Souvenir*... Bécimier, t. Il, p
instruit. M. [Rouen] pourra quitter Turin quand il aura mis mo^ sieur d'Aspremont au fait du Secrétariat, et alors monsieur de Marcieu ii'a le remplacer .
Vous devez déjè, Monsieur le Marquis, vous ressentir k Turib de nos succès en Espagne. C'est une bonne chose que d'être fort, on aperçoit en vous toutes sortes de qualités qu'on n'y voyait pas auparavant. S'il y a quelque pays au monde qui doive se réjouir de nous voir reprendre notre rang militaire en Eurdpe, c'est sans doute l'Italie. Je ne suis pas étonné qu'on ait retraor ché des bulletins le nom du Prince de Carignan : Il y enia une double raison facile b trouver.
Nous sommes devant Cadix, et demain il n'y aura que froik mois, juste, que Jious avons passé la Bidassoa . Deux révolutions détruites, la cocarde tricolore désenchantée, une armée retrouvée pour les Bourbons, ce n'est pas trop mal en trois mois. Ferdinand tAt ou tard sera délivré, et les conséquences dé cette guerre, pour la France, sont incalculables.
Présentez je vous prie, Monsieur le Marquis, mes respectueux hommages à Madame de la Tour du Pin, et recevez la nouvelle assurance de mon dévouement et de ma haute considération. Chateaubriand.
Si vous en trouvez l'occasion, mettez, je vous prie, mon profond respect aux pieds du Roi et de la Reine, et rappelez-moi âii souvenir de M. de la Tour. '
1U9 6 juin 1823.
A Villèle.
Vendredi matin, 6juin 1823.
'Je désire bien, mon cher ami, me tromper, et que tout ce que
je prévois n'arrive pas; mais je ne puis m' empêcher de vous
1. D'après l'original autographo. — Archives du marquis de la Tour du
répéter que le bAton de maréchal doaaé dans ce moment à Lauriston paraît une mesure (iaugereuse et Impolitiqne. Songez à cette armée qui fait la première campagne sous la cocarde ^blanche '/songez à ce que vont dire les journaux; comme ils vont souiller le feu et fomenter les divisions ! Que le roi se prononce ; qu'il dise : i< Je ne disposerai du bâton de maréchal qu'i la paix n, et il évitera toutes les impoi-tunités. J'aime Lauriston et lai souhaite le bâton de maréchal ; mais pourquoi le lui donnerait-on pendant la guerre qu'il ne fait pas ? Pourquoi ôteraïton aux généraux qui sont aujourd'hui aux drapeaux et qui peuvent mériter cette première dignité militaire l'espoir de l'obtenir par quelque éminent service? Si, par exemple, un général -délivrait Ferdinand, que feriez-vous pour lui ? Mon cher ami, réfléchissez-y bien : hier, j'ai trouvé le Conseil mou et peu sensible à une cause qui peut avoir les conséquences les plus funestes. Je sais que je ne fais pas ma cour en parlant ainsi au Roi et que ce n'est pas comme cela qu'on obtient la faveur des princes ;mais il s'agit peut-être de la sûreté du trône et des succès de l'armée : -il' faut savoir dire la vérité. Je vous conjure de penser sérieusement à cela avant de prendre sur votre responsabilité la nomination qui vous paraît inévitable : il est possible que je me grossisse les objets et que je m'exagère les inconvénients ; je ne le crois .pas et je vous devais ce dernier avertissement de l'amitié. Tout à vous.
Chatbachbiand. I
H43 8 juin 1823.
An marquis de Garaman.
Paris, le 8 juin 1823.
; Le courrier de M,, le baron de Vincent m'a apporté, monsieur le marquis, vos lettres et vos dépêches des 23 et 25 mai. Je vous