‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 87 sur 337 · Voir t. I, page · texte numérisé non relu

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n. II

Buade de Frontenac, mai? elle vécut mal avec lui, eut pour amant l'un des libertins fameux de cette époque, le comte de Matta, et lorsque son mari fut nommé gouverneur du Canada, elle refusa de le suivre. Elle fut disgraciée par Mademoiselle en 1657 et se retira plus tard à l'Arsenal, où elle vécut avec son amie, mademoiselle d'Outrelaise. « C'étoient, dit Saint-Simon, des personnes dont il falloit avoir l'approbation. Elles donnoient le ton à la meilleure compagnie de la ville et de la cour. On les appeloit les divines. » 3Iadame de Frontenac était de la société de madame de Sévigné, mais on ne voit ni dans les mémoires de Mademoiselle, ni dans les autres mémoires du temps, non plus que dans les lettres authentiques de madame de Maintenon, qu'elle ait connu cette dame ni qu'elle ait eu le moindre rapport avec elle. C'est cependant cette madame de Frontenac, d'une vertu douteuse et d'une réputation équivoque, que, selon La Beaumelle, madame de 3Iaintenon aurait choisie pour lui faire des confidences comme elle n'en a fait à personne.

19 août 1680,

M. de Louvois a ménagé à madame de Montespan un tète-à-tête avec le roi. On le soupçonnoit depuis quelque temps de ce dessein; on étudioit ses démarches; on se précautionnoit contre les occasions; on

1. Collection de La Beaumelle, édit. de Nancy, t. I, p. 160. édit. d'Amsterdam, t. 1, p. 71. — Louis Racine l'annote : M'est inconnue et me paraît trcs-fausse. — Cette lettre forme, avec les deux suivantes, un petit roman. La date seule le prouve. Comme nous l'avons dit, la cour était en voyage et à Mézières, au moment où La Beaumelle suppose cette entrevue de madame de Montespan avec Louis X\\. Cette dame n'avait pas besoin qu'on lui ménageât un tête-à-lete et par tant de délours : le roi la voyait publiquement et tous les jours; il passait des heures dans sa chambre, et cela se fit pendant près de dix ans, sans que personne y vit qu'une marque de déférence pour la mère de ses enfants.

vouloit rompre ses mesures ; mais elles étoient si bien prises qu'on a enfin donné dans le piégea Dans ce moment, ils en sont aux éclaircissements, et l'amour seul tiendra conseil aujourd'hui. Le roi est ferme; mais madame de Montespan est bien aimable dans les larmes. Madame la daupbine est en prières; sa piété a fait faire au roi des réflexions sérieuses; mais il ne faut à la chair qu'un moment pour détruire l'ouvrage de la grâce. Cette princ(;sse s'est fait un point de conscience de travailler à la conversion du roi- ; je crains qu'elle ne l'importune et ne lui fasse haïr la dévotion; je la conjure de modérer son zèle ; elle m'admet quelquefois à ses exercices de piété : je vous assure qu'il n'est point de cœur plus à Dieu. Madame de la Yallière est un exemple bien frappant du pouvoir de la grâce; le roi en parle volontiers^, et je ne puis me persuader que Louvois et madame de Montespan effacent de son esprit ces saintes impressions. Mais encore un coup , Tesprit est prompt., et la chair est foible"*.

LETTRE CGXYI (U B.)

23 août 1680.

Cet éclaircissement a raffermi le roi ; je l'ai félicité de ce qu'il avoit vaincu une ennemie si redoutable; il

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