Minute aux Aftaires étraagères, Angleterre, 721, C
gnole doit subir des modifications, mais vous croyez que ces modifications doivent être apportées par le gouvernement espagnol. Quel temps assignez-vous à ce changement si désirable ? Combien faudra-t-il de mois et peut-être d'années pour que nous puissions sans danger abandonner ces mesures préservatrices que le duc de Wellington a lui-même approuvées ? Pouvons-nous prolonger dans un avenir incertain cet état de gêne et de violence dans lequel la révolution espagnole nous a placés ? Sîr Charles Stuart m'a remis votre petite lettre du 24 et la copie de la note à M. San-Miguel. Qu'ai-je trouvé dans cette note ? Que le gouvernement espagnol restera invariable dans ses sentiments ; que s'il y des défauts dans la constitution des corlés, ce sera la nation qui corrigera ces défauts, quand et comme il lui plaira ; et qu'enfin le gouvernement espagnol réclame les bons offices del'Angleterre. Pourquoi ? Pour qu'elle nous détermine à dissoudre notre armée d'observation ! N'est-ce pas là une proposition aussi insultante que dérisoire, et peut-on commencer une négociation sur une pareille base ? Vous le voyez, mon honorable ami, on veut nous pousser à bout. Ce n'est pas en nous mettant sous les pieds des révolutionnaires que nous uous sauverons : nous savons trop, par expérience, ce qu'il en coûte pour se soumettre à l'anarchie et pour capituler au pied des échafauds. Nous voulons la paix, nous l'appelons de tous nos vœux, mais nous ne la voulons pas avec la révolution. Nous ne voulons pas que chaque jour on essaye de corrompre nos soldats et de soulever nos peuples. Et croyezvous que l'Angleterre soit moins menacée que la France par les clubs de Madrid ? N'avez-vous pas vos radicaux comme nous avons nos jacobins ? Votre puissante aristocratie est-elte moins un objet de haine pour les niveleurs modernes, que la forte prérogative royale de notre monarchie ? Nous avons là un ennemi commun ; des soldats législateurs peuvent, îi Londres comme :i Paris, déclarer un matin qu'il faut régénérer nos institutions, détruire nos deux chambres, et établir la souveraineté du peuple par r indépendance des baïonnettes.
CorreipoadancrdeCfmleàubrUind.T. IV. S
lyGOOglC
Le roi a rappelé son ministre de Madrid. Sir William A'Court est donc resté seul représentant des cinq grandes puissances ; nous nous abandonnons très-volootiers à ses bons offices pour tout ce qui couservera & la France la paix avec l'honneur. Nous continuerons néanmoins nos préparatifs de guerre. Le temps qui s'écoulera depuis le jour où je vous écris jusqu'à celui où nous commencerons les hostilités (si ces hostilités sont inévitables) suffit encore pour s'entendre et tout arranger. Voyez, mon honorable ami, employez les ressources de votre génie pour amener les Espagnols à laisser à leur roi la faculté de s'entendre avec eux, pour modifier leurs institutions. Le jour où vous m'annonceriez un tel résultat de vos efforts serait le plus beau de ma vie. Dans tous les cas, rien n'altérera ma haute estime pour votre pays et mes affectueux sentiments pour vous.
Chateaubria>d. I
947 27 janvier 1823.
Au vicomte de HarcelluB.
Paris, 27 janvier 1823.
Voilà une lettre pour M. Canning. Je vous préviens que M. de La Garde est rappelé. Dites toujours que nous voulons la paix, mais que nous nous préparons à la guerre ; que nous ne refusons point les bons offices de l'Angleterre pour amener cette paix, mais qu'il faut pour première condition, que le Roi soit libre de modifier la monstrueuse constitution des Cortès. Enfin parlez toujours de paix en disant que nous la voulons, mais avec sûreté et honneur ; et nous aimons mieux la guerre que l'état d'incertitude et de péril révolutionnaire oii nous nous trouvons. Demain je vous enverrai le discours du roi ; il sera fort guerrier, quoique ne