LETTRE CXCII
LE DUC DU MAINE A MADAME DE MAINTENON »
A BUlcp, ce îa oclobre.
Je ne vous écris, madame, que pour vous dire
I, Aulagraiihe dee arcliives du olu'ik'.iu de Muudi).
3, Auiogrnphe def, art^liivpi àe Moucliy. — On Ut àaa^ le Jo«maI ileBaniirau. 1 mars lOSQ : « H. Ii; duc du Haine, h qui le roi a r£glé ea maison, gouverne ces affaires préEentement; madame de Monletpun n'en a paa voulu avoir la direulion : il jouil emiroQ da 350,000 livres do renie, MTOir : 100,000 Uvres du gouyernemnilde Languedoc; 35,000 écundelapensfon du rnii 4 8,000 livres de la charge do général dea galères ; el 100,000 fraiics de la churgo dci Suitsec, oulre une pension i)i]i y est atlaviiéo. On De ronip rend pain I dons WQ revenu le duuhâ d'Aumale, cic. » [T. 11,
iOi CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.
qu'ayanl élé informé que les gens de mon équipage, qui sont venus au voyage et que je paye sur mes menus-plaisirs, nclaissoientpas que d'être payés sur la dépense de ma maison, j'ai résolu de ne plus enlrelenir pour la chasse que ceux qui ne servent qu'à cela, n'ayant, pendant la guerre, que quain:; mois à chasser, et pouvant faire un meilleur usa{,'e do moii argent. L'homme que je retranche n'a fait qii'enlrclenir le désordre lant qu'il y a été. Je vous envoie la copie d'un mémoire que j'ai donné à d'Aulnay, et j'espère que vous le trouverez bien raisonné.
Suit UD factum au dos duquel est écrit ; Mémoire donné au chevalier d'Aulnay.
Ne considérant la chasse, pendant la guerre, que pour un amusement, comme, en efTet, c'en est un, et étant d'ailleurs bien aise que le roi et le public me croient ces sentiments, étant bien aise de jouir de l'argent destiné pour mes menus-plaisirs, et considérant que pendant la guerre je n'aurois guère que trois ou quatre mois à goûter ce léger plaisir, j'ai résolu, par les raisons susdites, et pour ma grandeur, de régler mon équipage de chasse de manière que, présent ou absent, il ne change point. Il y aura le commandant de l'équipage payé, deux: piqueurs, trois valets de limiers, cinq palefreniers, en comptant Alexandre, sept valets de chiens. Il ne convient pointa un homme comme moi, qui a an nombre infini de gens, de se servir, dans les voyages, de
ns que tout le monde connolt sur le pied de pi-
A MADAME DE MAlNTENON (4689). 203
queurs et de valets de limiers. Mon équipage de chasse n'ayaut aucun besoin de payeur, c'est lui que je retranche, c'est-à-dire Laroche, d'autant plus qu'il est admirablement propre pour l'entretien et subsistance d'un équipage en campagne , qui est la principale chose à laquelle nous nous devons tous attacher à présent. J'ai résolu de faire cette réforme de mon équipage de chasse, n'ayant, comme j'ai déjà dit , que trois ou quatre mois à en jouir, et n'augmentant point le nombre des chevaux de Versailles, n'y mettant autre différence, que nous tiendrons les chevaux de Versailles plus en haleine. Je joins à toutes ces raisons, que comme vous connoissez parfaitement bien Laroche, et que vous avez bien eu de la peine à lui faire accepter l'emploi qu'il avoit à mon équipage de chasse, quand je l'ai bien connu à mon tour, j'ai eu bien de la peine à l'y souffrir, sans parler des raisons dont je me réserve la connoissance , ne mettant dans ce papier que quelques-uns des motifs qui me font agir, Qt ma volonté.