‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 135 sur 195 · Chédieude Robethoa op. cit., p · texte numérisé non relu

Chédieude Robethoa op. cit., p

1158 5 jnlD 1823.

Au vicomte de HarcelluB.

Paris, 5 juin 1S23.

Depuis ma dernière lettre, il m'eat arrivé un courrier de Pétersboui^ et un autre de Vienne, qui ont changé la face des choses. Le prince Mettemich m'écrit de sa propre main une lettre pleine d'obligeance et de reconnaissance pour ce que j'ai fait. Il parle & peine du roi de Naples et m'annonce qu'il a envoyé à Madrid un agent diplomatique ; c'est M. Brunetti. De la part de la Russie, même bienveillance. L'empereur me comble de bonté, et Pozzo reste libre d'aller lui-même à Madrid, ou d'y envoyer M. Bulgari qui serait bientôt suivi d'un ambassadeur. Ainsi voilà les affaires bien arrangées, et Castelcicala et Metternich ont renoncé eux-mêmes à une petite intrigue qui nous aurait pu faire bien du mal. Gardez le secret sur tout cela, dites seulement que je suis très content et que j 'ai reçu les meilleures lettres et les plus flatteuses de Pétersboui^, Vienne et Berlin.

Est-il vrai qu'un banquier, M. Cocke, ait prêté deux *ceats millions aux Certes ? Cela paraît de la démence. T&chez de savoir le fond de cette affaire.

Les journaux vous disent tout sur l'Espagne. Bordesoulle a dû se mettre en marche sur Séville le 2 de ce mois. Il y arrivera le 17, et alors que sera devenu le Roi ? Ne parlez point de ce mouvement parce qu'il est possible que quelque chose le contrarie.

M. de Talaru part après-demain. Le Moniteur d'aujourd'hui porte l'ordonnance pour la vente des vingt-trois millions de rente. N'est-ce pas prodigieux de nous voir, au milieu d'une guerre, nous débarrasser de nos dettes, et nettoyer le trésor du papier qui l'encombrait et qui nous mettait dans la position la plus critique pour nos Gnances. Ce coup hardi ne peut avoir que le meilleur effet sur l'esprit public, et donner une immense

idée de notre crédit, de notre résolution et de nos ressources. Mes lettres de Madrid de ce matin m'annoncent que les Cortès ont tenu une séance secrète et que la motion d'emmener le Roi aux Canaries a été repoussée à la majorité de huit voix. A la suite de cette séance, une trentaine de membres des Cortès a disparu.

Chateaubrund '.

11S9 5 juin 1823.

A Madame de Giutme.

n m'est survenu des convives, et j'ai été obligé d'ajourner les sangsues. Je suis toujours très souffrant. J'arrangerai l'affaire

I. D'après l'original autographe. — Communication de H. deMontbron. — MarcelluH {Poïitiqae de la RetUaralion, p. 265^1 donne le teste sui-

<' Paria, S juin 1823.

<i Depuis ma dernière lettre, il m'est arrivé un courrier de Pétersbouig, et un autre de Vienne. Le prince Metternich m'écrit, de sa propre main, une lettre toul« obligeante et pleine de reconnaissance pour ce que j'ai fait. 11 parle à peine du roi de Naples, et m'annonce qu'il a envoyé b Madrid un agent diplomatique; c'est H. firuoetli. — De la part de la Ituaaie, même concours. L'empereur me comble personnellement de bontés, et Pouo reste libre d'aller lui-même b Madrid, ou d'y envoyer M. Bulgari, qui serait bientôt suivi d'un ambassadeur. Ainsi voilb les affaires bien arrangéea. Castelcicala et Metternich ont renoncé d'eui-mémea i une pelile intrigue qui nous aurait pu Caire bien du mal. Gardeï encore le secret sur tout cela,

H Bat-il vrai qu'un banquier, M. Coke, ait prêté deux cents millions aux Cortès ? Cela parait de la démence. Tâchez de savoir le fond de cette

« Bordesoulle a dû se mettre en marche sur Séville le 2 de ce mois. Il y arrivera le 17, et alors que sera devenu le roiîNe parlez pas de ce mouvement, parce qu'il est possible que quelque chose le contrarie.

H Le Moniteur d'aujourd'hui contient l'ordonnance pour la vente de nOB vingt-trois millions de rente. N'est-ce pas prodigieux de noua voir, au milieu d'une guerre, nous débarrasser de nos dettes, et nettoyer le trésor du papier qui l'encombrait. Ce coup hardi ne peut avoir que le meilleur effet sur l'esprit public, et donner une idée juste et honorable de notre crédit, de notre réaolution et de noa r

d'Astolphe. Je le plains et je vous plains. Je verraf si je pais faire quelque chose pour Monsieur de Constantinople. A vous!

Madame de Custine. <

H-40 ■ 6juin[1823].

A Madame Récamier.

6 juin.

Encore conseil ! les affaires me tueront, surtout si je suis lon^mps sans vous voir, mais lundi sera le jour de ma délivrance. Denuin pourtant, dût l'Europe aller au fond de l'eau, je vous verrai. A vous ! à vous ! ^

1144 6 juin 1823.

An marquis de La Tour du Pin.

Paris, le 6 juin 1823.

Je vous dois depuis lon^emps une réponse, monsieur le Marquis. Je vous demande mille pardons d'avoir été dans l'impossibilité de vous écrire plutôt. J'aurais bien désiré placer, comme vous le vouliez, M. de Montcalm ; malheureusement le département est encombré de jeunes gens qui tous ont des droits et qui ne peuvent passer que chacun à leur tour quand les emplois viennent & vaquer. Je n'oublierai point M, de Montcalm et je saisirai la première occasion de lui être utile. Monsieur d'Aspremont, neveu de madame la Vicomtesse d'Agoult, que j'ai l'honneur de vous envoyer, est un jeune homme fort distingué et fort

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