Congre* de Vérone
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rien de si aise que de lui présenter la transaction sous le point de vue le plus honorable pour lui. Voici la chaîne du raisonnement.
Le gouvernement anglais a cru devoir ne pas se séparer des Cortès, tant qu'il a cru qu'elles avaient pour elles le vœu de la nation espagnole : Or il est démontré aujourd'hui que l'immense majorité de cette nation rejette la constitution des Cortès. Il est encore prouvé que le Roi ne l'a signée que par force, et qu'il ne laisse échapper aucune occasion de faire connaître ses sentiments aux alliés. Alors, pour qui l'Angleterre se déclarerait-elle ? pour une constitution qui est rejetée du roi et du peuple ? Donc l'Angleterre ayant reconnu par les faits cette vérité, n'est plus obligée d'adhérer aux Cortès ; et comme, d'un autre côté, son intérêt est que la paix règae en Europe et que les Français se retirent de l'Espagne, il est clair qu'elle peut déclarer aux Cortès qu'elle est dans l'impossibilité de les soutenir : elle doit leur dire encore qu'elle ne souffrira pas qu'elles emmènent le Roi hors d'Espagne ou qu'elles le retiennent dans Cadix, ce qui exposerait la paix continentale pour l'intérêt particulier des membres qui composent les Cortès. Quant à ces Cortès, on leur fera un pont d'or pour relftcher le Roi, et on leur accordera les conditions les plus favorables. L'Angleterre jouerait alors un rôle superbe : elle interviendrait pour finir toute cette affaire d'Espagne ; elle obtiendrait la liberté du Roi, et pourrait en même temps stipuler pour les libertés des peuples. Elle viendrait se réunir à Madrid à ses alliés, et ne serait plus seule gardienne, et pour ainsi dire geôlière, d'un Rot captif entre les mains de quelques factieux.
Vos collègues ont dû parler sur ce ton à M. Canning. Sondez le terrain, et voyez ce qu'il yak faire ; je crois que vous trouverez M. Canning favorablement disposé.
M. de Talaru partira le l" juin pour Madrid. Le Duc de San Carlos, que nous avons fait venir de Genève, consent à faire partie de la Régence. Il paraît que l'Infantado et le Duc San Fernando sont à Madrid : ainsi voilà les membres de notre
— DigitzcdCyGOOgle
Ré^Qce à peu près trouvés. C'est une grande et importante chose. La Providence est de toutes parts pour nous.
Vous avez un ambassadeur : c'est le Prince de Polignac. Mais gardez le secret ; il faut que sa nomination ne soit officiellement connue que quand la session parlementaire sera close. Si M. Canning vous en parle, vous pouvez lui dire que vous présumez cette nomination, mais que vous n'en avez aucune certitude oflicielle. Le mieux est de n'en pas parler du tout.
Le général Pozzo a envoyé son secrétaire de légation à Londres. Il est probable que c'est pour négocier avec le gouvernement anglais à peu près dans le sens dont je viens de vous parler. Le général Pozzo et le Baron Vincent m'avaient annoncé leur visite pour ce matin. Ils ne sont pas encore venus et ne viendront peut-être pas. Ils voulaient, je crois, me parler des démarches qu'ils font à Londres.
II paraît que voire famille va vous voir en Angleterre. Je vous en fais mon compliment.
Cbateaubrund. <
i. D'après l'orignal autographe. — Communication de M. de Montbron . — Harcellus (Poliliqae de la Restauration, p. 59-61) donne le teite suivant: « Paris, 22 mai 1S33.
u Tâchez de découvrir les intentions de M. Canning-, s'il en a. 11 paratt certain qu'il voudrait sortir de la position difficile où il s'est placé, et se taèlw diplomatiquement k l'afTaire d'Espagne. D'après des propos échappé» h sir Ch. Sluart, M. Canning pencherait pour entrer en arrangement erec nous et les alliés, si on pouvait sauver son amour-propre. Or, il n'y a rien de si aisé que de lui présenter la transaction sous le point de vue le plus honorable pour lui. Voici la chatne du raisonnement.
w Le gouvernement britannique a pensé ne pas devoir se séparer des Cortës, tant qu'il a cru qu'elles avaient pour elles le vœu de la nation espagnole. Or, il est démontré aujourd'hui que l'immense majorité de cette nation rejette la constitution des Coi-tès. Il est encore prouvé que le roi ne l'a signée que par force, et qu'il ne laisse écliapper aucune occasion de faire connaître h ses alliée ses sentiments à ce sujet. Alors, comment l'Angleterre se déclarerait-elle favorable à une constitution rejetée à la fois du roi et du peuple ? Ces faits une fois reconnus, elle n'a plus de motifs d'adhérer aui Cortès ; et comme, d'un autre côté, son intérêt est que la paix régne en Europe et que les Français se retirent de l'Espagne, il est
im 26 mai 1823
Au vicomte de Harcellus.
Paris, 26 mai 1823.
Je n'ai rien à vous dire aujourd'hui. Nous attendons d'heure en heure la nouvelle de l'entrée à Madrid. Tout va miraculeusement pour nous dans ce pays, mais il ne faut pas se dissimuler que rien n'est fini tant que nous n'avons pas le Roi. Comment l'avoir? C'est là la difUcullé, et c'est en cela que l'Angleterre si elle était sage pourrait avoir une influence immense Sir Henry Wellesley ' m'a parlé sur ce point de la part de Caaning ; mais tout a été vague et sans conclusion. Mon opinion est qu'on n'aura le Roi que par un coup monté à Séville ou à Cadix. Ne pourriezvous trouver à Londres quelques-uns de ces hommes entrepre-
clsir qu'elle peut déclarer aux Cortès qu'elle est dens l'imposHibilité morale de les soutenir: elle doit leur dire encore qu'elle ne soufTrira jamais qu'elles emmènent le roi hors de l'Espagne, ou qu'elles le retiennent en ata|;e dans Cadix, te qui exposerait la paix du continent pour l'intérêt particulier des membres qui composent les Cortès. Quant à ces Cortès, on leur ferait un pont d'or pour relâcher le roi, et on leur accorderait les conditions les plus favorables. L'Angleterre jouerait, dans ce cas, un rôle superbe : elle interviendrait pour finir toute cette alTaire d'Espagne; elle obtiendrait la liberté du roi, et pourrait en même temps stipuler pour la liberté des peuples. Elle viendrait se réunir à Madrid à ses alliés, et ne serait plus seule gardienne, et pour ainsi dire geôlière, d'un roi captif entre les mains de quelques factieux.
<c Vos collègues ont dû parler sur ce ton à M. Canning. Pozzo et M. Vincent ont envoyé, pour le même objet, chacun un secrétaire de légation à Londres. Sondez le terrain et voyez ce qu'il y à faire.
n Le duc de San- Carlo», que nous avons fait venir de Genève; les ducs de VInfaaiado et Siit-Fernàndo, qui sont à Madrid, voilà notre régence à peu près trouvée. C'est une grande et importante chose.
n Vous avez un ambassadeur : c'est Jules de Polignac. Mais gardez le secret; il faut que sa nomination ne soit connue que quand la session parlementaire sera close. Si M. Canning- vous questionne, vous pouvez lui dire que vous présumez cette nomination, mais que vous n'en avez aucune certitude. I.e mieux est de n'en pas parler du tout.
« Je suis désolé du mauvais état de la santé du roi d'Angleterre; je suis sincèrement attachée ce prince si généreux et si noble. C. »