‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 27 sur 149 · Herriot Récamier, II · texte numérisé non relu

Herriot Récamier, II

ne puis voir en lui tout ce que vous y voyez. Souvenez-vous de toutes ses sottises, de tout ce qu'il disoit de moi et de mes romans, de la fameuse ordonnance qu'il trouva noble de contresigner contre moi etc., etc. Cet homme nous a fait un mal affreux. J'aime mieux cette phrase d'une lettre de M*^*^ de Chateaubriand que toutes vos lamentations : u Ce ne sera pas de la faute des journaux, si on ne fait pas de ce mort un immortel. Cette mauvaise foi dans la louante et le blâme chez les Français me met toujours en fureur. » Qu'en dites vous? Ma femme a raison. J'écris par ce courier à M*^*^ de Montcalm.

J'ai dîné hier chez le Roi. Il m'a parlé si long-temps après dîner, que les minisires impatientés sont venus lui parler à l'oreille et l'arracher au tête à tête. Il m'a dit des choses singulières de de Cazes. J'écris au Roi (de France) pour lui dire ce que le Roi (d'Angleterre) m'a dit. C'est le commencement de la correspondance que je dois avoir avec le Roi. Gardez sur tout ceci le plus profond secret. Je dîne ce soir chez la M*^^ de Conyngham et il est possible que le Roi vienne dîner chez moi dans une quinzaine de jours. Le duc d'York y dîne dimanche.

Je ne sais si les papiers français répéteront ce que M. Canning a dit de moi dans une assemblée où il a fait un discours et où le duc d'York présidoit. Vous avez été contente.

Je garderai vos paquets pour Léontine. Vos commissions sont faites. J'ai reçu, et je vous l'ai déjà mandé, la brochure de Montbrun et Benvenuto. Je les lis un peu pendant les 4 ou 5 heures que je passe au lit.

Les élections vont à merveille : puissent nos amis en profiter ainsi que de la mort de ce pauvre homme qui leur fait beau jeu I Tallfeyrand] n'arrivera pas. Il voit tout de travers depuis un an. Oui, la paix serait bien désirable ; mais tout s'arrangera même en supposant la guerre.

Il faut que je termine ici ma lettre. Je n'ai plus qu'une heure pour expédier le courrier. ^

1. D'après l'original autographe. — Archives du château de Maucreux.

71i 27 [mai 1822]

A la comtesse de Pisieux.

Londres ce 27.

^ Vous devez être prévenue pour le portrait ; [M*'^J d'Or^^landes m*a écrit de la part de M^*' de Montcalm pour en avoir une copie ; et j'ai répondu que j'allais m'en occuper. Au reste, il n'est pas vrai que le portrait existe ici pour le Roi d'Angleterre ; il n'y a qu'un croquis assez ressemblant, qui appartient à Lord [Londonderry!. M. de Richelieu est bien [flatté] dans les journaux anglais de tous les [partis 1 de grands et pompeux éloges

de lui [ jourjnaux royalistes la générosité [de njotre

caractère, à nous autres Français. [Je suis tjoujours admirablement traité ici et je m'y plais beaucoup. Je vous y attends, ou bien j'irai vous voir cet automne.

Soignez-vous et guérissez-vous. Hyacinthe est bien honteux de n'avoir pas fait encore toutes vos commissions, mais ce n'est pas tout à fait sa faute. Personne ne veut se charger de paquets pour Paris, à cause des tracasseries des douanes, et nous n'avons à l'ambassade aucun moyen à notre dispositi[on ]. Vous

aurez ce que vous demandez. Je verrai ce que je pourrai faire

7/^ 28 mai 1822.

Au vicomte de Montihorency.

Londres, le 28 mai 1822.

Monsieur le Vicomte, J'ai reçu les diverses lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, en date des 20, 21 et 22 de ce mois, sans N°^

1. Cette lettre a deux angles déchirés, de là les nombreux mots qui manquent.

2. Archives de Montgraham. — Communication de M. le comte dWlsace.

Je m'occupe des réclamations de M. Lafond de Ladébat et je ne manquerai pas de faire valoir auprès du marquis de Londonderry les nouvelles considérations qui les fortifient.

Je vais demander l'expédition de Y Exequatur pour le consul qu'il a plu à Sa Majesté de nommer à Gibraltar.

Je ferai usage des nouveaux renseignements que vous voulez bien me transmettre relativement à nos bancs d'huîtres de Granville. J'ai eu l'honneur de vous mander que je dois avoir à ce sujet une conversation avec le Ministre de l'Intérieur, M. Peel.

J'adresserai également à lord Londonderry des réclamations contre la saisie par les douanes anglaises du bateau de pêche le Saint-Jacques^ et contre la détention des quatorze marins français.

Je dois ajouter, Monsieur le Vicomte, que ces diverses affaires seront un peu retardées : les ministres sont maintenant à la campagne pour passer les petites vacances de la Pentecôte, et rien ne peut être fait avant leur retour.

J'ai l'honneur d'être avec une haute considération. Monsieur le Vicomte,

Votre très humble et très obéissant serviteur, Chateaubriand. ^

P. S. Monsieur le comte de Marcellus, député de la Gironde, qui retourne à Paris après avoir passé quelques semaines avec moi, veut bien se charger de vous porter cette lettre.

Son Excellence Monsieur le Vicomte de Montmorency . -

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