Minute aux Affaires étrangères, Autriche 404, f
3. Marcellus Polilique de la Betlauration , p. 306. Je ne puis pas croire que celte lettre, où Chateaubriand parle ai maladroitement — car enfiu il est ministre — de son ouvrage de ta Monarchie selon la Charte, qui avait tant déplu a Louis XV1I1, ne soit pas un roman de Marcellus.
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«7/ 23 juin 1823.
Au général Guilleminot.
Paris, ce25juiD 1823.
Comme nous avons été persuadés dès longtemps l'un et l'autre que les Cortès se réfugieraient à Cadix, l'événement ne nous aura pas pris au dépourvu. J'ai obtenu de nouveaux renseignements et recueilli de nouvelles idées, dont je dois vous faire part.
Bien décidément, général, les Cortès ne paraissent pas avoir assez de troupes pour occuper à la fois Cadix et tous les ouvrages militaires de l'île de Léon. On dit toujours qu'il est possible de pénétrer dans l'île par mer ; on assure qu'en payant bien les mariniers de la côte, vous aurez toutes les embarcations à votre service. On assure de plus que la marine militaire espagnole est toute royaliste, et que s'il y a quelques vaisseaux de guerre espagnols dans la baie de Cadix, il sera aisé d'avoir à vous les capitaÏBes. Si vous pouvez parvenir à jeter des bombes dans Cadix, bientôt tout sera à vous. Vous n'êtes pas sans doute effrayé de cette sotte idée qu'une bombe peut atteindre le roi. J'espère qu'il ne lui arrivera aucun malheur; mais, après tout, il s'agit de la royauté; un roi n'est qu'un général en temps de guerre, il doit payer de sa personne ; et l'on ne consent à mourir pour lui qu'ft condition qu'il saura mourir pour le bien de ses sujets quand il le faut ; avec des craintes et des pusillanimités, on arrête tout.
La plus grande partie du succès dépendra de notre marine. J'ai obtenu hier qu'on envoyât deux vaisseaux de plus. Soyez certain que vous ne pouvez rien obtenir que par un coup de violence, que la rapidité et l'audace peuvent seules faire tout votre succès.
Persuadons-Qous bien que tout est maintenant dans Cadix ; quertoutes nos pensées, tous nos efforts doivent tendre à ce point ; que toute la question est réduite à la prise ou à la reddition de cette dernière retraite des comaneros. S'ils échappaient par mer, cela est possible, mais c'est un événement hors de notre puissance ;
alors comme alors : la question ne serait plus que politique et diplomatique. On verrait que faire en Espagne et de l'Espagne. En attendant, notre métier est d'aller de l'avant.
Je vois qu'on dit à Bordesoulle d'aller doucement, et cela me dësole ; c'est d'aller vite qu'il s'agit à présent : vous connaissez dans les affaires décisives le prix d'un moment perdu. Il faut arriver brusquement devant Cadix, avant que ces gens-lb aient eu le temps de regarder autour d'eux, de se remettre de leur terreur. Tout peut être emporté en un tour de main si l'on va vite, et durer six mois si l'on tergiverse. Votre gloire, général, et votre avenir sont là, songez-y bien. Je pense que Molitor, avec une partie de son corps, suivra Ballesteros : il ne faut pas que celui-ci puisse nous inquiéter sur nos denières en Andalou- .sie. Le refus qu'a Fait sir William A'Court de suivre le roi k Cadix est une chose immense pour nos intérêts. Ne croyez pas que cela soit un jeu. Les Anglais ne sont pas amis ; mais il ne faut pas les voir partout, et supposer des finesses politiques là où il n'y a que des faits simples. Sir William A'Court n'avait pas de pouvoir pour reconnaître une république ; il a dû s'arrêter pour en demander à sa cour : c'est ce qu'aurait fait tout ambassadeur.
Voyez dans ces longues lettres, général, la preuve de mon zèle pour le service du roi, de mon attacbement pour vous, et aussi de mon intérêt dans une entreprise dont j'ai été le premier moteur afin de nous sauver d''une nouvelle révolution et de donner une fidèle et vaillante armée aux Bourbons. Notre position est entièrement changée en Europe, et je suis fier, comme Français, de voir avec quelle dignité et quelle considération la France a repris son rang parmi les grandes puissances. Applaudissezvous d'avoir contribué à relever votre patrie. Tout & vous.
Chateaubriand.
J'apprends que Bordesoulle s'est porté directement sur Cadix. Dieu soit loué ! '