‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 121 sur 195 · Fiche communiquée par le baron Spoclberch de Lovcnjoul · texte numérisé non relu

Fiche communiquée par le baron Spoclberch de Lovcnjoul

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rait dans ce momeiit l'Angleterre, et il faut la ménager, pour qu'elle nous aide à délivrer Ferdinand.

2" Si M. Cannin^ vous parle de la nomination du marquis de Talaru, il faut lui dire que le plan de la France et de ses alliés a toujours été d'établir un gouvernement provisoire à Madrid, pour administrer l'Espagne pendant la captivité du Roi ; que les quatre grandes puissances continentales et plusieurs autres petites puissances reconnaîtront ce gouvernement et accréditeront des ministres auprès du dit gouvernement ; que nous espérons bien que l'Angleterre ne se séparera pas de nous, et qu'elle agira pour obtenir la liberté de Ferdinand, ce qui mettra fin à la guerre d'Espagne. Au reste, cette guerre n'existe déjà plus par le fait : toute l'Espagne ne reconnaEt plus les Cortès. Nous avons joué un grand et beau rAle, et nous ne l'avons pas acheté trop cher au prix de quelques injures.

Non ; vous n'êtes pas nommé h Constantinople. Vous êtes jeune et il vous faut encore quelque temps de service, mais une ambassade ne peut pas vous fuir, surtout si je reste ministre des affaires étrangères; et je ne vois pas de probabilité pour que le roi confie le portefeuille à d'autres mains. Si la paix se fait promptement, a je l'espère, je puis être longtemps où je suis ; et il faut r que j'ai un peu acheté ma place.

Je suis désolé du mauvais état de la santé du Roi d'Angleterre : je suis sincèrement attaché à un Pnnce si généreux et si noble.

Tout à vous.

Chateaubrunb.

P. S, Voici une chose importante. Lisez l'article ci-joint et portez le vous-même au D^ Stoddart ; il l'arrangera s'il le veut à sa manière. Mais dites loi que c'est maintenant dans ce sens qu'il faut pousser les choses, et que l'on peut amener promptement la paix, en dirigeant l'opinion anglaise vers le but d'une négociation amicale, pour la délivrance du Roi.

Vous voyez par les journaux et le Moniteur d'aujourd'hui que Corrtipondance de ChaleaubrUmd. T. IV. IS

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nos affaires prospèreat en Espagne. Mina, en Catalogne, n'a plus que quelques (■■-■?] suite. On va investir Barcelone. '

1i15 [Mai 1823.]

Vendredi matin.

Que voulez-vous que je réponde à un billet digne de Charenton ? Je vous croyais une meilleure tête. Croyez-vous à la dépêche télégraphique sur le retour de Mgr le duc d'Angouléme ?

Mina est rentré en Catalogne après avoir passé à [Nipoll] où [NomagosaJ n'avait pas 300 paysans tout nuds et mal armés. Voilà ce grand exploit. Je n'ai qu'un mot à dire à toutes ces folies; la guerre n'est qu'une guerre politique aujourd'hui ; mais

1. Communication de M. de Montbroa, d'après l'original autographe. — Marcellus [Politique de U Re*taurtlioit,p. 2S3-5] donne le texte suivant: Paris,!» mai 1824.

H Je réponds à )a bâte à deux points de votre dépèche n* 94 et de votre lettre particulière.

il 1° La publication des papiers sur l'armement en course blesserait dans ce moment l'Angleterre, et il faut la ménager, pour qu'elle nous aide i délivrer Ferdinand;

• 2° Si M. Canning vous parle de notre ambasasade en Espagne, il faut lui dire que le plan de la France et de ses alliés a toujours été d'établir un gouvernemeat provisoire à Madrid, pour administrer l'Espagne pendant la captivité du roi ; que les quatre puiuancet continentales et plusieurs autres petites puissances reconnaîtront ce gouvernement et accréditeront des ministres auprès dudil goiivernentp.nt. Nous espérons bien que l'Angleterre ne se séparera pas de noua, et qu'elle agira pour obtenir la liberté de Ferdinand, ce qui mettra fin à la guerre d'Espagne. Au reste, cette guerre n'existe déjà plus par le fait : toute l'Espagne ne reconnaît plus les Cortès. Nous avons joué un grand et beau rôle ; et noua ne l'avons pas acheté trop cher au prix de quelques injures.

H Vous êtes destiné h une belle carrière diplomatique, et une ambassade ne peut vous fuir, surtout si je reste ministre des affaires étrangères ; et je ne vois pas de probabilité pour que le roi confie le portefeuille à d'autres mains. Si la paix se fait pnimptement, je puis être longtemps où je suis ; ettlfaut convenir que j'ai un peu acheté ma pbce. C. »

si par les fureurs d'une douzaine de vos amis, elle devait devenir militaire, je la ferais faire à la manière de Buonaparte avec 600 mille hommes ; et dans cette France pleine de gloire et d'honneur, je trouverais à présent un million de soldats fidèles. Mettez vous bien dans la tête que je ne reculerai pas, et que désormais la cocarde blanche vaut l'autre cocarde. Calmez-voua et guérissez-vous. Je suis bien souffrant. •

Au comte de La Ferronays.

Paris, ce 19 mai 1823.

J'attends, Monsieur le Comte, avec la plus vive impatieace le Courier de Pétershourg qui doit apporter au général Pozzo la nouvelle de la nomination d'un ambassadeur Russe auprès du gouvernement provisoire d'Espagne, pendant la captivité du Roi. Nous sommes aujourd'hui au 19 mai ; Mgr le duc d'Aagouléme sera le 24 à Madrid, il sera impossible de faire partir notre ambassadeur plus tôt que le premier juin. Cet ambassadeur est choisi. C'est M. le Marquis de Talaru, pair de France. Vous connaissez la haute considération dont il jouît.

Vous verrez par les journaux qu'il n'est plus question de la guerre d'Espagne : la nation entière s'est déclarée pour nous. Nous marchons par étapes aux cris de vive le Boi, au bruit des cloches, au milieu des réjouissances, et nous n'avons tiré dans toute la campagne que les trois coups de canon de la Bidassoa. Mina reste seul errant dans les montagnes de la Catalogne. Les places fortes où se sont réfugiés les soldats des Cortès sont bloquées par les populations, et ouvriront leurs portes l'une après l'autre dans un temps plus ou moins long, mais qui ne peut

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