‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 127 sur 195 · Plus tard lord Cowlev · texte numérisé non relu

Plus tard lord Cowlev

nants ai comnmns dans ce pays, qui pourraient l'enlever pour un ou deux millions ? Songez à cela.

J'ai lu l'article ; je le trouve assez bon, il n'a pas osé aller plus loin, et cela me semble assez prudent pour un premier article.

Tout à vous.

Chateaubriand. ^

Au comte de La Ferronays-

Votre lettre et votre dépêche du 5 de ce mois me sont arrivées le 25. Vous aurez vu, Monsieur le Comte, par l'arrivée de M. Billecocq et par les lettres que je vousai écrites depuis par diverses occasions, que j'ai fait précisément ce que vous vouliez et que je vous ai écrit moi-même aussi souvent que cela m'a été possible. Ma dépêche d'aujourd'hui vous instruira des principaux faits. Dans cette lettre particulière je vous dirai des choses plus intimes. Je suis très peu content du cabinet de Vienne. Après avoir agi avec une loyauté peu ordinaire dans les rapports politiques, après avoir adhéré en tout à l'alliance, on a méconnu cette conduite, et pour des soupçons, des craintes, des jalousies, on a

1. D'après l'origioal autographe. — CommuDication de M. de Montbron. — Marcellus [Politiqae de la ReaUuralion, p. 269-70) donne le texte suivant:

« Paris, 36 mai 1823.

<t Je n'ai rien à tous dire aujourd'hui ; il ne faut pas ee le dissimuler, rien n'est Bni tant que nous n'aurons pas le roi. Comment l'aroir? C'est là ta difficulté ; et c'est en cela, je le répète, que l'Angleterre pourrait avoir une inDuence immense. Sir Henry Welleslejr m'a dit quelque chose sur ce point de la part de M. Cenning ; mais tout cela a été vague et sans couclusioa. Mou opinion est qu'on n'aura le roi que par un coup moaté à Séville ou ï Cadix. Ne pourriei-vous trouver à Londres quelques-uns de ces hommes entreprenants si communs dans ce pays, qui l'enlèveraient pour un ou deux millions ? Songez à cela. C. »

retardé la grande mesure de l'envoi des ambassadeurs à Madrid ; mesure qui exécutée & la fois pourrait amener le dénouement subit de cette graveaffaired'Espagne. M. deMetternicba toujours vu des constitutions cachées, des arrière-projets de notre part. On a 4pié les articles de journaux pour découvrir nos desseins secrets ; et par une singulière contradiction autant on a d'abord craint nos revers, autant on a semblé craindre nos succès. J'espère que l'Empereur est trop magnanime pour avoir partagé toutes ces inquiétudes ; en trois mots voilà tout notre plan ; établir â Madrid une régence adminitiralive composée autant que cela se pourra des personnes le plus considérables, telles que l'Infantado,le duc de San Lorenzo, un archevêque [, San Carlos], — reconnaître cette régence el tenir dans cette position jusqu'à la délivrance du Roi. Je vous ai déjà mandé tout cela. Je vous le répète pour mieux vous pénétrer de ce que vous avez à dire. Au reste notre position est bien changée. Noussommes désormais redevenus une nation. Nous avons cent mille hommes qui se battent avec la cocarde blanche et nous devons compter en Europe.

Je suppose que M. Billecocq vous sera arrivé le 6 ou le 7, que vous m'aurez expédié un courrier vers le dix ou le douze, et que ce courrier m'arrivera le 28 ou le 30, c'est-à-dire dans trois ou quatre jours. Puisse-t-il m' apporter la nouvelle de la nomination de l'ambassadeur à Madrid !

Croyez, Monsieur le Comte, à tout mon dévouement. Chateaubriand.

Paris, 26 mai 1823.

Lundi, 8 heures du soir. '

1, Archives de La Ferronays.

A la dnchesBe de Doras.

Lundi, 26 mai 1823.

J'espère. Je meurs de travail et de fatigue. J'ai passé encore

cette nuit, mais j'ai fait quelque chose de si bon, de notre note,

que le Conseil en a senti la valeur. Elle part ce soir. Mais je ne

puis encore aller vous voir ce matin. Pardonnez, et à demain. '

i49$ 26 [mai 1823].

An

Vous avei vu la lettre de L'Abisbal, On prétendait qu'après cette lettre il avait été arrêté par les officiers de son état major et que le chef de cet état major avait écrit à son tour à M^rle dac d'Angouléme. Il n'y a pas un mot de tout cela. L'Abisbal ayant été repoussé par M. le Duc qui n'a pas voulu écouter ses ridicules propositions s'est retiré. La dépêche télégraphique arrivée aujourd'hui annonce que notre avant-garde est entrée à Madrid le 23. Le duc devait y faire son entrée le lendemain 24.

Je ferai ce que vous voudrez pour Ouvrard ; mais je suis accablé de courriers partant et arrivant. ^

Lundi soir S6.

1. Pailhèa La dachette de Duras, p. 239. — CoUatioané sur l'original lutographe.

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