LETT[RE CCCXXXV
Au camp de Saint- Tron, ce 8 juillet 1694.
Joyeux me rendit hier, en arrivant ici, votre lettre par laquelle vous me faites un portrait des princesses
1. Bossuet, Bourdaloae et les autres personnages consultés par madame de Maintenon furent du même avis que Tévèque de Chftlons. Alors elle engagea madame Guyon à se retirer dans quelque couvent et lui interdit tout commerce avec Saint-Cyr ; mais elle conserva de l'afifection pour cette femme singulière et qui était protégée par ses plus intimes amis.
2. Autographe de la bibliothèque du Louvre. -~ Publié par la Société des bibliophUes, en 1822.
que je trouve le plus beau du monde. Ce qui m'a plu davantage, c'est le compte que vous me rendez de la santé du roi, car assurément rien ne me peut faire plus de plaisir que de le savoir toujours ainsi. Je vous prie de me mander sincèrement s'il vous parolt que l'on est content de moi, car je ne songe au monde qu^à me bien acquitter de mon devoir.
Les ennemis sont toujours fort serrés dans leur camp ; on n'en trouve jamais et ils n'ont pas seulement la curiosité, quand nous allons fourrager deleur côté, de venir voir ce que nous faisons. J'espère pourtant qu'ils ne seront pas si tranquilles pendant toute la campagne et que je trouverai quelque occasion de mériter Testime du roi et de faire quelque chose qui puisse être utile au bien de TÉtat. Je ne vous mande point de nouvelles, car apparemment le roi vous fait part de celles que je lui mande. Je ne vous écris seulement que pour vous assurer que personne n'est plus visiblement à vous que moi .