D'après cela M. de Villelte s'attendait à ce qui arriva
ront de faim. Madame de Fontmort étoit trcs-incommodée le jour que je la vis. Que je vous plains, ma chère cousine, dans l'agitation où vous êtes entre un mari et vos enfants! C'est avoir le cœur déchiré par les endroits les plus tendres ; je le suis si fort pour ce que j'aime que je comprends mieux qu'une autre votre douleur; consolez- vous en Dieu et dans mon amitié. Je ne doute pas que l'enlèvement de votre fille ne fasse bien du bruit ; je l'ai voulu ainsi pour vous tromper la première, ne craignant rien plus que de vous commettre avec votre mari. La petite de Mursay en souffre, car elle n'a pas une chemise, et nous sommes dans des fêtes qui retarderont beaucoup toutes les choses dentelle a besoin.
M. de Seignelay m'a dit aujourd'hui que M. de Villette seroit ici au mois de février; j'espère que la tendresse qu'il a toujours eue pour moi l'empêchera de s'emporter et qu'il démêlera bien au milieu de sa colère que tout ce que je fais est une marque de l'amitié que j'ai pour mes proches. Je ne me console point d'avoir manqué Minette*. Adieu, j'ai la main lasse et il est tard.
LETTRE CGXXXI