‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 168 sur 195 · Original autographe : Pailhès Da nouveau t · texte numérisé non relu

Original autographe : Pailhès Da nouveau t

•Jouberl...,p. 402.

flatterait ea vain pour le convertir. L'antour-propre blessé ne se repent jamais, ne revient jamais, ne pardonne jamais, quand il n'est pas combattu dans une âme élevée par des sentiments nobles et un peuchant généreux aux sacrifices. M. Canning n'a rien de cela: bomme de talent, d'instruction et d'esprit, il n'a rien de grand, ni de sincère, et son ambition dominera toujours ses principes.

La démarcbe de l' Autriche ne peut avoir aucun succès. J'en ai jugé ainsi dès les premiers moments. C'est une nouvelle intrigue du prince Metternich, qui cherche tous les moyens de nous ôter les résultats de l'affaire d'Espagne, et de se substituer à nous, en amenant sur le tapis les prétentions de Naples ou les négociations de l'Angleterre. Il n'y a sorte de tracasseries que M. Brunetti ne nous fasse à Madrid.

Voici ma dernière recommandation d'affaires :

L'Angleterre envoie dans la haïe de Cadix une frégate et un vaisseau ou deux frégates, ou peut-être davantage. Il faut pourtant que M. Canning sache qu'une pareille mesure n'est pas amicale. Que feront ces vaisseaux devant Cadix ? ou ils forceront le blocus et il y a hostilité, car vous pouvez être sûr que tant que je serai dans le Ministère, je ne lai.sserai point insulter le pavillon français et j'opinerai pour qu'on repousse la force par la force; ou les vaisseaux ne feront rien, mais alors il est évident que la seule vue des vaisseaux anglais encouragera les Cortès à la résistance et prolongera la captivité du roi Ferdinand. Est-ce là de la neutralité ? Voyez ce que vous pouvez dire confidentiellement et en lieux communs de conversation à M. Canning. Causez aussi de cette affaire avec M. de Polignac qui arrive aujourd'hui même à Londres. Dites-lui que j'ai reçu sa lettre de Calais et que j'attends sa première dépêche pour lui écrire.

J'avais oublié que l'affaire du linge était terminée. Il ne me

reste qu'à vous recommander la voiture, la batterie de cuisine et

enfin tout ce qui m'appartient eiteore dans l'hôtel. Vendez tout.

J'ai grand besoin d'ai^nt au milieu des millions que je vois semer

CorretpondancB de ChatetabrUiid. T. IV. !3

autour de moi. Vous m'expliquerez ce que vous voulez, quaad VOU8 serez ici.

Tout à vous, et farewell.

Chateaubriand.

Je reçois le discours du roi par M. Rothschild: il est bien parce qu'il ne dit rien du tout. *

iS07 22 [juillet 1823].

A la duchesse de Duras.

Mardi matin, 22.

Henri ^, toujours discret, ne m'avait pas dit qu'il allait trois fois par semaine coucher à Andilly, et vous n'envoyiez pas chez moi tous les jours à cinq heures, comme cela était convenu : je ne pouvais donc vous écrire. Les nouvelles sont assez bonnes aujourd'hui : on espère pour Cadix. Je ne vous parle que de Cadix, car le reste n'est rien. Les espérances ne sont fondées sur aucun fait important, mais sur une multitude de petits faits qui prouvent que Cadix ne tiendra pas longtemps.

J'irai vous voir la semaine prochaine, et puis viendra le grand jour de la délivrance de Ferdinand. Soignez-vous bien, et surtout ne vous livrez pas h toutes vos folles tristesses, Travaillez ; faites un nouveau Moine ^ : votre tête vous laissera en repos. *

t. Communication de M. de Montbran.

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