A MADAME LA MARQUISE DE CAYLUS
A Versailles, ce 30 août 1687.
Ea6n, madame, j'ai vu M. l'abbé de Laurière pour faire plaisir à M. voire iîls et pour tâcher, par des voies douces, à le conduire à ce que nous voulons de lui, qui est qu'il vive en honnête homme.
M. l'abbé me iihiioigna an grand respect pour vous et beaucoup de cliagrin des mauvais offices que l'on lui a rendus aupros de vous ; je vous rendrai compte de la conversation quand j'aurai l'honneur de vous voir. Cependanf, madame, je veux vous dire que jusqu'ici je suis fort contente de la comtesse de Cajlus et qu'elle passe ses journées fort gaiement et fort innocemmeni; elle ne songe qu'à travailler, et elle va entreprendre un lit qui, je crois, ne sera pas git<Mfait ; mais il n'importe, pourvu qu'elle s'occupe. Je compte de b mener à Fontainebleau, si vous le trouvez bon, et qu'elle ira passer quelques jours auparavant auprès de vous; je lui trouve là-dessus tous les senlimenls qu'elle doit, qui sont pleins de respect, de reconnoissance et d'amitié pour vous.
Je vous supplie, madame, d'ordonner à M. Mestre
1, Aalographe de la Bibliothèque impériale.
90 CaRBESPONDANCB OÉHÉHALE.
de m'envoyer le mémoire dea dettes de la comtesse de Cajius, car il faut savoir â quoi s'en tenir et ié< gler l'avenir : elle est sans an sou et sans une robe. J'ai prié M, son mari de me faire loucher son argent, afin de le ménager moi-même, ayant de la peine k la voir dans l'Élat où el'e est. Vous voyez, madame, par le compte que je vous en rends, IVnvi'' que j'y! que vous y preniez toujours intérêt et qne vous ne changiez jamais les bontés que je vous ai vues pour elle. J'espère que par ma conduite je vous ohligcrai à en avoir toujours pour moi.
LETTRE ex
NOTE PBBLIMIKAIRB
Cette lettre est importante en ce qu'elle répond atnc accusations portées conlr(^ maïkmo do Maintctioti, relativement à la conduite à (.cuir envers les {irotestaiits. Elle ne voulait pas faire des cunvereions hypocrites et à tout pris, mais des conversions réelles et sincères. Nous avons vu que La BoLiumelle lui fait dire (t. n, p. 42ii) : « Leurs enrants seront du moins catholiques ; si Ips fifrres sont hvporrifes, leur ré«oion extérieure les approche de la vérité, etc. • Nous allons voir, dans la lettre authealique qui va suivre, qu'elle disait tout le contraire.
M. de Villetle à qui coite lettre est adressée, depuis qu'il s'était converti, montrait le plus grand zèle et faisait à son tour dea conversions, mais à la hâte. On va voir ce que maësme de Maintenon lui en dit.
A M. DE VILLETTE , A PARIS '
Ce t Mpismbre I6S7.
Prenez garde ù toutes les affaires dont vous vous