‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 114 sur 195 · Chédieu de Bohethoa op. cit., p. S · texte numérisé non relu

Chédieu de Bohethoa op. cit., p. S

CorrttpoadHiice de ChattHubrUnd. T. IV. n

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409J 30 avnl 1823.

Au vicomte de Harcellaa.

Paris, 30 avril 1823.

Il j a bien longtemps que je n'avais ri de si bon cœur. Votre M. Banks a fort amusé le roi, qui aime beaucoup les histoires, et déploie aussi un vrai talent mimique en les racontant. Je l'ai régalé de votre lettre, à notre dernier conseil, au grand Jdéplaisir de mes collègues : mais c'est pour l'empêcher de dormir. Il s'en tenait les côtés. Il n'a point oublié, m'a-t-il dit, le récit de votre visite à lady Stanhope, que le duc de Richelieu et M. Pasquier lui ont fait lire.

Ne changez rien au mode ni au style de votre correspondance, et ne rougisses pas du négligé, ou du décousu, comme vous dites. La familiarité du récit vient en aide à sa clarté. Le trivial même sert dans les affaires, et vaut toujours mieux que le guindé.

Chateaubriand. <

1098 i" mai [1823].

Au vicomte de Harcellus.

Rien de nouveau : vous avez reçu ma dépêche télégraphique trop tard. Mon discours, que vous verrez dans le Moniteur, a eu un succès général. Je serais curieux de savoir comment les Anglais auront pris cette réponse à leurs outrages. Il est possible qu'ils n'en sentent pas la noblesse. Le Roi doit être content.

Soyez toujours froid, et très froid avec M. Canning , il a une

1. Marcellus Politique de U Retlauralion, p. 218-9. — Celle lettre me semble tout ï tait iuvraiseinblable.

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intrigue avec de Gazes. Lundi je rappellerai le courrier de Ljondres.

Les affaires d'Espagne sont excellentes. Nous attendons la nouvelle officielle ce matin de notre entrée dans Saragosse.

Tout k vous. [Ch.].

1" mai, 1

An vicomte de Harcellus.

Paris, 5 mai 1S23.

Raison restera, enfin, au bon droit ; après bien des dangers, des outrages et des menaces, nous sortirons avec gloire d'une entreprise qui assure à jamais la dynastie des Bourbons. Mon dernier discours a produit ici un effet prodigieux sur le corps diplomatique, et même sur sir Charles Stuart ; et voilà que Canaing, de son côté, disait enfin de moi quelque chose d'honorable. Il faut profiter de ce moment.

Nos succès vont croissant en Espagne. Tout se soulève ou se rend à notre approche. Mgr le duc d'Angoulême part aujourd'hui même pour Burgos, et sera le 25 à Madrid. Une régence, UD gouvernement provisoire, sera créée à Madrid, reconnue par nous et par toute l'Europe continentale. La Russie, l'Autriche et la Prusse vont faire partir leurs ministres pour l'Espagne, avec notre ambassadeur. Naples et Turin se joindront à nous, Rome renverra son nonce à Madrid. Dans cette position, voici ce que je vous recommande, en agissant avec la plus extrême circonspection.

L'Angleterre va se trouver dans la situation la plus fausse. Son ambassadeur à Séville, geôlier du roi Ferdinand, tandis que

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