‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 166 sur 418 · Voir t. H, p. SCO · texte numérisé non relu

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LETTRE CDXCI (La B.)

Tout est porté à dos extrémités déplorables. Le roi est très-touché de ce qu'il sait, et n'eu sait qu'une partie. On est bien injuste de m'attribuer tous ces malheurs ; s'il étoit vrai que je me mélasse de tout, ou devroit bien m'attribuer quelquefois les bons conseils. Il y a quinze ans que je suis en faveur; je n'ai encore nui à personne; j'ai fait beaucoup de mécontents ; je n'ai jamais fait ni méchanceté ni injustice. Le roi m'a reproché souvent ma modération; cela vaut bien mieux que s'il me reprochoit mon importunité. Avec cette insensibilité que je croyois avoir pour les choses de ce monde et surtout pour les jugements des indévots, je me retrouve aujourd'hui aussi peu avancée que lorsque je commen* çai à me réprimer et à me vaincre. L'^'"'" me donne des peines infinies, me brave, s'appuie sur M. de Yendômp, et ne me pardonne point d'avoir découvert qu'il m'avoit trompée.

LETTRE CDXGII (La B.)

Je vous prie de charger M. Lallemant d'examiner avec soin les papiers de M. Tillemont*. Cette histoire

1. Si cette lettre était Traie, eUe serait évidemment de l'époque de la révocation de l'édit de Nantes. Gomme elle a un grand air de vraisemblance, on Ta souvent citée.

2. Sébastien Le Nain de Tillemont, né à Paris, 1637, élève de Nicole, auteur de V Histoire ecclésiastique, mort en 1698. {Note de La Beaumelle.)

doit s'y trouver^. La copie que j'en ai vient de lui, et il m'en manque trois cahiers ; je crois que c'est le huitième et les deux derniers. Ne dites point à M. Lalle* mant que cette recherche me regarde; il pourroit entrer en quelque défiance. Tout est esprit de parti pour certaines gens. J'ai vu l'abbé de Choisy ^, et l'ai vu si raisonnable que, comparé à ce qu'il étoit autrefois, il y a plaisir à le voir. Mais, mon enfant, la grâce opère bien d*autres prodiges.

LETTRE CDXCIII (U B.)

Je sais tout ce qu'on prête au duc du Maine. On ne réussira point à nous brouiller. Il a voulu me donner des preuves de la dernière clarté. Je les ai refusées. S'il est coupable, il l'est si peu que j'aurois tort d'en être offensée. C'est un sentiment d'amour filial; et comment le condamnerois-je, moi qui ai fait tout ce que j'ai pu pour qu'il aimât plus sa mère que moi, sans avoir pu en venir à bout? Je ne doute pas que madame de Montespan n'eût été charmée d'une rupture éclatante. Je ne lui donnerai jamais ce plaisir.

1. D'après la note précédente, eetfe lettre serait de 1698. Je n'ai aoenn moyen d'éclaircir ee qu'elle contient, et je pense que c'est une liistoire inyentée à plaisir.

2. François de Choisy, née à Rouen en 1644, euToyé à Siam, auteur de divers ouvrsges, dont le meilleur est son livre de mémoires, mort en 1719. {Note de La Beaumelle,]

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