Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches
3. D'Aubigné était parti, à la fin de mars, pour Cognac avec sa femme : il y resta jusqu'au mois de novembre.
A M. d'aubigné (1678). 31
nouvelles, et j'élois inquiète de votre voyage; car ils sont bien fatigants dans la saison que vous l'avez fait. Je ne suis pas surprise de la maigreur de vos chevaux : vous êtes bien heureux qu'ils ne soient pas morts.
Ne vous mettez point en peine de madame d'Aubigné : elle est très-jeune et nous sommes les plus forts; ainsi nous la mettrons sur le pied que nous voudrons , pourvu que vous ne la gâtiez point et que petit à petit i^^ous tâchiez de lui ôter de trèsmauvaises habitudes que la mauvaise nourriture lui a données; je vous en ai marqué plusieurs dans ma lettre^,] et vous travaillerez à votre repos et au bonheur de votre famille, si vous tachez de la rendre raisonnable. Si vous jugez que j'y puisse contribuer, vous n'avez qu'à dire et ne me pas épargner; car il n'y a rien que je ne fasse. Menacez-la de moi : je gronderai, je lui ferai des présents; enfin il n'y a rien que je ne fasse. Elle me haïra peut-être; mais il n'importe, je serai contente, si elle est une honnête personne. Je suis ravie que ma lettre ne vous ait pas déplu; croyez-moi tous deux, et vous en serez plus heureux et plus estimés ; l'expérience du monde vaut du bon sens, et j'ai tant vu de choses cjue, par cette raison-là, je crois pouvoir donner un bon conseil- Faites ce que je vous ai mandé à l'égard de la dépense : M. Scarron ne me donnoit que cinq cents francs. Elle a un fonds de bardes, et si vous lui donnez huit cents francs, elle en aura assez avec