‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 63 sur 195 · Harcellua Politique de la Re»taura,Uon, p. lU · texte numérisé non relu

Harcellua Politique de la Re»taura,Uon, p. lU

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sur la détenDioation de ta France. Nous devons remarquer aussi qu'en partant de t'influeDce qu'une expédition française eu Espagne peut avoir sur le reste de l'Europe, on semble un peu nous isoler des intérêts de l'Alliance. Au surplus nous ne regardons pas l'article de l'Observateur comme une profession de foi politique de la part de l'Autriclie, et nous ne pourrions d'ailleurs que louer son désir de maintenir la paix. Nous concevons qu'elle j mette un grand prix et qu'elle entrevoie avec peine les complications que peut amener la guerre. Mais nous croyons qu'une étroite union des grandes puissances continentales préviendrait tes complications que toutes doivent redouter. L'adhésion de M. de Mettemich aux principes émis dans le Discours de la Couronne et dans les communications dont vous lui avez donné connaissance, nous garantissent que, de la part de l'Autriche et de la nôtre, cette union n'éprouvera aucune atteinte.

Je suis complètement de son avis sur la convenance de ne pas laisser se prolonger la petite discussion qui s'était établie entre le cabinet de Londres et nous à propos de la médiation. Nous ne voulons pas mettre d'aigreur dans nos rapports avec l'Angleterre, mais nous ne pouvons nous empêcher de voir qu'elle en montre de son côté, et qu'elle mêle à l'expression de ses vœux pour le maintien de la paix quelques formes qui sembleraient tenir de la menace. Les coryphées révolutionnaires d'Espagne et les esprits remuants en France affectent de croire que l'Angleterre ne gardera pas la neutralité si la guerre commence aux Pyrénées. Il est vrai de dire que le langage du gouvernement britannique n'est pas assez ferme pour démentir cette opinion.

Vous devez croire. Monsieur le Marquis, que ces circonstances ont fixé l'attention du gouvernement du Roi. Elles ont été l'objet d'une conversation que j'ai eue hier avec MM. les ambassadeurs d'Autriche et de Hussie et le chargé d'affaires de Prusse, et dans laquelle nous sommes convenus que les trois Cours devaient s'expliquer avec l'Angleterre au cas où celle-ci songerait sérieusement à rompre la neutralité et à prendre parti pour l'Espagne.

Ils ont pensé nommément que leurs Cours n'auraient aucune difiiculté à déclarer à l'Angleterre que, si elle nous attaquait, les puissances continentales seraient obligées de faire cause comm une avec nous.

Je suis persuadé, Monsieur le Marquis, que si les trois Cours se déterminent à faire une semblable déclaration, l'Angleterre gardera la neutralité.

J'ai été extrêmement content de M. de Vincent dans cette conversation. C'est lui qui a mis en avant l'idée de la déclaration, que ses collègues ont saisie avec ardeur. Il a écrit aujourd'hui à M. de Metternich, et je ne doute pas qu'il n'appuie sur cette idée. Il est nécessaire, Monsieur le Marquis, que vous en entreteniez également ce ministre et que vous lui fassiez sentir de quelle importance serait une décision qui, obligeant la Cour de Londres à rester neutre, écarterait d'un seul coup les compUca* lions qui peuvent s'attacher à la guerre. Je désire être informé bien promptement de ce qu'il vous aura répondu sur ce point. Il ne doutera sans doute pas plus que nous que la Russie ne soit prête à faire la déclaration.

Il a été question dans la conversation dont je vous donne le détail, de la paix que la France pourrait faire avec l'Espagne. Nous sommes demeurés d'accord que les puissances continentales seraient préalablement informées par le gouvernement du Roi des conditions auxquelles cette paix devrait se négocier.

Je dois vous dire que, d'après quelques informations assez sûres, nous croyons savoir que l'Angleterre agit vivement auprèx de l'Empereur de Russie pour le détacher de nous et le persuader que nous sommes disposés à nous séparer de l'Alliance. Quelque absurde que soit cette supposition, nous devons la combattre, et il semble que M. de Metternich, qui ne doute pas de notre attachement au système sur lequel repose aujourd'hui la sécurité des monarchies légitimes, pourrait nous aider puissamment h détruire à Pétershourg l'effet de calomnies qu'on veut y répandre.

M. le Comte de La Ferronays part demain pour se rendre à son poste. Ses instructions sont fort simples et n'ont d'autre objet que de porter à l'Empereur l'assurance nouvelle de notre fidélité aux principes qui lient entre elles les quatre Puissances continentales, et de réclamer de lui, si les circonstances devaient l'exiger, l'appui qu'il s'est constamment montré disposé à nous prêter .

Agréez...

P. S. — Pour ne laisser aucun doute sur la nature de la déclaration dont nous sommes convenus dans notre conversation, je dois vous dire que nous entendons que les trois Cours feraient faire au Cabinet de Londres des communications confidentielles et officieuses dont l'objet serait de lui faire comprendre que dans le cas où la neutralité devrait être violée, les trois puissances s'uniraient h nous. Il est évident qu'il ne peut pas s'agir d'abord d'une déclaration officielle et péremptoire, ce qui pourrait blesser l'Angleterre, puisqu'elle ne s'est pas prononcée, et que probablement elle ne se prononcera pas, mais de communications amicales et préventives qui laisseraient voir au Cabinet anglais que telle serait la résolution des puissances si elle rompait La neutralité 1.

m 18 février 1823.

An comte de Canx.

Paris, 18 février 1823.

N»3 Expédiée par M.

de la Ferronays

Monsieur le Comte.

J'ai reçu les dépêches que vous m'avez fait l'honneur de m'adres-

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