‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 175 sur 195 · I. Congrèi de Vérone · texte numérisé non relu

I. Congrèi de Vérone

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espérances et de ces soucis qui annoncent la prochaine délivrance dti Roi, nous éprouvons encore quelques contrariétés.

Il paraît que M. de Palmella en Portugal, craignant d'être renversé par le parti Sylveria, veut s'appuyer sur les Anglais. Il a invité M. Canning à envoyer une petite flotte dans le Tage. Celui-ci, qui ne demande pas mieux que d'avoir l'occasion d'armer quelques vaisseaux, ne fût-ce que pour importuner la France, a consenti bien vite à la proposition. Vous sentez, Monsieur le Comte, toutes les fables que les radicaux et les libéraux vont bâtir sur cet armement. Ils commencent déjà. Les Anglais vont nous forcer à lever le blocasde Cadix. Les Anglais vont prendre le parti desCortès etc., etc. Tout cela est faux. Les Anglais ne veulent pas la guerre sur le continent, et ils l'auraient. Mais il n'en est pas moins vrai que de pareilles nouvelles encouragent la résistance en Espagne et prolongent une lutte qu'il est si nécessaire d'abréger pour la sûreté et le repos de l'Europe. J'ai fait faire des représentations amicales à Londres, et je vais donner des ordres pour qu'on s'explique nettement avec le gouvernement portugais.

En dernier résultat, nous devons savoir désormais avant le 15 septembre si la guerre sera terminée à cette époque ou si elle se prolongera au delà de ce temps ; dans ma lettre du 3, j'ai raisonné longuement sur ce que nous comptions faire dans la dernière supposition. Mes collègues sont plus fermes que moi dans leurs prochaines espérances. Le président même était d'avis que la soumission de Ballesteros vaentraîncr immédiatement la reddition de Cadix ; moi qui suis plus en garde contre la fortune, je suis persuadé de notre succès définitif, mais, pour ne pas négliger les mesures qui peuvent l'amener, je trouve prudent de ne pas le supposer si proche.

On doit ouvrir la tranchée devant Pampelune du 20 au 25 de ce mois. Monseigneur enverra des renforts si la Corogne et Vigo sont en notre pouvoir ; mais s'ils n'y sont pas encore, ils ne peuvent tarder à l'être.

Je ne vous envoie pas encore de Fonteuay, j'attends toujours une occasion importante. L'Empereur sera au moment de vous quitter quand vous recevrez cette lettre. Mettez, je vous en prie, un profond respect à ses pieds. Tout à vous très sincèrement, Monsieur le Comte.

Chateaubriand.

J'attends toujours des ordres pour M. de Cadore, Je viens de causer longuement avec le Prince Esterhazy qui arrive de Londres. Il m'a conlîrmé ce que je croyais et a toujours cru que nous n'avons rien h craindre de l'Angleterre. Le Roi et la majorité du Cabinet sont pour nous. *

4SW H août 1823.

An prince de PoUgnac.

Paris, ce 11 août 1823.

Mon noble Ami, je ne fais jamais aucune confidence à Sir Cbarles. ^ Je ne lui ai cité ni le nombre des vaisseaux pris, ni la valeur de ces vaisseaux ; le fait est qu'il y a confusion dans votre lettre : il ne s'agit pas du nombre des vaisseaux français menés dans les ports d'Angleterre, mais de la totalité de nos vaisseaux de commerce pris .par les Espagnols. Malheureusement, ils sont nombreux et notre marine militaire est bien mal menée. Une lettre officielle vous donne aujourd'hui des détails sur les vaisseaux Conduits dans les porta d'Angleterre. Une autre lettre officielle vous parle des vaisseau;^ anglais qui vont dans le Tage. Il est certain que Palmella les a demandés comme il nous en avait d'abord demandés à nous-mêmes, mais nous n'en avions pas. C'est une chose f&cheuse que cet armement, et vous allez voir

1, Archives de La Ferronoys,

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