‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 357 sur 418 · La reine douairière, qui était très-opposée à Philippe V · texte numérisé non relu

La reine douairière, qui était très-opposée à Philippe V

Z. C'était le nonvean roi qui avait exilé l'un et Tautre par le

Le 12, le roi se leva à sept heures, entendit la messe à hait heures , monta en carrosse pour aller dînera Osma, chez l'évêque qui est un cordeJier; la maison est très-belle ; il est fort vieux et homme àe bien. Il lui fit des présents que Sa Majesté envoya à l'hôpital, qui est fort beau et bien bâti. Osma est une petite ville très-jolie, bien bâtie; les rues y sont assez larges, bien claires, bien pavées et ornées de quantité de jolies maisons. L'église épiscopale s'appelle Saint-Jean ; elle est fort belle et fort spacieuse ; le chef de saint Pierre confesseur y est tout entier, c'est une relique fort considérable dans le pays. Le roi arriva à Berlanga à cinq heures ; il logea dans le château du connétable de Castille, qui est fort grand et fort spacieux ; il alla se promener dans le jardin où il tira ; après qu'il fut retiré, il joua avec quelques François et Espagnols, il soupa et se coucha vers les dix heures.

Le 13, le roi se leva à huit heures, alla à la messe à neuf heures, à Sainte-Marie ; elle fut célébrée par l'évoque de Séquenza; quatre prêtres portoient le poêle, qui le conduisirent jusqu'à son carrosse, où il monta, pour s'en retourner ; on le salua de quelques pièces de canon qui étoient au château, entre lesquelles pièces il y en a voit deux qui avoient

conseil du cardinal Portocarrero. Louis XI V blâma ces rigueurs. u J'aurois souhaité, éerivit-il au duc d*Harcourt, qu'il eut différé davantage à reléguer inquisiteur général, quand ce n'auroit été qne pour éviter d'écrire au pape sur ce sqjet. Cette résoluUoB étant exécutée, il faut la soutenir: mais il est très-nécessaire, dans les commencements de son règne et jusqu'à ce qu'il ait pris une connaissance exacte des affaires, qu'il soit lent à punir. »

élé à François I*'. La salamandre y étoît gravée. Le roi dina à onze heares, et, après avoir diné, il monta en carrosse pour aller à la chasse, d'où il ne revint que le soir. II tua quelques lapins ; après son retour, il se renferma avec M. le duc d*Harcourt, pour lire quelques lettres qu'il avoit reçues de Madrid. Il joua, il soupa, et se coucha à son ordinaire. Berlanga est une petite ville qui est de la Yieille-Castille ; elle est au connétable, et relève de Tévêché de Séquenza. L'église collégiale s'appelle Sainte-Marie ; il y a des chanoines dont les bénéfices sont fort bons; le connétable les donne et dispose du temporel et de toute la justice haute et basse. Il y a un château fort beau où le roi a logé, au delà duquel il y a une vieille espèce de forteresse au haut d'une petite montagne assez élevée : il passe deux petites rivières. Tune audessous du château, qu'on appelle le Alaty, qui va se jeter dans le Duero, et au-dessous de la ville, le Talagone qui va aussi s'y jeter; la ville est très- mal située.

Le H, le roi se leva à sept heures, il alla dans son carrosse à la messe à Sainte-Marie, qui est l'église paroissiale de Berlanga; l'évêque de Séquenza y célébra encore la messe; après quoi il partit et alla diner à Romanillos, qui est un petit village dans la Nouvelle-Castille. Il vint coucher à Tiensa, où il arriva à quatre heures, et logea dans la maison d'un higodealgo, c'est-à-dire d'un gentilhomme. Dès qu'il fut arrivé, il travailla, joua, et soupa à huit heures ; après qu'il et^t soupe on tira un feu d'artifice devant le palais, après quoi il se coucha. DeBer-

A MADAICE DE HAINTENON (1701]. 405

langa à Tiensa, il y a cinq grandes lieues; Tiensaest dans la Nouvelle-Gastille, et dans Tévéché de Sé« quenza ; de Berlanga à Tiensa, ce n*est qae montagnes et vallées, c'est le plus mauvais et le plus misérable pays que nous ayons encore trouvé sur toute la route d'Espagne ; les chemins n'en sont pas mauvais. Tiensa est une petite ville au pied d'une montagne au haut de laquelle il y a un ancien château où les peuples se retiroient du temps des Maures; la ville et le château sont au roi. L'église principale est Saint-Jean; elle est assez jolie, surtout la menuiserie du maître-autel. Il y a une petite chapelle où l'on fait voir un morceau de bois delà vraie croix, et deux épines de la couronne de Notre-Seigneur. La ville est fort mal bâtie et fort pauvre, les rues mal pavées et presque toujours hautes et basses.

Le 15, le roi se leva à sept heures, alla à la messe dans une église près de son palais, et partit à huit heures. Il dîna à Rebolossa et arriva à trois heures à Guadraqué, où il tira après son arrivée , ensuite joua, soupa et se coucha à son ordinaire. On a appris ce jour-là que les commerçants de Sévilie lui avoient fait présent de quatre à cinq cent mille livres. Guadraqué ' est une petite ville où il y a une église très-jolie, bâtie à la moderne, dédiée à la Vierge. Il y a hors de la ville un fort joli couvent de Capucins. La place est assez jolie. La ville est au duc de Pastrano. 11 y a un fort vieux château au haut

Page 1