‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 324 sur 418 · C'était la sœur cadeUe de la duchesse de Bourgogne · texte numérisé non relu

C'était la sœur cadeUe de la duchesse de Bourgogne

A M. LE DUC d'harcourt (4700). 351

ai bien dit tout ce que vous valez , et que vous le conseillerez par rapport à ses propres intérêts ; il me paroît louché de la droiture et de la probité. Le roi lui a dit de prendre une entière confiance en vous. M. le comte d'Ayen le suivra en Espagne ; il prétend être fort bien avec vous. Je vous conjure, monsieur le duc, d'y ajouter encore quelque chose pour Tamour de moi ; je Taime tendrement et beaucoup plus par son mérite que par son mariage avec ma nièce. Il est capable de sérieux, quoique jeune €t gai; je vous prie de le conduire en tout et partout, et de le faire valoir ^n Espagne et en France. Le chevalier de La Vrillière a eu permission de faire le voyage, parce qu'on a répondu au roi de sa sagesse. Vous savez, je crois, que son frère a épousé mademoiselle de Mailly^; ce qui m'oblige, monsieur, à vous demander que ce jeune homme sente et sache que je vous l'ai recommandé.

Rien n'approche de la droiture des maximes que le roi a prêchées en toute occasion à son petit-fils, comme d'être bon Espagnol, de les aimer, de renvoyer les François à la première faute qu'ils feroient, de ne les jamais soutenir contre ses sujets , de s'appliquer aux affaires, de ne faire qu'écouter dès les premières années, d'aimer les gens de mérite, de distinguer les gens de qualité, etc^. Votre vertu romaine goûtera de telles leçons.

1 . C'était la fille de Minette^ nièce, comme madame de Caylitt, de madame de MainlMion.

2. Voir ces instructions dans les Mémoires de Noailles^ par rabbé MUlot, t. II, p. 4 et suiv.

Madame la duchesse d'Harcourt n'est pas plus empressée assise qu'elle Tétoit debout ' ; elle ne s'empressa pas même pour s'aller asseoir, ne voulant rien faire que de concert avec moi ; je sais à qui je dois celte conGance, et je vous assure, monsieur le duc, que vous avez raison , car je défie tout ce qui vous aime et vous estime d'aller plus loin que moi. Vous aurez élé bien aise de voir M. Ghamillart dans le conseil^. Vous aurez été fâché de ce que M. de Barbezieux n*y est pas encore ; je pense sur tout cela comme vous, mais il ne faut qu'un peu de patience. Obligez le roi d'Espagne à écrire assez souvent au roi ; ce soin lui fera plaisir, et leur union est désirable. Adieu. Ma lettre n'est-elle pas trop longue pour un homme qui n'a pas de temps de reste ?

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