‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 70 sur 359 · II · texte numérisé non relu

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QSl GOERESPONDANGE GÉNÉRALE.

à Daqmn {00,000 francs et à Fagon 90,000. Quant à Félix,. qui eut tout Thonneur de Topëration, il eut i 50,000 francs et la terre des Moulineaux. (Voir Touvrage de M. Leroy : Curio^ sites historiqties sur Louis XIIJ, Louis XIV, etc., page 72.)^ Tout cela ne fut donné que six mois après : madame de Maintenon ne pouvait donc en parler le 3 janvier.

« Le malheur de ses peuples, s'ils venoient à le perdre, la crainte que Monseigneur ne fàt mal conseillé, la disgrâce^ qu'il prévoyoit de ses meilleurs amis, c'étoient ses SQules inquiétudes : il a tremblé pour la France et n'a pas craint un instant pour sa vie. » Il n'y a pas un mot de tout cela dans le Mercure, le Journal de Dangeau et les autres écrits du temps. (Voir l'ouvrage de M. Leroy déjà cité).

« Madame de Montespan reviendra; le roi a été tort touché de ses pleurs... » Le roi ne vit pas, pendant sa maladie, madame de Montespan, qui était à Fontainebleau. C'est ce que nous allons démontrer dans une lettre suivante.

« On rend suspects MM. de Vendôme... cette fête est bien déplacée... » C'est une invention de La Beaumelle dont il n'y a trace nulle part.

Quant aux reproches faits à madame de Maintenon à causedu secret gardé sur la maladie du roi, et qui lui faisaient dire : « Je suis dans un état à faire pitié... » tout cela sort de l'imagination de La Beaumelle, et l'on peut voir tout le^ contraire dans les lettres à madame de Brinon.

3 janyier 1687.

J'ai enfin un moment pour vous écrire. Le roi se porte aussi bien que son état puisse le permettre. La joie augmente avec Tespérance. Les médecins assurent que le danger est passé. Le roi a donné à M. Fagon cent mille francs et autant à Félix. On n^a jamais vu plus de courage. Le malheur de ses peuples, s'ils venoient à le perdre, la crainte que Monseigneur ne fût mal cou-

A MADAICE DE BaiNON (4687). 63

seillé, la disgrâce qu'il prévoyoit de ses meilleurs amis, c'étoient ses seules inquiétudes; il a tremblé pour la France, et n'a pas craint un instant pour sa vie. Madame de Montespan reviendra; le roi a été fort touché de ses pleurs. On rend suspects MM. de Vendôme ; Dieu sait ce qui en est ! cette fête peut n'être pas criminelle; mais elle est bien imprudente et déplacée. Je ne suis pas encore au bout de mes ctiagrins ; et je vois qu'on m'impute ce profond secret, et qu'on raisonne là-dessus. Vous savez combien j'ai à cœur de mettre bien toute la famille royale dans l'esprit du roi ; et l'on m'accuse d'entretenir la désunion; Monseigneur m^a assuré qu'il ne croyoit, qu'il n'écoutoit pas même ces bruits; mais il peut les croire un jour. Je suis dans un état à f^re pitié; je n'ose en parler au roi, de peur de l'aigrir; il ne souffriroit pas ces étranges soupçons; il me vengeroit peut-être , et j'aime mieux leur pardonner. Mon •cher petit prince^ se porte bien.

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