‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 121 sur 337 · Autorjraphe communiqué par madame de Mornay · texte numérisé non relu

Autorjraphe communiqué par madame de Mornay

quelle je crois que vous ne vous rendrez pas. Il faut assurément commencer par fondre et amollir, qui sont les effets de Baréges, et fortifier et resserrer ensuite, qui est ce qu'on attend de Bagnères et dont on pourroit mieux se passer que des autres, la nature le pouvant faire toute seule. Piegardez avec attention, je vous prie, tout ce qui sort de la fistule, et ne vous en fiez à personne, afin d'observer si les sérosités ou pus changeront , par l'usage des bains , comme elles ont fait l'autre fois qu'elles s'épaissirent visiblement. On prétend que c'est une très-bonne marque, et l'effet de la chaleur des eaux qui cuit cette humeur en rappelant des esprits dans cette cuisse presque paralytique. Du reste, ne vous pressez point , laissez murmurer tout un domestique dont une grande partie n'a pas le sens commun ; l'autre est impatient de revenir dans un lieu où ils espèrent leurs plaisirs et leur fortune; et l'autre ne connoit ni le mal ni le remède. Je suis consolée de la maladie du bonhomme*, dans l'espérance que mon mignon aura plus de repos, et M. de Court et vous plus de temps à lui inspirer des sentiments que je lui souhaite préférablement au latin. J'attends avec impatience les longues lettres que vous me faites espérer ; vous aurez pourtant moins de loisir que vous ne pensez : quand on est dans son devoir d'aussi bonne foi que vous, on a peu de temps de reste. Empêchez que mon cher prince ne m'oublie, je vous en prie , vous voyez combien je suis occupée de lui, et vous ne pouvez croire combien je l'aime.

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