Autographe ûu cabinet de M. Feuillet de Conclies
3. M. de Rouvières, qui, par le crédit de madame de Maintenon, avijit soumissionné une partie des fermes générales el devait donner un pot-de-vin h M. d'Aubigné. On voit que madame de Maintenon, pour enrichir son frère, entrait dans des affaires financières qui nous semblent peu dignes, et se faisait auprès du roi et de Colbert une solliciteuse fort empress'^e. Cela était sans doule dans les mœurs du temps, et le désintéressement qu'elle a montré dans sa grandeur témoigne qu'elle n'élait point eiie-mcme cupide; cependant il est certain que, de 1G7 2 à 1G82, on aimerait niieux la voir moins occup.'c d'allaires d'arg.>nt.
mains de M. Colbert et de M. Brunet * qui la tourneront d'une façon moins avantageuse pour vous selon les apparences et cependant plus solide; car ils seront eux-mêmes cautions des conditions que l'on fera, et vous n'auriez jamais touché que la première année et quelques pistoles sur les autres à force de menaces. Ne croyez pas avec ce que je dis là que je me plaigne du Gois : c'est un homme que l'autre a trompé, et qui est plus à plaindre qu'à blâmer; tout ce que j'aurois à vous dire seroit de tourner utilement l'argent que vous allez avoir. On donne les terres en Poitou et la désolation des huguenots en fera encore vendre : Surimeau, Saint-Pompin et plusieurs autres vont être en décret^; et si vous joigniez à une année de cette pension la somme que vous toucherez, à ce que l'on croit, bientôt, du bien de votre femme, vous pourriez aisément entrer dans une terre et vous établir en Poitou très-agréablement.