‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 66 sur 195 · Atrair«B Élrangères, Turio · texte numérisé non relu

Atrair«B Élrangères, Turio

S. CbédieudeRobethon op.cit.,p. 232.

An vicomte de Harcellas.

Paris, le 20 février 1823.

J'envoie à Londres sir John Byerley, pour lequel vous trouverez, Monsieur, un paquet dans le portefeuille. Une note joiote à cette lettre vous dira dans quelles idées et pour quel service M. Byeriej va en Angleterre. Je lui ai donné mille écus pour son premier mois. Si au bout de ce temps il n'a rien fait il reviendra. C'est un homme fin, habile, et qui nous a rendu ici beaucoup de services. Tout ceci doit être secrttt et pour votre usage. Sir Charles Stuart vient de m'annoncer le passage de M. Jackson qui, venant de Madrid, se rend à Londres. 11 y porte l'arrangement définitif du traité pour le paiement de la dette espagnole envers l'Angleterre. Il doit aussi être porteur d'une proposition en vertu de laquelle le gouvernement espagnol proposerait une nouvelle médiation entre la France et l'Espagne par l'entremise de l'Angleterre. L'Espagne nous proposerait toutes les garanties possibles, excepté le changement de ses institutions, qu'elle remettrait k an autre temps. Vous voyez que c'est toujours la même histoire et la même mauvaise foi. Quelle garantie peut-on nous offrir si on ne change rien à la Constitution ? Un message du gouvernement aux Cortës leur demande de transporter le siège du gouvernement à Cadix, à la Corogne ou îi Badajoz. Ainsi les voilà qui fuient à la seule apparence d'un soldat français sur la frontière. Vous pouvez compter qu'avant quinze ou 20 ou 25 jours nous serons entrés en Espagne, si rien n'arrive avant ce temps-là.

Je crois que je parlerai lundi ou mardi à la Chambre des Députés. Je traiterai à fond toute la politique de la France et de l'Europe. J'espère que M. Canning sera content de moi. Diteslui qu'il me sera impossible de lui répondre avant que j'aie parlé Jt la Chambre parce que les affaires m'écrasent. Je serais bien

«Lse qu'il ne parl&t au Parlement qu'après avoir ooddu mon discours.

Ne croyez pas à tous les sots contes de la retraite de M. de Villèle et d'une division dans le Conseil. Bien à vous. Chateaubriand. '

/0Oi 21 [février 1823].

A Madame de Castine.

Quel tas de bêtises ! Villèle et moi sommes très bien ensemble «t il n'y a nulle querelle. Je n'ai pu lire mon discours puisque Je n'en ai pas encore une ligne d'écrite et il y a huit jours que je n'ai pas vu Madame de Duras. Moquez-vous de tout cela comme je m'en moque et vivez en paix.

Madame la marquise de Castine. ^

I. D'après l'original. — CommuDication de M. de Montbron. — Il y dans MarcelluB [PolUiqae de Ia Betlaaration, p. 146 et 149), deux billets qui me semblent de simples ic Tariatioas » sur la lettre que je publie ici :

Paris, 20 février 1833.

Sir Ch. Stuart nous assure que l'Espagne nous proposera toutes les garanties possibles, excepté le changement de ses iostitutions, qu'elle jvmettraU à un autre temps. Vous voyez que c'est toujours la même histoire et lamÈmemauTaÏBefoi. Quelle garantie peut-on nous offrir sérieusement, si on ne change paa la constitution ? Dites à M. Canaing que je ne pourrai répondre à sa lettre avaal que j'aie parlé k la chambre . Les affaires m'écrasent. Je serais bien sise qu'il ne parlfit, de son côté, qu'après avoir connu mon discours. C.

Paris, 24 février 1883.

H, Jackson, venant de Madrid, vient de traverser Paria et se rend li l^ndrea. Il y porte l'arrangement définitif pour le payement de la dette «spagnole envers l'Angleterre. Je crois que je parlerai lundi ou mardi à la chambre des députés. Je traiterai k fond toute la politique de la France et de l'Europe. J'espâre que Canning sera cont«nt de moi.

J'ai remarqué votre lettre du 18 ; et je pense entièrement comme vous sur la situation intérieure et extérieure d'Albion. C.

S. Chédieu de ftobethon, op. cit., p. 223.

Corre*pond»nc« de ChMleaubrUnd. T. IV. B

lyGOOglC

1009 21 février 1823.

Au comte de Talleyrand.

ehilTrée 21 février 1823.

Monsieur le Comte,

J'ai reçu les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser jusqu'au 14 de ce mois, et j'ai particulièrement remarqué les inquiétudes que l'on a cherché à répandre sur la neutralité de la Suisse, dans le cas où la paix entre la France et l'Espagne viendrait Il être troublée.

Si cette rupture devait avoir lieu, elle ne mettrait la Suisse ni dans le cas de donner passage à des troupes étrangères, ni d'envoyer ses milices dans quelques-unes de nos places fortes, tandis que leurs garnisons se diiigeraient vers les Pyrénées, ni de former un corps de troupes sur ses frontières.

Les seuls préparatifs militaires qui aient eu lieu jusqu'à ce moment n'ont été faits qu'en France ; ils ont eu pour but de renforcer l'armée d'observation et de la mettre en état d'entrer en campagne si la guerre était inévitable : mais en dirigeant vers le midi une partie de ses forces, la France n'a appelé aucun autre gouveraement h venir occuper sur son territoire les places ou les positions qu'elle dégarnissait. Ainsi tous tes bruits q\u se sont répandus sur ce dernier point sont destitués de fondement. Les Autrichiens ne sont attendus sur aucune partie de nos frontières, et ils n'ont b demander à la Suisse aucun emprunt de territoire.

M. le Chargé d'AiTaires de la Confédération m'a entretenu de nouveau des discussions qui se sont élevées sur le droit de commandement entre les officiers suisses et français. J'ai eu l'honneur de vous mander. Monsieur le Comte, que cette question déjà examinée par le Ministre de la Guerre, le serait encore avec

un nouveau soin. Lorsqu'elle aura donné lieu fo une décision, je m'empresserai de vous en informer.

Agréez . . . '

fOOS 22 février 1823.

A M. Brochant d'Anthilly. ^

Monsieur,

Le départ de la légation française et l'interruption des relations diplomatiques qui existHient entre la France et l'Espagne, n'ont pas dû mettre un terme à l'exercice des fonctions consulaires qui vous ont été conGées. J'ai lieu decroire que vous continuez de les remplir sans obstacle, comme Messieurs les Consuls d'Espagne les accomplissent encore eu France, et que vous n'avez pas été dans la nécessité de quitter votre résidence.

Plus les circonstances où vous pouvez être placé sont devenues difficiles, plus je recommande à vos soins les intérêts des sujets du Roi qui sont autour de vous.

Saisissez toutes les occasions dem'écrire; donnez à votre correspondance autant de latitude et d'activité qu'il vous sera possible ; et ne perdez pas de vue qu'étant aujourd'hui le sexà agent français qui soit encore à Madrid, vous seul pouvez nous donner des infonnations sur tout ce qui peut nous intéresser.

Agréez... ^

im4 23 [février 1823].

A Madame Récamier.

Dimanche, 23.

Je n'ai pu vous voir hier, la Chambre des pairs a fini trop tard. Aujourd'hui je passerai la journée au conseil chez le roi et dans

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