‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 64 sur 195 · AfTaires Étrangères, Autriche, 404, ^ SO · texte numérisé non relu

AfTaires Étrangères, Autriche, 404, ^ SO

ser jusque et y compris le N" 9. J'en aï lu tous les détails avec beaucoup d'intérêt.

Nous concevons très bien que la Cour de Prusse désire vivement le maintien de la paix et soit très elFrayée de l'idée de prendre une part quelconque aux démarches ou aux préparatifs que la guerre pourrait rendre nécessaires de la part des puissances continentales. Ses ilnances et sa situation intérieure lui présentent à cet égard de grands obstacles. Mais elle ne doit pas oublier que dans son langage avec la Cour de Madrid elle a mis plus de véhémence peut-être que les autres membres de l'alliance et qu'elle a excité d'autant à Madrid l'irritation de ces partisans de la révolution dont les audacieux refus ont rendu toute composition impossible. Nous ne sommes certainement pas dans l'intention de lui en faire un reproche, mais il nous semble que cette observation doit la ramener à voir les choses sous leur vrai jour et à ne nous pas croire entraînés à la guerre par un parti. L'honneur et la dignité de la Couronne ne nous permettent pas d'hésiter sur ce que nous devons faire. Nous pouvons espérer au surplus, si la guerre éclate, qu'elle sera comme le souhaite M . d'Ancillon courte et heureuse et qu'elle ne placera pas nos alliés dans une situation embarrassée.

On aura remarqué à Berlin que le discours du Roi d'Angleterre ne contenait pas le mot de neutralité et qu'en général le cabinet de Londres montrait dans sa conduite et son langage une sorte d'hésitation qui pouvait donner des espérances aux révolutionnaires d'Espagne. Nous avons eu, en effet, des raisons de concevoir quelques inquiétudes sur sa détermination, mais nos dernières nouvelles sont rassurantes et nous devons croire que M. Canning n'ose pas [persévérer]' dans l'intention de rompre la neutralité.

La disposition qu'on suppose à son gouvernement avait [excité]l'attention générale et j'ai eu, à cette occasion, une conversation

i. Ce mot manque.

i. Un ou deux mots diniciles à lire.

avec les ambassadeurs de Russie et d'Autriche et le Chargé d'affaires de Prusse. Nous sommes convenus que les trois cours devraient s'expliquer avec l'Angleterre dans le cas où celle-ci songerait sérieusement ft rompre li neutralité et à prendre parti pour l'Espagne. Ils ont pensé unanimement que leurs cours ne pouvaient avoir aucune difficulté à déclarer à l'Angleterre que si elle nous attaquait, les puissances continentales seraient obligées de faire cause commune avec nous.

Il est évident que si une telle démarche était faite près de la Cmut de Londres, elle ne s'écarterait pas de la neutralité.

Les ambassadeurs de Russie ^t d'Autriche ont rendu compte de cette conversation à leurs cours. Je pense que M. de Maitzobn en aura fait de même, et j'ai été bien aise de vous en prévenir afin que vous puissiez sonder le ministère prussien sur l'idée qui a été mise en avant. Je vous prie d'en entretenir confidentiellement M. d'Ancillon ou M. de BernstortF s'il est de retour à Berlin. Vous lui direz au surplus qu'il est bien entendu que les trois cours ne feraient pas d'abord la déclaration dont il s'agit et qui pourrait blesser l'Angleterre, mais qu'elles se borneraient à lui faire faire des communications amicales et confidentielles dans la vue de lui faire comprendre que si elle rompait la neutralité pour se joindre aux Espagnols, les trois cours seraient forcées de s'unir à nous.

Vous pouvez d'ailleurs ne parler de ceci que comme d'une hypothèse que les dispositions témoignées plus récemment par le cabinet de Londres rendent peu probable. En tout cas je désire savoir promptement ce qu'on vous aura répondu.

On a rendu dans quelques gazettes étrangères un compte infidèle de ce qu'a dit M. le Président du Conseil dans le Comité secret de la Chambre des députés à l'occasion de l'adresse. Vous pouvez, si on vous en parle, démentir les phrases qu'on lui a prêtées relativement à notre situation vis à vis de l'Espagne et des puissances étrangères. Au reste je me propose de monter & la tribune dans le cours de cette session et d'expliquer avec la

plus grande franchise, les principes, les dispositions et la politique de la France . J'espère que mon discours ne laissera aucun doute sur la pureté de nos intentions et sur notre attachement invariable au système conservateur qui unit si heureusement entre elles les grandes puissances continentales.

Nousn'avoDs rien de nouveau de Madrid. Les derniers rapports de Catalogne annoncent que Mina se retire sur Barcelone.

Recevez. . .'

99S 18 février i823.

Au marquis de la Tour du Pin.

18 février i823.

MoDsieurrAmbassadeur, Vous m'avez fait l'honneur de me mander le 5 février que le gouvernement sarde paraissait disposé à augmenter le nombre de ses troupes, et à les porter à trente mille hommes.

L'organisation et l'accroissement de l'armée sarde pourraient être regardés comme une suite nécessaire des dispositions prises à Vérone pour l'évacuation du Piémont par les troupes autrichiennes ; et je pense qu'un tel motif suffit pour expliquer cette augmentation. Elle n'est du moins le résultat d'aucun arrangement pris par la France soit avec l'Autriche, soit avec le gouvernement sarde.

Vos lettres m'annoncent, Monsieur l'Ambassadeur, qu'on semble vouloir accréditer le bruit de la marche d'un corps de troupes étrangères vers la ligne du Rhône, où l'on suppose qu'elles viendraient prendre position. Cette nouvelle n'a aucun fondement : il n'entre ni dans les vues, ni dans les intérêts de la France d'appeler sur le Rhône une puissance étrangère. Nous

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