Original autog:raphe. — Collection Chëramy
iW 27maH823.
Au vicomte de Harcellus.
Paris, 27 mai 1823.
Je vous remercie de m'avoir un moment arraché à tout ce farrago de dépêches, et à mon cabinet des boulevards, pour me foire encore une fois promener avec vous dans les Cjclades ; vous dites vrai : la Grèce apparaît toujours comme un de ces cercles éclatants qu'on aperçoit en fermant les yeux... ubi campi ?.,. Quand retrouverai -je les lauriers-roses de l'Eurotas et le thym de l'Hymette ? Là je n'entendais que le bruit des vagues du Pirée vers le tombeau détruit de Thémistocle, et le murmure des lointains souvenirs !!!...
Revenons à l'Archipel. Je ne négligerai rien, je vous jure, pour que votre projet et vos chiffres triomphent des lenteurs nonchalantes, des demi-coacessions et des affirmations négatives des bureaux. Que ne puis-je enrichir ces îles, que nous avons vues, vous et [uoi, si pauvres I Arva beata, diviles et inaulas, comme disait Catulle ; ce profane Catulle, si vrai poëte, que Fénelon a cité, comme je le cite moi-même, dans son admirable lettre à Bossuet sur l'Orient ! Relisez-la, pour oublier un instant les affaires, et même M. Canning,
Château BRiAh'D. '
1. MarcelluB Pof if igue de la Restauration, p. 272-3. — Mtrcellua ajoute ceci, ea note :
« H. de Cbateaubriand, qui gardait copie de presque toutes ses lettres, a remunié celle-ci dans sch Mémoire» d'outre-tombe ; mais la révision et la paraphrase de IS39 lui oot ôté beaucoup de sa primitive simplicité. »
Marcellus fait ici allusion au chapitre des Mémoires d'Oulre-Tombe où Chateaubriand rappelle brièvement son voyage en Orient, et â la page oîi il se demande : " Voudrais- je revoir ces contrées lointaines ? i> [édition Biré, II, 541). Cependant je me demande si ce n'est pas Harcellus qui a composé cette lettre de Chateaubriand d'après les Mémoires eux-mêmes. Ce serait, certes, fort curieux ; mais avec Marcellus, on doit s'attendreà tout.
Au comte de La Ferronnaïs.
Paris, 27 mai 1823.
Le jour même que vos lettres et vos dépêches, monsieur le
- comte, m'arrivèreat par M. de Cussy, qui me les apportait de
Berlin, un courrier de Vienne me remit des dépêches de M. de
Caraman, et une lettre du prince de Metternich. Je reviendrai
bientôt sur vos propres dépêches.
Il y avait deux dépêches de M. de Caraman ; l'iine sur les affaires générales et disant positivement que le prince de Metternich allait envoyer à M. Brunetti des instructions pour Madrid ; l'autre était relative à la réclamation oHicielle de Naples, que l'on r^ardait comme la chose la plus juste, la plus simple, et comme devant être du plus grand secours aux alliés. La première dépêche était remplie d'éloges de la conduite de la France et de choses flatteuses pour moi. La lettre du prince de Metternich contenait les mêmes éloges, particulièrement sur le dernier discours que j'ai prononcé à la chambre des pairs ; le prince Unissait par me dire un petit mot en passant sur l'affaire de Naples, qu'il regardait comme de simple forme.
M. l'ambassadeur de Naples me demanda une conférence avec les représentants des trois cours alliées. Cette conférence eut lieu. Le prince de Castelcicala nous lut une longue note, et exhiba de pleins pouvoirs du roi de Naples, en vertu desquels il était autorisé k se rendre k Madrid pour entrer dans la régence et y sanctionner tout ce qui serait fait par celte régence.
Tout prévenu que j'étais par la première lettre de M. de Caraman, je ne revenais pas de ma surprise. Il m'était presque impossible d'imaginer qu'un vieux roi qui chasse à Vienne au lieu de gouverner ses États, et dont la capitale est occupée par des troupes autrichiennes, vint déclarer que l'Espagne était à lui en cas de mort de la famille royale d'Espagne ; que la France avait CorreMpoadance de Chtteaubriand. T. IV. 16
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fait tant de sacrilîces pour mettre M. le duc d'Angoulême et cent mille soldats français sous le sceptre du prince de Castelcicala. Je me contins cependant. 11 fut convenu qu'on s'assemblerait le lendemain, que chacun ferait une réponse, et que l'on dresserait un protocole de toute l'affaire.
La séance Fut assez vive. Le prince de Castelcicala fut extrêmement aigre, et il alla jusqu'à manifester ouvertement le désir que les trois grandes puissances continentales n'envoyassent pas leurs agents diplomatiques à Madrid. J'avais fait dans la nuit une réponse assez longue, où je démontrais jusqu'à l'évidence non seulement les inconvénients, mais les dangers d'une intervention qui pouvait suspendre une entreprise qui, selon moi, pouvait et devait avoir les plus heureux résultats. M. le baron de Vincent, frappé de la force de ma note, dit qu'elle était d'une nature si grave, qu'il ne pouvait plus, si elle restait telle qu'elle était, faire partir M. Brunetti pour Madrid, et qu'il serait obligé de demander de nouveaux ordres à Vienne. Comme il ne faut pas que les mots arrêtent les choses, je dis à M. le baron de Vincent que je ne mettrais rien du tout au protocole s'il le voulait ; il insista pour que j'y consignasse quelque chose, et, d'accord avec lui et les autres ambassadeurs, je la réduisis aux termes où vous la verrez au protocole ; mais je vous envoie la note originale, dont le général Pozzo m'a demandé aussi une copie. Je ne doute point que l'excellent esprit de l'empereur et de son cabinet ne soit frappé de toutes les impossibilités des prétentions de la cour de ' Naples et des dangers manifestes que ces prétentions nous auraient fait courir si elles nous avaient fait retarder l'envoi de nos ambassadeurs à Madrid.
Et vous remarquerez que je n'ai pas même tout dit dans la noie ; car il n'est pas clair aux yeux des Espagnols que la couronne soit dévolue au roi de Naples si la famille royale d'Espagne venait tout à coup à manquer. 11 n'est pas du tout prouvé par la loi des Espagnes que les femmes n'héritent pas ; et dans ce cas la princesse de Lucques et son fils arrivent avant la branche de
Naples : tout cela est pitoyable. Le prÎDce de Castelcicala m'avait fait l'aveu qu'il avait parlé de cette allaire à l'Angleterre. « Eh bien ! lui dis-je, vous aurez été bien reçu ; car elle doit être ckarmée de tout ce qui pourrait amener des divisions dans l'Alliance. — Non, me répondit-il, car elle veut que ce soit la maison de Bragance qui règne en Espagne ; ainsi elle n'est pas pour notre intervention. » Je contai cela à sir Charles Stuart, qui me dit : « Eh bien ! s'il vous a dit cela de nous, voilà ce qu'il est venu me dire de vous, en nous invitant à l'appuyer. Il faut, m'at-il dit, défranciser cette affaire d'Espagne. » Et c'est le ministre d'un Bourbon qui parle ainsi, quand notre sang coule pour un Bourbon, et que l'héritier de la branche aînée de cette famille s'expose pour la cause de toutes les monarchies de l'Europe aux balles des soldats des Cortès ou au poignard des assassins.
Le bon génie l'a emporté sur celui de la discorde ; un autre petit protocole a été dressé en mênie temps que l'autre ; on y a fixé les bases d'après lesquelles nous envoyons nos agents diplomatiques à Madrid. On n'y a laissé rien de douteux, rien de sujet à contestation; le protocole a été signé parles représentants des quatre grandes cours. En conséquence, le marquis de Talaru est parti ce matin même pour Madrid, et MM. Brunetti et Bulgari partiront à la fin de la semaine. M. de Talaru est nommé ambassadeur auprès du roi Ferdinand, et accrédité comme tel auprès de la régence d'Espagne et des Indes pendant la captivité du roi. Quant à la question de Naples, vous voyez qu'elle est renvoyée à l'époque où nous connaîtrons le sentiment des cabinets de Pétersboui^ et de Berlin ; et je ne doute pas que ce sentiment ne soit conforme à celui que j'ai exprimé au nom du roi dans ma note.
Le malheur des distances, monsieur, est que cette affaire, sur laquelle je vous écris si loi^piement, sera oubliée, ou n'aura plus qu'un faible intérêt lorsque je recevrai votre réponse. Lesévénements auront marché, la scène aura changé ; nous en serons à d'autres combinaisons et d'antres actions. Dans ce moment nous
voilii arrivés au second acte du drame. Si jusqu'ici, au milieu d'une marche militaire, quelques irrégularités ont été commises, si duns des proclamations et des actes il j a eu quelque chose de trop ou quelque chose d'ouhUé, maintenant tout va marcher correctement. Nos agents établis & Madrid agiront de concert d'après les conventions stipulées dans le protocole.
Vous verrez par les journaux que deux colonnes mobiles marchent sur Badajoz et Séville. Nous sommes persuadés que les Ckirtès n'attendront pas nos soldats, et qu'elles emmèneront leur royal prisonnier & Cadix. On dit que l'île de Léon n'est pas en état de défense, et que les Cortès manquent d'une garnison assez nombreuse pour l'occuper. Si Bordesoulle peut s'y jeter, Cadix ne tiendra pas longtemps. Buonaparte n'y put jamais pénétrer, et c'est ce qui l'empêcha de se rendre mattre de Cadix.
Nous envoyons douze mille hommes de réserve à M. le duc d'Angouléme. Il en restait ^ peu près autant dans les dépôts ; de sorte qu'au commencement de juillet l'armée aura reçu un renfort de vingt-quatre à vingt-cinq mille hommes. Nous aurons de plus, si cela est nécessaire, les quarante mille hommes de la conscription. J'ai admiré ce que vous a dit l'empereur sur la nécessité de nous créer une réserve pour alimenter notre armée. Nous sommes persuadés que s'il y a un cabinet en Europe qui se réjouisse de notre résurrection militaire, c'est celui de Saint-Pétersbourg. L'empereur est un prince trop généreux, son pays est trop puissant, pour avoir jamais à craindre de nous voir remonter au rang dont nos malheurs nous avaient fait descendre. Nous redevenons le boulevard naturel de l'Europe contre la puissance de l'Angleterre.
Pour moi, monsieur, je vous avoue que je suis bien Ber, pour ma part, de la petite place que j'ai eue et que j'occupe dans ces grands événements. Je vOus prie de dire à l'empereur combien je suis touché et reconnaissant de sa bienveillance. Dites-lui que je l'en remercie.
Que nous fallait-il? Un gouvernement royaliste à Madrid, tel
C[uel, le meilleor possible, avec lequel nous pussioas combattre, les Certes et parler au nom des Espagnols. Quand les alliés vinrent à Paris, en 1814, ils u'hésitèrent pas à regarder le sénat conune un gouvernement : pourquoi ? Parce qu'il fallait marcher, agir, frapper un coup. Aujourd'hui nous avons à Madrid les pre* miers hommes de l'Espagne, des hommes honorables de toutes les façons, et nous hésiterions à les reconnaître quand ils exposent leur fortune et leur vie ? En vérité, il faudrait ignorer profondément les affaires humaines, ne rien entendre aux révolutions, et ne savoir pas surtout comment un les finit. Vous avez dû recevoir un courrier que la régence envoie à Pétersbourg pour notifier son existence; elle va vous envoyer aussi un ambassadeur. Le duc de San-Carlos est arrivé ici aujourd'hui en cette qualité, et nous allons le reconnaître : le gouvernement des Certes n'existe plus pour doub; et puisque nous avons notre ambassadeur auprès de la régence, il est tout simple qu'elle ail le sien auprès de nous. Nous supposons que l'alliance en fera autant ; cela découle du principe.
Ainsi, monsieur le comte, vous voyez que l'aiTaire de l'Espagne n'est plus qu'une affaire de temps; elle se réduit à ceci : combien de jours Cadix sera-t-il bloqué sans ouvrir ses portes?
Il De peut rien nous arriver dans l'intérieur de l'Espagne ; il n'y a pas trace de résistance un peu sérieuse, et l'arrivée de nos agents diplomatiques va donner un nouvel élan à la nation. L'Angleterre est singulièrement vexée de cette mesure, que j'ai toujours regardée comme décisive ; les journaux anglais font de longs commentaires, et sir Charles Stuart est encore venu ce matin me parler, avec un chagrin mal dissimulé, de cette résolution des Cours. Je lui ai dit eu riant : « Eh ! sir Charles, faites comme nous : reconnaisse la régence, et que Sir William A'Court revienne rejoindre ses amis, et cesse de boire de cette mauvaise eau des citernes de Cadix. »
Vous voyez, monsieur le comte, que je n'épargne pas les lettres. Je me suis aperçu que les dépêches des bureaux ren-
datent mal mes idées. C'est un courrier du général Pozzo qui vous portera ce paquet. Je vous expédierai M.deFontenay dans le courant de la semaine prochaine. J'espère que vous vous accoutumerez à ma mauvaise écriture.
Chateaubriand. *
H99 29 mai 1823.
An vicomte de Harcelliu.
Paris, 29 mai 1823.
Une heure et demie après midi.
Je reçois votre lettre et votre dépêche du 26 et le P. S. du 27 au soir. Nous ne croyons pas ici à toute l'étendue de ces bonnes nouvelles, mais nous croyons que nous touchons au dénoûment. Une chose immense c'est d'avoir trouvé à Madrid Vlnfantado, qui a vu Mgr le duc d'Angouléme, et qui accepte la présidence qu'on va former. La défection d'Abisbal est aussi très-certaine, mais elle n'a pu produire son fruit immédiatement- Nous ne savons que par l'Angleterre ce qui se passe à Séville. En tout, vous pouvez regarder la chose comme à peu près finie. Il dépend de l'Angleterre de mettre un terme à cet à peu près, en réclamant à Séville la liberté du Roi. Son rôle sera encore superbe, mais elle n'a plus qu'un moment à le jouer : car, si elle ne veut pas se mêler de la fin, la (în arrivera sans elle.
Oui, j'aime l'Angleterre et son gouvernement. Je suis prêt à me réunir au Cabinet britannique pour établir la paix et une sage liberté en Espagne. Mais pourquoi ce Cabinet ne connait-il pas mieux ses amis et ses intérêts ? Pourquoi ne profite-t-il pas- du dernier moment qui lui reste pour se réunir aux alliés et empêcher la prolongation de l'agonie de la fraction des Cortès en Espagne?
1. Congre» de Vérone. — Voir, plus loin, page 269, la lettre HiS des 10 et 13 juin 1823.
Qn'il parle à Sëville, qu'il dise un mot ferme, et Ferdinand revient à Madrid, et tout est fini.
Je vous envoie copie de la dépêche tëlégrapliic|ae que je reçois à l'instant : donneï-la à Stoddart.
Tout à vous.
CliATEAUBniAND. *
liSO [Fin mai 1823.]
& Madame Récamier.
Dimanche matin.
' J'ai écrit ce matin pour votre reine. Le conseil qui a lieu le mardi est avancé d'un jour et aura lieu demain lundi. C'est deux jours sans vous voir, en comptant celui-ci; c'est hien long! Demain je vous écrirai et surtout parce qu'hier tous étiez un peu
1. D'après l'origioal autographe. — Commuaication de M. de Montbroa. — H arcellua (Poiififue de la Rettauration, p. 276-7) donne le texte sui-
<< Paria, 29 mai 1823.
H Je reçois votre lettre du 27 au soir. Nous ne croyons pas ici k toute l'étendue de ces bonnes nouvelles, que nous ne savons encore que par Londres. Mais, comme vous, nous croyons que nous touchons au dénoûment. Une chose excellente, c'est d'avoir trouvé à Madrid VInfanlado, qui a vu monsei){neur le duc d'AngouIéme, et qui accepte la présidence de la régence qu'on va former. La défection d'Abisbal est aussi très-certaine; mais elle n'a pu produire son fruit immédiatement. En tout, vous pouvex regarder la chose comme à peu prèg finie. Il dépend de l'Angleterre de mettre un terme à cet à peu prêt, en réclamant à Séville la liberté du roi. Son rôle sera encore superbe ; mais elle n'a plus qu'un moment pour le jouer: car, si elle ne veut pas se mêler de la fin, la fin arrivera sans elle.
« Oui, j'aime l'Angleterre et son gouvernement. Je suis prêt i me réunir au cabinet britannique pour établir la paix et une sage liberté en Espagne. Mais pourquoi ce cabinet ne connaît-il pas mieux aes intérêts et ses amis? Pourquoi ne proBte-t-il pas du dernier moment qui lui reste pour couper court à cette agonie de U Faction des Cortëa en Espagne ? Qu'il parle h Séville; et, sur un mot ferme, Ferdinand revient dans sa capitale et tout est fini. C. i>
en train d'être triste. Je ne souhaite qae votre joie et tons les biens : ceux que j'ai et ceux que je n'ai pas [ '
An comte de La Ferronays.
Paris, ce 31 mai 1823.
Vous verrez. Monsieur le Comte, par les journaux cî-inclus, que nous avons fait de grands progrès, même depuis la dépêche que je vous ai envoyée par courrier extraordinaire le de ce
mois.
Mgr le duc d'Angouléme est entré à Madrid : une régence a été nommée par les conseils de Castille et des Iodes, qui sont les deux grandes autorités légales pour l'Espagne et l'Amérique. Les choix sont excellents; les cinq membres sont : le duc de l'infantado, président du conseil de Castille ; le duc de Montemar, président du conseil des Indes ; Tévêque d'Ossuna, prélat plein de lumières et de vertus ; le baron [d'Eroles] membre de l'ancienne régence d'Urgel et qui représente toutes les armées royaLstes espagnoles dans la Régence ; et M. Calderon, ancien secrétaire du conseil des Indes, et membre de la junte provisoire qui a accompagné Mgr le duc d'Angouléme à Madrid.
Cette régence n'est que purement administrative, et ne veut pas être autre chose. Elle va nommer des ministres, et l'Espagne va retrouver tout à coup un gouvernement avec lequel tout pourra marcher.
' Le Marquis de Talaru, nommé ambassadeur de France auprès du roi Ferdinand, et accrédité comme tel auprès de la Régence pendant la captivité du Roi, partira lundi prochain 2 juin pour 'se rendre à son poste à Madrid.
Ainsi, Monsieur le Comte, nous accomplissons religieusement tout ce que nous avons promis. Mais il est bien malheureux que
t. Soueenirt... Rêeamier, t. II, p. 21.
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des lenteurs, que je ne m'explique pas, aient retardé la nomination des ambassadeurs des cours alliées auprès de la Régence à Madrid. Si on avait pu arriver en même temps comme je l'espérais, la nomination de la Régence et le départ des ambassadeurs de l'Alliance pour résider auprès de cette Régence, l'effet eût été tel que Ferdinand eût peut-être été mis, avant quinze jours, en liberté, même par l'Angleterre. Je ne doute pas que les cours alliées n'envoient à Madrid leurs agents diplomatiques ; mais ils arriveront successivement ; mais nous aurons commencé par être seuls; or ce n'est plus cela. Il y a en politique, comme à la guerre, des moments, des circonstances qui font tout le succès, quand on sait en profiter. J'aurais retardé le départ du Marquis de Talaru si cela m'eût été possible, mais l'Infantado a déclaré qu'il n'acceptait la présidence de la Régence que sur l'assurance que notre ambassadeur et ceux des puissances alliées se rendraient immédiatement à Madrid. Le duc de l'Infantado est un trop grand personnage, et son nom en tête d'une Régence est d'un trop grand poids en Europe, pour ne pas lui rendre à l'instant confiance pour confiance.
Au reste, Monsieur le Comte, votre courrier, que j'attends à chaque moment, m'apportera sans doute l'agréable nouvelle de la nomination du ministre russe à Madrid. La Prusse a déjà désigné le sien, c'est M. [ ]. M. Brunettt est ici il
moitié nommé et attendant ses derniers ordres de Vienne. Avec de la patience et du temps on vient à bout de tout. Quoique un événement puisse tout à coup délivrer le roi Ferdinand et finir l'affaire, il faut toujours agir comme si elle devait être plus longue, et suivre un plan et une marche uniforme et déterminée. Le ciel jusqu'ici a fait des miracles, mais les miracles peuvent s arrêter et les moyens humains doivent prendre leur place.
Je ne néglige. Monsieur le Comte, aucune occasion de vous écrire. Je profite aujourd'hui d'un courrier qui part pour Berlin et, de Berlin... '
I, Archives de La FerroDaya.
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ifSS 31 mai 1S23.
Aa marqois de la MaUonlort.
NMO
Paris, 31 mai 1823.
Circulaire relative à l'entrée de M"^ le Duc d'Angouléme k Madrid.
Commence par ces mots :
<< L'entrée de M^r. le Duc d'Angouléme à Madrid était vivement désirée par les habitants.. .
Et se termine ainsi :
... « pour établir une régence avec laquelle il pût concerter les moyens de rendre au Roi sa liberté et de sauver l'Etat. » *
im [Juin 1823.]
A Madame de Costine.
Je vous répondrais bien sur votre M. de Tripoli, si je me souvenais de quoi il est question. Dites toujours que je ferai tout ce que je pourrai, et cela est vrai, puisque c'est vous qui demandez ou plutôt qui ordonnez. Me voilà un peu débarrassé. Attendezvous & ma visite.
Jeudi matin.
Madame de Cuaiine. '