‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 192 sur 359 · L'ABBÉ DES MARAIS A MADAME DE MAINTJSNON · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DES MARAIS A MADAME DE MAINTJSNON

2 novembre 1689.

Je viens, madame, de recevoir votre lettre ; servezvous pour toujours, je vous supplie, de la règle dont nous sommes convenus, de ne rien faire qui puisse paroitre singulieraulieuoù vous êtes, à moins que la chose ne soit des commandements de Dieu ou de rÉglise; je ne vous dirai jamais rien qu'en la supposant. Il est bon, non-seulement pour vous, mais pour les autres, qu'on ne sache pas tout ce que vous faites. Que Ton ne voie rien, s'il vt)us plaît, en vous que de bon et ordinaire, et que le roi vous trouve aisée et réjouissante; quoiqu'il n'y ait rien d'extraordinaire dans vos dévotions, le monde trouveroit encore qu'il y en a trop, s'il savoit tout : « Toute la beauté de la fille du roi est au-dedans, » et si j'ai de grandes espérances sur vous, c'est parce que vous accompagnez les petites choses que vous faites d'une grande volonté, et d'un grand cœur pour les choses de Dieu. Si je vous crois en assurance, c'est parce que vous

Page 1