‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 315 sur 418 · LETTRE XCVII · texte numérisé non relu

LETTRE XCVII

A M. LE CARDINAL DE NOAILLES

A Fontainebleau, ce 5 noYembre 1700.

Je veux avoir l'honneur de vous écrire, monseigneur, pour vous faire souvenir de moi; mais je ne sais pas trop de quoi remplir mes lettres. C'est à vous à nous dire des nouvelles du conclave, qui fait présentement Tattention de tout le monde. Vous savez aussi bien que nous des nouvelles d'Espagne, et

1 . Le prince d'Isenghien avait pour mère la fille du maréchal d'Humières; il épousait la fille aînée de la princesse de Furstemberg.

2. Ce sont des chiiTres que je n'ai nul moyen d'expliquer. •3, Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès.

qu*on mande de tous côtés qu*il ne peut guérir de cette maladie-ci ^ La famille sait mieux que moi les nouvelles de la cour, et vous aura mandé la distribution de la fête de la Toussaint, et le succès du père Maur ou Maure ^ que je n'ai point entendu. Vous savez aussi que M. de Molac est mort, et que sa succession est bien demandée^. Mes vœux sont pour le maréchal d'Ëstrées.

On se divertit fort ici, et on a grand regret à en partir. Madame la duchesse de Noailles a donné un retour de chasse à madame la duchesse de Bourgogne. Il ne m*est pas encore revenu qu'on y ait trouvé à redire; mais je suis fort sujette à ignorer ce qui se passe dans ma chambre. J*y vois peu madame la duchesse de Guiche; elle est toujours incommodée. Vous voyez, monseigneur, que je suis aussi embarrassée à remplir mes lettres que je le suis peu à trouver à vous entretenir le lundi matin. Vous en savez la raison, qui ne finira jamais aussitôt que je le souhaite.

Je vous supplie, monseigneur, de dire quelque chose pour moi à M. le cardinal de Goislin^. Je n*ai pu lui écrire à propos, et je n'ai pas osé le faire hors de temps; mais personne ne l'honore plus que moi.

1 . C*e8t-à-dire le roi d'Espace, On sait que le roi Charles II» mortellement malade, n'avait point d'enfants, et que TEurope était dans l'anxiété pour sa succession. La maison de Bourbon et la maison d'Autriche prétendaient à son héritage.

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