous sommes tombés a encouragé les puissances étrangères à donner de la force aux méprisables factions qui nous déchirent au dedans, h relever les espérances et h servir les intrigues des Français rebelles. Il n'y a qu'un moyen de sortir à la fois de tous ces dangers, c'est de donner h la nation une grande et énergique impulsion qui la relève à la hauteur où elle s'est trouvée au commencement de la révolution, et qui, en résistant aux despotes coalisés contre nous, soit^ comme je le disais, il y a bien des années, dans un discours au congrès am^ cain, une nide leçon pour les oppresseurs et, pour les nations opprimées, un grand exemple ^^K
Nous n'avons pu parcourir le pays 011 nous avons été envoyés par vous, sans recueillir les observations qui, quoique étrangères, jusqu'à un certain point, à l'objet déterminé qui nous occupait, doivent néanmoins intéresser votre sollicitude. 11 est impossible de ne pas remarquer, en parcourant les campafjnes, que le peuple s'éclaire tous les jours sur ses véritables intérêts, qu'il apprend à connaître ses vrais amis, que son opinion se forme et que son amour pour la liberté et l'égalité se consolide de plus en plus par la rédexion. (]c n'est plus chez lui le désir vague d'un sentiment quelconque, tel (juc celui (jui le tourmentait avant ia révolution ; c'est le désir de jouir du bonheur dont il jouit actuellement* I^a sérénité est peinte sur son visage; les menaces des ennemis le font
••^ On applaudit et plusieurs voix crient : (cMention honorable^.