Le roi était à Marly
quand je ne vous écris pas. Je suis assurée que di vous voyiez de près la vie que je fais, vous aimeriez mieux que je respirasse que de vous écrire. J'ai reçu les jolis carrés que vous m'avez envoyés ; rien n'est si propre et si bien fait ; c'est bien dommage de les donner à une personne aussi peu curieuse que moi. Je ne crois rien de plus beau que le portrait que vous aurez fait à madame Tirconel, je sais comme quoi vous savez montrer vos amis; mais, madame, que je suis loin de ce que vous en dites, et de ce que vous en pensez. J'avoue toutes ces grâces, j'en suis comblée, et cependant je demeure telle que j'étois à peu près. Priez et faites prier pour moi, je vous en conjure. Je ne doute pas qu'on n'ait prié à Saint-Cyr pour M. de Montbas : on y conserve pour vous un souvenir bien tendre; rien n'est égal, madame, aux honnêtetés de M. de Blaire, et pour moi et pour tout ce qui me touche. Je ne puis vous dire à quel point j'en suis contente. La pauvre madame de Gantiers * est à Paris pour une affaire que M. de Pontchartrain me refuse. On veut que je parle aux grands personnages, et nous aurions mieux fait en parlant à ceux de dessous. J'attends ici incessamment M. et madame de Montchevreuil : il est mieux, et madame a pensé mourir à Bourbon. J'ai donné votre lettre à M. Fagon. Je vous embrasse, ma très-chère.