‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 110 sur 359 · LETTRE CXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE CXXIII

Celle lettre ne se trouve que dans la collection de La Beaumelle {6<i\l. de Nancy, t. I, p. S46; édit. d'Amaterdara, t, n, p. 130]. Louis Racine l'apostille ainsi : Je suis bien terlain que celle lelire est composée por réditeiir, à qui j'ai oppKs la fait et qui Fa tourné en lettre. Les preuves abondât : ainsi l'anecdote du cruciSx n'est pas racontée de ménw dans rëdition d'AmsIfirdain et dans l'ëdition de Nancy; la dal« de Fontainebleau est fausse, car le 13 mars la cour était à Versailles ; enfin tout c« que madame de Uaintenon dit do Louvois est emprunté aus contes que l'on faisait sur ce ministre.

GOBBSSNKDÂMCG SÉHÉHALE.

Tous Tos nouvellistes grossissent h, plaisir les objets; ce n'est que par occasion et en attendant, que j'occupe l'appartement de la reine*; aussi n'y ai-je mis que des menbles trè^modestes. Le roi y entra hier, et y ayant vu mon grand crucifis d'Italie, me dit : Voilà un ornement Lien sérieuK; je vous conseille de lu faire ûter". Je lui demandai s'il craigncdt de voir celui qui est toute son espérance ; le roi me dit en souriant, que je prËcliois à merveille, et le crucifix est resté. L'inQesiLilité du pape me jette dans de terribles appréhensions; M. de Louvois paroit désolé de ce que son crédit commence -à tomber; il m'envie ma faveur; il m'attribue les dégoûts du roi, enfin il veut se rendre nécessaire par quelque guerre nouvelle'; le ciel m'a fait bien des grâces; il ne manque à mon bonheur temporel que la cerlitude de la paix.

1. A Fontainebleau, madame de Haintenon occupait l'appartementde la reine depule 1683.

2. Dan» l'édltloD de Nancj, 11 ; a, après<eea mott : » Je r4pandii : Eh qoot donc, cralgneB-roua de *tir echU «pd «et tonte Tolre eapéraiMe, ealui qui Hra TOtre refuge ï l'heure de la mort,

■ celui qu'on voua loeUra.alon aaise Isa nutinal 11 faut bian toiu aocoutuner à U voir.. ■

3. Ced rappelle l'aiiBcdote des crolaées de Trluum, ti sérieuiemeul ranuiée par SolDl-Simon.

A M. l'abbé aoBBLiN (1668), m

LETTRE eXXiV

A M. L'ABBÉ GOBBLIN'.

4Trill«aS.

Écrivez à madame de Brinon : remoDtrez-Iui combien elle est i51oignéci des voies où elle doit conduire les autres; elle a tous les jours de nouveaux caprices; et si M. Mauccau ne s'opposoit pas adroitement à ses innovations, elle auroil déjà changé toute la maison. Que veut-elle? que liemande-t-elle? Elle est aussi libre que si elle n'tHoil pas religieuse ; toute la communauté prévient ses désirs, ses fantaisies môme; elle est estimée à la cour, considérée à la ville, consullée par d'habiles ^ens; elle règne sur I» partie la plus malheureuse, et la mieux élevée de la noblesse du royaume, que lui mauque-t-il? Je crains que le malin esprit ne veuille jetiir des semences da division (biis cette maison qui ne fait que de n^tre pour l'empêcher de produire les fruits que nous en attendons. Je vondrois que madame de Brinon fût moins éloquente et plus régulière, qu'elle connût moins le monde et mieux les devoirs de son état, qu'elle fût moins visitée au dehors et plus accessible au dedans, qu'elle nsSt de plus de sévérité à l'égard d'elle-même et de plus d'indulgence à l'égard des autres. Les choses sont au point que personne n'ose l'aborder. Tout tremble devant elle; et tout devroit l'aimer, et l'aimoit autrefois. Écrivez-lui donc for- ,

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