‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 48 sur 418 · Autographe da cabinet de H. le duc de Cambacérès · texte numérisé non relu

Autographe da cabinet de H. le duc de Cambacérès

2. La Beaumelle ajoute et invente : o La maxime du bon père est générale, tombe sur tous les dévots et semble dire que la pratique de rÉvangile rend imbécile et sot. »

A M. L'ARCHEVÉQIjE DE PARIS (4695]. 53

devroit être le protecteur de la piélé, au lieu de faire dire que nous sommes mal ensemble, parce que j*aime les gens de bien et qu'il ne les peut souffrir? Il n'y a rien là, ce me semble, qu'il osât redire au roi et qui ne fût contre lui. C'est à vous, monseigneur, à rectifier ce que je vous propose.

C'est mal nommer ce qui s'est passé entre le roi et moi, la veille qu'il fit ses dévotions, que de l'appeler conversation, car je ne pus jamais le faire parler. Je lui contai quelque chose de saint Augustin qu'il écouta avec plaisir; sur cela je pris occasion de lui dire que je ne comprenois pas pourquoi il ne vouloit jamais que nous fissions quelque lecture qui Tinstruiroit et même le divertirolt, et que je croyois que le père de La Chaise s'y opposoit. Il me dit qu'il ne lui en parloit point et qu'au contraire il le lui avoit proposé. Je répliquai que j'avois peine à le croire quand je pensois que je Tavois vu me presser de lui lire des écrits de M. de Fénelon, en lire de saint François de Sales, prier avec moi et être si touché qu'il vouloit faire et fit en effet une confession générale; que tout cela étoit tombé en vingtquatre heures et que depuis il ne me disoit pas un mot sur la dévotion. Il me répondit pour toute chose qu'il n'étoit pas un homme de suite, voulant dire qu'il ne suivoit rien. Je ne le crois pas menteur, ce n'est donc pas le père de La Chaise qui l'éloigné de moi par rapport à la piété \

1. La Beaumelle ajoute et invente : « U ne ment jamais et vous savez que cela n'est guère possible à un roi : ce n'est donc pas le père de La Cliaisc qui l'éloigné du commerce de piété et de

Mais, monseigneur, si le père de La Chaise est justifié, quelle conséquence en devons-nous tirer ? et quel malheur si c'est le roi qui craint que je lui parle ! Il se fait un scrupule d'aimer à vous faire plaisir en donnant un saint évéque à Ghâlons et, en même temps, il en donne un à Langres^ qui est sans piété, au moins si j'en crois M. le curé qui vient de m'en parler^.

Je suis bien aise que vous trouviez la lettre que je vous ai confiée trop dure; elle m'a toujours paru ainsi : ne connoissez-vous point le style'? Mais, monseigneur, souffrez que je revienne à Tévôque de Langrès. N'en direz-vous rien au père de La Chaise ? Au reste, je crois voir par une lettre que j'ai reçue de M. l'évoque de Chartres, que, pourvu que je contribue à faire de bons évoques, il me passera tout le reste *.

A Veriailte», ce S7.

Le roi est bien content, monseigneur, de tout ce qui s*est passé entre vous, et bien aise que cette an^

prières que je voudrois avoir pour lui et pour lequel j'ai consenti à me donner à lui. » — Madame de Maintenon n'a jamaift pu écrire cela!

1. L'abbé de Tonnerre, aumônier du roi, frère de l'évêqoe de Laon et neveu de Tévêque de Noyon. Aussi Dangeau dit : « Il y a présentement, dans la maison de Tonnerre, trois des six anciennes pairies ecclésiastiques : Koyon, Lanfrres et Laon. »

2. La Beaumelle ajoute : • Quel mélange de délicatesse et d'endurcissement ! et que cette conscience-là me coûte de pleurs 1 »

Page 1