‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 111 sur 359 · LETTRE CXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CXXV

MOTE PRJLUIIINAIRE

Cette lettre ne se trouve que dans la collDCtion de La Beaumellp (édit. de Nancy, t. I, p. 248; i*dit. d'Amsterdam, t. II, p. 132). Looia Racine l'annote : m'est inconnue. Elle repose sur des faits qui sont géndralement vrais, sauf les détails, et qui ont été arrangés en fonne de lettre, mais en s'appuyant seulement sur les historiens protestants : ainsi on y répète, là et ailleurs, quota guerre de 1688 n'eut pour cause que ['ambition de Louvois qui voulait se rendre nécessaire; que B toutes ces conieslations pouvaient se termmer «ans répandre tant de sang; » que les jésuites ont amené la révolution d'Angleterre, etc. Il faudrait une longue disserlaiion historique pour esposer les causes de la guerre de 1688, et cela n'est point de notre sujet. On les trouvera dans le tome IV de VBisloire de madamE de Maintenon, par M. le duc de Noailles, oii il est démontré que cette guerre toute politique, et qu'on ne pouvait éviter, fut entièrement défensiie. Je renvoie aussi à mon ouvrage : les FTontiéres lie la France : a Le but des confédérés d'Augsbourg était de faire rentrer la Franco dans les limites qu'elle avait avBU les traités de Westphalie, le but de touis XIV était uniquement de garder ce qu'il avait acquis « (p. 7S).

Voici maintenant la lettre que La Beaimielle fait écrire à madame de Uaintenon, à la veille de cette grande guerre :

A MADÀBIE DE SAINT-GËRAN.

A Verullles, ce S Kplemtare ISBI.

J'avois fait des Tœux pour la paix ; et Dieu nous donne la guerre. Humilions-nous sous sa puissante

A HAOAHE DE SAINT-GËRAN [4688]. 113

main et adorons sa proTidence. Le roi n'est pas content de madame la Dauphine ; il trou?e mauvais qu'elle s'intéresse si ouvertement pour le prince Clémeût'. Monseigneur partira de Versailles vers la fin de ce mois avec M. de Beauvilliers, qui ne lui sera pas inutile*. Son armée investira Philipsbourg ; Louvois n'oubliera rien pour engager par les premiers succès à continuer cette guerre. Je n'ose le dire au roi, qui a une entière confiance en M. do Duras*. Il me semble que toutes ces contestations ponrroicat se terminer sans répandre tant de sang. Le roi vouloit faire la campagne; il m'a promis d'attendre au printemps prochaine Dieu veuille qu'alors la paix soit faite! Les nouvelles d'Angleterre sont très-mauvaises'; les jésuites y ont trop précipita fes choses; le père do LaChaise loue leur zèle,et ne loue pas leur prudence.

I . L'une lies causes ilo la guerre avait été l'électEon au aiége de Cologne du prince Clfaii'ul do Bavière, frère de l'éleeWur et de la DïupLioe. Louis \IV, par des raisons politiques, avait soutena la candidature du coucurreut, le cardinal de Furslember^, dévoua £i la France. La Dauphine s'InléresBa à l'élection de son [rère, mais sans chaleur, et le roi no lui en marqua aucun mécontentement.

3. Le roi déclara SEUlement la S2 seplerobre que le Dauphin irait prendre le cumoi a» dément de l'armée du Bhin (Voir le Journal rfs Dangiùii, t. il, p. ITl), Madame de Mainlenon le savait peut-être noparavant, maia anrait-elle révélé ce secret d'Étatî

3. Cela n'a pas de sens : ■ Jo n'ose dire au roi que Louvois l'engagera il eoullnuer la guerre, parce que... ie roi a une entière conOance en M. de Duras, b Le maréchal de Duras détail commander l'armée sous le Dauphin.

4. Il n'en eut Jamais l'intention, et c'est pour cela qu'il en- TOjall à Bs place le Danptiiu.

5. Le S septembre, madame de Haintenon ne pouvait écrire qne les nouvelles d'Angleterre étaient très-mauvaises, car c'est lenlement le S octobre suivant qu'on apprit it la cour que le prince d'Orange s'était déclaré protecteur de la religion ■ngUeiue et qu'il allait «'embarquer pour l'Angleterre.

111 CORHESFOHDARCB GÉItË»ALI.

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