‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 170 sur 195 · Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Congrès de Vérone

2. Pailhès La daekeue de Dura», p. 242. — Collationné sur l'original autographe.

3. Parmi lesquels on doit compter le prince de Castelcicala, ambassadeur de S. M. le roi des Deui-SicÛes {cf. Affaires étrangères, Naples, 146, (• 102).

que les droits de la guerre et des nations étaient assez connus, et que la conduite loyale de la France serait assez appréciée, pour qu'on ne cherchât pas à forcer les blocus formés, et à ravitailler les places assiégées par les forces de terre et de mer de Sa Majesté Très Chrétienne,

L'expérience a démontré au gouvernement français qu'il s'était trompé; tous les jours, des bâtimens, sous différens pavillons, essayent d'introduire des vivres et des munitions dans les ports de Cadix, de Barcelone, de Santonna et de Saint-Sébastïen. Plusieurs de ces bâtimens, surtout à Cadix, ont été arrêtés par les vaisseaux du roi. Leurs cai^aisons ont été mises en dépôt.

Le Gouvernement de Sa Majesté, désirant qu'à l'avenir les sujets des puissances neutres ne s'exposent plus à cet inconvénient en dirigeant des expéditions commerciales sur les ports bloqués, se voit forcé de déclarer le blocus effectif des ports de Cadix, Barcelone, Santonna et Saint -Sébastien. Je vous prie, Monsieur l'Ambassadeur, de vouloir bien l'annoncer à votre gouvernement, et lui faire connaître que, conformément aux principes du droit maritime, les bâtimens, de quelque nation qu'ils soient, qui tenteraient de s'inti-oduire dans les ports ci-dessus désignés, seront arrêtés par les forces de Sa Majesté, et pourront encourir la confiscation.

Le Gouvernement du Roi espère que la mesure qu'il a dû prendre sera de peu de durée, et que bientôt les places bloquées pourront de nouveau s'ouvrir au commerce de tous les états.

J'ai l'honneur d'être, etc.

CHATBAUBBtAnn.

Paris, le 25 juillet 1823. ^

1. Minute aux AITaires étrangères, Naples, 148, f- 102. — Le Moniteur umncrie^ 26 juillet 1823 (PartieofGcielle). ~ Le Drapeau Â/anc, 37 juillet 1823. — Louis Thomas Lettre» inédite» de Ckaleaabriand {Mercure de France, septembre 1904).

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i^li 26 juillet 1823.

Aux ambaBsadeurs et ministres de Sa Majesté près des paissances maritimes.

26 juillet 1823.

Monsieur, j'ai l'honneur de vous prévenir que, pour compléter la mesure dont je vous ai donné coonaissance dans ma lettre d'hier, le Gouvernement du Roi s'est déterminé à déclarer en état de blocus effectif les ports du Ferrol et de la Corc^ne.

Je viens de l'annoncer circulaîrement aux ministres des puissances maritimes.

Recevez, etc., etc., etc.'

1Î13 26 juillet [1823].

An comte de la Ferronaya.

Paris, ce 26 juillet.

Je n'ai rien. Monsieur le Comte, à vous mander de mon courrier aujourd'hui. Vous savez que selon l'axiome populaire, c'est \&guerre qui est difficile à écorviller. Nous sommes devant Cadix, réunissant tous nos moyens d'attaque par terre et surtout par mer ;nous serons complètement prêts à la fin du mois. Les révolutionnaires sont plusieurs fois entrés en pourparlers : mais tantôt ils sont de mauvaise fol, tantôt ils ont des prétentions comme pouvoirs que la France et l'Alliance n'admettront jamais. Mon opinion est qu'on ne les aura que par la force ou par la famine ; et dans le repaire où ils sont acculés, ils peuvent se maintenir, quelque temps, mais nous les aurons, ce n'est qu'un

1. Le Moniteur antoersel, 27 juillet 1823 (Partie ofTicielle). — Le Drapeau blanCy 2S juillet IR23. — Louis Thomas Lettres inéiiiteê de Chateaubriand (Mei-cure de France, septembre 1904).

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peu plus de temps, d'argent et d'hommes. Je vous l'ai dit déjà : je ae puis vous assigner le moment, le jour, le mois. Mais le Roi est bien décidé à ne poser les armes que quand la Révolution sera finie et Ferdinand rendu à la liberté.

Votre lettre du 3 que j'ai reçue hier, Monsieur le Comte, m'apprend qu'on a jugé à Péteraboiu^ comme à Paris l'afTaire napolitaine. J'ai reconnu là la sagacité ordinaire de l'Empereur. C'est donc une chose Unie, nous n'en parlerons plus. Elle mourra sans iH^t ; et cela n'altéreraen rien les dispositions bienveillantes que le gouvernement français se fait un devoir de maintenir avec tous les cabinets de l'Europe.

Nos représentants à Madrid marchent dans un accord parfait. Les conférences sont établies; et quand quelques difUcultés se présentent, ils s'en rapportent à nous à Paris. La Régence marche aussi bien qu'elle le peut au milieu de tous les obstacles dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre. En dernier résultat, les succès sont immenses et les conséquences en seront d'une importance incalculable pour l'Europe; et il faut toujours se souvenir qu'au moment où je vous écris, il n'y a que cent huit jours que nous avons passé la Bidassoa.

La lettre ci-incluse dont je vous envoie copie vous fera bien connaître la vérité, maïs ne vous dira pas tout. Il n'y a sorte de vexations que nous n'ayons éprouvées dans la baie de Cadix. Tous les jours les bâtiments chaînés de munitions et de vivres venant de la cdte de Barbarie et de Gibraltar sons pavillon anglais se présentent pour forcer le blocus. Notre escadre les détourne et ils se plaignent. Le consul anglais de Séville prend parti pour eux ; il écrit à notre amiral ; l'amiral écrit au duc d'Angoulème qui demande à son tour des ordres à Paris. Véritablement on ne peut rien voir de plus odieux. On abuse, j'ose dire, de la magnanimité du gouvernement français, on vent violer le droit commun de la guerre et des nations, et pourquoi ? pour une bande de révolutionnaires qui tient son Hoi prisonnier sur un rocher et dont la révolte trouble la paix de l'Europe. Il faut espérer que le gou-

veroemenf britannique fera enfin passer des ordres et mettra un terme ft ses nombreuses violences.

Je vous avoue, Monsieur le Comte, que je suis bien fâche que l'Empereur s'éloigne si vite de vous : j'aurais désiré qu'il se trouvât encore à Saint-Pétersboui^ quand j'aurai k lui transmettre la bonne et dernière nouvelle qui nous donnera du repos pour cent ans ; mais je conçois que les provinces de ses états ont besoin de la présence d'un souverain qui vérifie tout.

Je garde toujours M. de Fontenay pour vous l'envoyer quand il y aura quelque nouvelle importante à vous porter. Je ferai en sorte qu'il arrive dans tous les cas avant le départ de l'Empereur de Pétersboui^,

Polignac est arrivé à Londres, Canning est venu le voir le premier et lui a donné un grand dîner. L'Autriche, comme vous le savez, en apprenant que Sir William A'Court n'avait pas suivi le Roi à Cadix, s'est empressée d'inviter l'Angleterre it se réunir k ses alliés pour obtenir la délivrance de Ferdinand. Je ne crois pas que l'Angleterre veuille se départir de son système. Nous croyons Sir William A'Court parti pour Gibraltar, mais nous n'en avons pas la certitude, et il est encore possible qu'il aille à Cadix. Le Danemark retire son chaîné d'affaires de SéviUe, et le fait venir k Madrid.

Voilà, Monsieur le Comte, toutes les nouvelles ; les journaux vous diront les détails. Nous venons d'avoir un grand et nouveau succès devant Cadix, contre la garnison de l'île de Léon. Mille compliments empressés.

J'ai donné le Bulletin de la sortie de l'île de Léon au général Pozzo qui l'envoie à M. de Nesselrode. 11 vous le communiquera. Ces misérables ne se sont pas du tout battus, ils étaient 20 contre un et ils avaient réuni pour le dernier effort tout ce qu'ils avaient de disponible dans Cadix et l'île de Léon. Quelques compagnies de voltigeurs les ont culbutés.'

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