Archives de Villèle
prie de remercier de ma part M. le prince de Mettemich de toates les choses oblif^ntes qu'il veut bien me dire. J'aurai l'honneur de répondre demain à. sa lettre, par le courrier que compte expédier à Vienne le prince de Castelcicala.
Nous avons traité ici, dans des conférences longues et sérieuses, la proposition de S. M. le roi des Deux-Siciles. Vous verrez, par le protocole dont je joins ici la copie, ce qui a été décidé, et les notes auxquelles la discussion a donné lieu. J'avais fait la . mienne beaucoup plus longue. J'avais exposé les inconvénients sans nombre que le gouvernement français voit dans la proposition de Naples. J'avais démontré qu'en admettant un régent, ou le délégué d'un régeut, ayant droit de sanc/ionner, c'était admettre on touverain. Que ce souverain aurait, par la conséquence de sa souveraineté, le droit de faire des lois, et que TAlliance ne voulait pas surtout qu'on pût faire des lois dans l'absence de Ferdinand. J'avais prouvé qu'un incident, qui retarde l'envoi des agents diplomatiques à Madrid, met en péril l'entreprise si heureusement commencée, peut changer les chances de la guerre, faire rompre à l'Angleterre sa neutralité, toujours douteuse, etc., etc.
M. le baron de Vincent m'a fait observer que plus j'insisterais sur les diHîcultés, plus il serait embarrassé dans sa conduite avant d'avoir pris les ordres de sa cour. Je n'ai pas hésité, pour ne rien faire qui ne Mt agrénble h M. le prince de Mettemich, de retrancher de ma note tout ce que M. l'ambassadeur de Vienne a voulu, et je l'ai réduite au point où vous la verrez, c'est-à-dire que la France n'a pas, pour l'avenir, préjugé la question.
Il a fallu ensuite r^ler le départ des agents diplomatiques pour Madrid. Nous avons établi les points principaux de la direction qui doit être suivie par les envoyés des alliés, d'une manière qui doit pleinement satisfaire la cour de Vienne. Cependant M.- le baron de Vincent m'a dit que M. Brunetti allait partir pour Madrid, mais qu'il ne pourrait l'accréditer auprès de la Régence que quand il aurait reçu le pouvoir du cabinet autrichien. Je suis persuadé que M. le prince de Mettemich ne verra aucune raison
pour retarder l'ordre qui donnera à M. Bronetlî le droit de déployer son caractère auprès de la Régence.
Les nouvelles de l'Espagne continuent à être très-bonnes, oa plutôt il n'y a point de nouTelles, car la guerre n'existe plus. Oa ignoré encore si les Certes ont pu amener le roi b Cadix ou k Badajoz. Nous marchons sur ces deux villes.
Recevez, etc., etc., etc.
Chatra.i;bbu.i(d.
P.-S. Mes lettres de Madrid, que je reçois à l'instant, en date du 5, portent que lesCortès voulaient partir le 4 de ce mois avec le roi pour Cadix ; que la ville veut bien recevoir le roi, mais refuse d'admettre les Cortès. — Molitor doit être à Valence aujourd'hui même.
Le corps de réserve que le nouveau maréchal va mener eo Espagne est de douze mille hommes. Il servira à faire la chaîne entre nos postes. <
•iU4 9 juin 1823.
Au marquis de Talaru.
Paris, le 9 juin 1823.
Monsieur le Marquis,
J'ai l'honneur de vous envoyer la réponse du Roi à la Régence. Vous voudrez bien la remettre à M. Saez avec la lettre que je lui ai adressée en réponse à la sienne. Le Roi apprendra avec grand plaisir votre arrivée et votre installation à Madrid, ou vous paraissez avoir été précédé par M. le Chargé d'aJTaires d'Autriche.
Les nouvelles de la contre- révolution portugaise sont pleinement confirmées.
i . Congre» de Vérone.
Il paraît que l'Angleterre retirera son ministre d'auprès des Cortès ; elle enverra un vaisseau de ligne dans la baie de Cadix pour prendre à son bord Sir William A'Court et sa famille.
J'ai l'honneur, etc.
P. -S. — Vous trouverez ci-joint la copie de la réponse du Rtn à la Régence. *
^145 9 juin 1S23.
Au baron de Rayneval.
Paris, ce 9 juin 4823.
Je donne ce biUèt au courrier espagnol qui porte à Berlin et PétersbouTij les communications et notifications officielles de la Régence d'Espagne. Naples est intervenue dans cette affaire, et elle a pensé occasionner un retard bien préjudiciable aux intérêts de l'Alliance. Tout est arrangé. Envoyez vite le ministre de Prusse à Madrid. Nous marchons sur Séville et sur Badajoz, Tout va bien. J'ai reçu vos lettres et vos dépêches du 29 mai : je vous expédierai un courrier dans quelques jours.
CHATEAtlDRlAND. '^