Lecture incertaine
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Vous le lirez à M. Canning pour pouvoir aussi le lire à lord Liverpool et le leur laisser même s'ils le désirent et s'ils vous paraissent disposés à le prendre en considération. Vous ajouterez, dans votre conversation avec lord Liverpool qu'à la suite des congrès d'Aix-la-Chapelle, de Troppau et de Laybaoh le ministère britannique a éludé la communication de pièces dont la publicité pouvait être désagréable à quelques cours, et que nous nous croyons fondés à réclamer aujourd'hui le même procédé.
Vous pourrez enfin faire entendre à l'un et à l'autre des ministres que, s'ils persistaient à publier sans exception toutes les pièces de Vérone, nous prendrions le parti de les publier aussi en France et d'y ajouter des commentaires qui pourraient leur susciter quelque embarras soit vis-à-vis du Parlement, soit visà-vis des cours continentales. II est bien entendu que vous neferez usage de cette espèce de menace qu'en désespoir de cause et si vous les voyez déterminés à tout placer sous les yeux du Parlement.
Je dois vous dire que nous avons engagé la Cour de Vienne à faire passer à Londres des observations dans le même sens que nous sur cette question. M. de Vincent a invité le prince Esterhazy à prendre les devants et à en parler à M. Canning. Le général Pozzo a écrit de la même manière à M. de Liéven^ Vous pouvez donc vous concerter avec ces ambassadeurs pour que leur démarche vienne à l'appui de la vôtre.
Le Roi a jugé à propos d'envoyer au quartier général de Mgr le Duc d'Angouléme M. le comte de Caux, dernièrement chargé d'affaires à Berlin et qui connaît parfaitement l'Espagne où il a résidé pendant vingt ans. Il sera là tout prêt à nouer les premiers fils qui pourraient conduire à une négociation et arrêter le cours des hostilités.
Nous apprenons à l'instant que le Roi d'Espagne est parti le 20 de Madrid pour Séville.
P. -S. Toutes réflexions faites, j'aime mieux que vous ne lais-
âiez point aux ministres copie du mémorandum ci-joint. Vous vous bornerez 6 le leur lire. '
Au vicomte de Harcelloa.
Paris, 27 mars 1823.
Mes dépêches sont aujourd'hui extrêmement importantes. Je vais y ajouter quelques mots.
Il n'est pas tout à fait exact de dire que notre session sera 6nie le IS avril. Le Budget sera voté à cette époque à la Chambre des Députés ; mais il faudra encore une quinzaine de jours pour qu'il passe k la Chambre des Pairs. Cette Chambre étant secrète, on peut regarder la session comme à peu près Gnie le 15 d'avril ; cependant quelques discours des pairs de l'opposition passeront nécessairement dans les journaux. Si donc M. Canning pouvait ou voulait reculer encore de quelques jours la déposition des pièces, cela vaudrait mieux. Mais parlez-lui vaguement de cela sans lui demander rien de précis. Il faut en tout que vous renonciez peu à peu k ces conversations éternelles dans lesquelles il vous dit des choses que vous ne devez pas entendre. Ne vous laissez plus mander à tout propos. Soyez poli, mais grave et réservé avec lui ; causez peu, et qu'il s'aperçoive à voire manière que le gouvernement français connaît sa force, et défend sa dignité !
J'ai prévenu sir Charles Stuart que nous allions faire une proposition pour les lettres de marque. Cela nous fera grand honneur en Angleterre, et ce sera une belle pièce à déposer sur le bureau; si M. Canning reste toujours aigre et hostile, la pièce l'embarrassera. Si vous le voyiez embarrassé, peut-être pourriez-