‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 119 sur 337 · C'étail probablement un parent de madame d'Âubigné · texte numérisé non relu

C'étail probablement un parent de madame d'Âubigné

2. Louis XIV n'était alors en guerre ouverte avec personne, mais il faisait ses fameuses réanions qui mécontentèrent toute l'Europe, et le prince d'Orange, l'Empereur, les rois d'Espagne et de Suède se préparaient à faire une alliance pour le maintien des traités de ^'imègue.

A M. d'aubigné (1681). 175

Ne vous chagrinez ni sur M. de Jarnac, ni sur d'autres matières; vous êtes né gentilhomme et sans un sol vaillant ; vous êtes dans un lieu délicieux; vous avez douze ou quinze mille livres de renie ; vous avez de l'esprit et de la réputation; vous pouvez venir à Paris et faire tout ce qui vous plaît; j'emhellis tous les jours un heau château et une helle terre pour vous ou pour vos enfants. Vous avez fait votre devoir dans votre jeunesse ; passez votre vieillesse en paix et en joie, jouissez de tout, soyez homme de bien et préparez-vous à la mort le plus gaiement que vous pourrez.

Adieu, vous ne m'avez jamais voulu répondre sur le marché que je vous avois conseillé de faire avec madame votre femme, pour sa dépense. Yous ne me dites rien de Deslandes. Yous êtes insupportable sur les détails, et je les aime tout à fait .

LETTRE CCXLYII

A M. D'AUBIGNÉ, A COIGNACi.

A ."\laintenon, ce 26 mai 1631,

Sans compter les amitiés dont votre dernière lettre est remplie, vous ne m'en avez jamais écrit qui m'ait tant plu. Yous y entrez dans quelques détails, et c'est ce je demande. Deslandes est bon homme; tous les valets ont besoin d'être retenus sur la dépense; je ne trouve pas la vôtre mal réglée. Si vous me dites vrai,

1, Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches,

VOUS avez toujours quelqu'un; je crois que vous dépenseriez moins à Paris, ne donnant pas à manger ordinairement. Si la bonne femme La Roche ne vous accommode pas, renvoyez-la bien honnêtement en lui payant ses gages et sa place au coche ou carrosse; à vous dire le vrai, je n'en serois pas fâchée, car on m'en a dit des choses qui ne me plaisent pas. Si vous vous en défaites, il faut que madame d'Aubigné on écrive quelque raison à madame de La Barre, de qui elle Ta reçue, car il faut autant que Ton peut éviter d'avoir tort et se consoler de tout le reste.

Je dois quatre cents francs à madame de Villette, je voudrois bien que vous lui payassiez si vous le pouvez, je vous en tiendrois compte; elle m'avoit demandé pour cela une tapisserie, mais je suis si peu en repos et si j'ai peu de loisir que j'oublie tout.

Je m'en vais faire tout mon possible pour obtenir de M. Golbert ce que vous désirez ; la paix que l'on croit sûre le rendra peut-être de meilleure humeur. J'écris souvent à M. Yiette pour vos affaires, et j'en aurai soin plus que des miennes; Nanon enverra des liabils à madame votre femme, dès qu'elle lui aura ( xpliquô ses intentions.

Après vous avoir répondu à tout, il faut parler de Maintenon, puisque vous le voulez. Je n'ai point fait de draps ni de serviettes cette année, mais j'ai des meubles que vous ne connoissez point et qui sont assez propres. On travaille aux jardins, on fait des canaux , et ce sera un aussi agréable lieu que l'on puisse voir. J'ai fort envie de vous y faire mauvaise chère, car il me coûteroit trop de vous

A M. DE MUMCLIEVIiEUIL 'I68I\ 177

la faire bonne, el vuus savez que i"ai toule lionle bue là-dessus; vos gens seront au cabaret, et entin vous me verrez continuer toutes les vilenies que j'ai commencées ^

Notre charité va fort bien ; madame de Montcspan fournit à toutes sortes de dépenses, tant en aumOnes qu'en ornements, pour le debors et pour le dedans.

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